Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 L'étrange étranger [PV Harmantaro]

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Lizabelle De Shram
Spectre Vampirique - Nouvelle Née
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MessageSujet: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Ven 21 Aoû - 19:05

[HRP : Éventuellement, peut-être pourrions-nous permettre à une ou deux personnes de s'ajouter. Mais j'apprécierais que le début soit en privé.]

Lizabelle hantait à nouveau le manoir. Son pas léger ne répercutait aucun bruit dans la sombre demeure des aristocrates. Seul le froissement délicat de sa robe d'un bleu ciel qui détonnait avec le décor obscur prévenait de son arrivé, de son passage et de son départ. Fine fleur, toute en douceur, rien en elle n'inspirait une créature nocturne assoiffée de sang. Elle ne semblait pas même contenir une seule once de méchanceté. Ses boucles brunes soyeuses, toujours immobiles dans leur parfaites formes, cascadaient autour de son visage pâle. Ses yeux bleu-gris aux reflets turquoises ne reflétait qu'un immense vide. Toute absorbée à ses réflexions, elle se laissait porter par ses jambes qui semblaient savoir où se diriger.

Le bref retour de Mathusalem l'avait grandement troublé. Il s'était révélé, à nouveau, protecteur et possessif à son endroit. Il refusait que quiconque lui fasse du mal. Il était prêt à mettre le monde à feu et à sang si c'était ce qui la protègerait. Il avait une tendresse et une douceur à son égard qu'il n'avait avec nul autre. Il supportait mal le lourd chagrin qui pesait dans le corps de son infante depuis le soir où elle avait failli être emportée vers la mort, dans la lumière.

Machinalement, Lizabelle effleura l'endroit entre ses seins où la lame avait plongé sans pitié avant d'être retirée. Elle conservait un souvenir très lucide de ce moment où s'était mêlé chagrin, peur, douleur et regret. Le goût du fer dans sa bouche. Les ombres avaient exécuté un ballet sanglant. Kalianoth était là. Mathusalem aussi. Ils avaient mis en pièce le meurtrier de sa famille. Celui qui avait tenté de la tuer, elle aussi après avoir froidement exécuter son frère. Tout cela semblait si loin... si irréel. Lizabelle ferma les paupières un bref moment avant de les rouvrir.

Mathusalem l'avait déposé au pied du Seigneur Corran et l'avait supplié de lui permettre de transformer son arrière-arrière-arrière-petite-fille. Il l'avait arraché aux bras de la lumière alors qu'elle succombait et lui avait fait vivre quelques secondes un véritable enfer qui avait semblé durer des vies durant. Lizabelle n'avait qu'un bref souvenir de cet instant où elle avait oscillé entre la mort et la vie. La torture de son âme avait été inhumaine et elle s'était sentie disloquée avant de reprendre corps sans vraiment être là. La jouvencelle s'était débattue, avait refusé sa nouvelle nature. Elle avait failli mourir en refusant de se nourrir, mais Mathusalem avait usé de tous ses talents pour l'y contraindre tout en lui laissant croire qu'elle avait fait son propre choix.

Tous, à la Crypte apocalyptique, savait que Lizabelle n'avait rien à voir avec eux. Elle devait se nourrir de sang, devait vivre la nuit. Elle avait les mêmes habitudes et faiblesses que ses comparses, or elle n'avait pas cette noirceur. Elle était nimbée de lumière, comme si une partie d'elle avait accédé à un état céleste. La douceur de ses traits, la tranquillité de sa beauté, tout cela n'avait rien à voir avec le charme et le charisme plantureux des vampiresses. Elle était étrangère à tous les mondes. Trop assoiffée pour être une ange, trop douce pour être vampire.

La nouvelle-née se retrouva rapidement dans les jardins attenants à la salle de bal. Cet endroit, morne et sombre comme tous les autres, était l'un de seul où elle se sentait en sécurité. Elle avait toujours aimé les fleurs et les jardins qui avaient décorés les cours intérieurs des demeures de sa famille. C'était le seul lieu où il subsistait un semblant de vie. Lizabelle s'approcha d'une fleur sombre et caressa doucement ses pétales avant de poursuivre son périple. Lizabelle se mit à chanter dans une ancienne langue presque oubliée. Les mots étaient doux et coulaient comme une eau limpide. Les paroles étaient heureuses, mais le ton sur lequel elle les chantait leur donnait un aspect de mélancolie et de regret. Elle s'arrêta au bout d'une minute. Son pas stoppa net. Elle se retourna lentement, relâchant le devant de sa robe qu'elle retenait pour ne pas trébucher.

Son regard croisa le sien.


"Peut-être vaudrait-il mieux me demander ce que vous désirez..." dit-elle d'une voix douce.

Lizabelle sourit paisiblement. Elle n'était nullement effrayée, même si un frisson froid venait de courir le long de son échine. Son regard fit rapidement le tour du jardin. Il était vide.
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Sam 22 Aoû - 2:18

Être solitaire...
J’erre depuis peu dans les ruelles pavées d’obscurité de la cité vampirique.
Je suis sur le départ, venant de laisser à ses interrogations nimbées de peur la Comtesse Noire, Kareena Von Carstein. Elle qui pensait avoir trouvé un marché tout à son avantage doit maintenant éprouver un douloureux malaise dans sa chambre d’aristocrate…
Les quelques esclaves humains et gardes vampires que je croise ne m’adressent ni regard ni parole, s'imaginant dépasser un simple porteur de fagots enveloppé dans de crasseux haillons. La figure maussade et le regard vide que j’affiche y seraient certainement pour quelque chose. En effet, j’ai bien vite abandonné le masque de ma nouvelle collaboratrice, trop peu discret pour une sortie. J’erre donc, apparemment sans but mais me rapprochant peu à peu de la massive porte principale, où j’ai dans l’idée de prendre l’apparence d’une sentinelle, puis d’un quelconque porteur de missive pour…

Parfum inconnu, furtivement porté par les vents gelés…

Oh oh… Que voilà donc. Je respire cette fragrance inconnue, cette odeur singulière qui ne semble nullement être à sa place en ce lieu, bien trop dissemblable des coutumières vapeurs sépulcrales. Je fais mine de m’aventurer dans une allée enténébrée, m’arrête un instant et reprends mon apparence humaine favorite. L’odeur me parvient toujours, bien qu’à peine discernable parmi toutes les autres, et je suis envahis de la certitude intrigante qu’elle provient de la silhouette malveillante du Manoir. Une lumière, une pureté souillée, voilà ce qu’elle m’évoque sans que j’en comprenne encore la raison. Intéressant… Les seigneurs de la nuit garderaient-ils quelque créature étrangère dans leurs cachots pourrissants ? Plus exactement quelque créature à l’âme torturée ? Car cette odeur me rappelle fermement celle des damnés anges déchus, bien que je sache toutefois pertinemment qu’il ne s’agit pas de cela…
Je suis saisis d’une vive curiosité pour la chose qui peut dégager une telle odeur, qui plus est dans un endroit comme celui-ci. Il semblerait que mon départ soit reporté de quelques fragments de temps, jusqu’à ce que je découvre la source de mon intérêt…
Je reprends l’apparence du jeune homme, celui la même qui m’a permis de m’introduire dans le Manoir fortifié quelque temps auparavant, et je m’élance dans les rues. Nul ne s’interroge de mon allure précipitée ; de manière plus générale, nul ne se préoccupe d’un humain ici.





Je laisse mon instinct et mon odorat me guider dans les corridors de pierres et les vastes salles de l’édifice, sous couverture d'un serviteur convenablement vêtu dès la porte franchie, tentant de suivre malgré son manque de persistance ce parfum qui m’intrigue tant. Je rattrape soudainement la source au détour d’un couloir, voyant une forme menue se glisser sous les arcades d’une potentielle salle de bal, en direction de l’extérieur. C’est bien cela… Une femme, indubitablement, bien que je n’ai eu le temps de noter que des bribes d’informations sur sa physionomie. Cependant, je me retrouve face à une fâcheuse incertitude quant à sa nature… Une vampire, peut-être… Sûrement même, mais j’hésite de façon totalement incompréhensible. Une ange. Non, bien entendu. Je l’aurais remarqué bien plus tôt, sans parler du fait qu’un ange ne se déplacerait pas librement. S’il se déplaçait seulement…
Je suis absorbé dans mes réflexions, mais je pourchasse toujours cette mystérieuse jeune femme. Je dis « jeune » car son physique m’a paru l’être, mais je ne peux que difficilement déterminer précisément l’âge des immortels. Surtout ceux qui ne dégagent aucune « aura » définie entre celles que j’ai appris à reconnaître.
Ce qui est très exactement le cas avec cette créature
Un chant… Une voix douce véhiculant clairement une foule de sentiments-émotions, la plupart teinté de ce que les hommes appellent « mélancolie », des mots issus d’une ancienne langue –étonnant, aurais-je affaire à un être des temps oubliés..- … Je me glisse à sa suite, la contemplant d’assez loin pour qu’elle-même ne se rende compte de ma présence, et J’abandonne peu à peu le visage du jeune humain pour retrouver celui d’Harmantaro Silok, plongé dans les ténèbres de son capuchon.
Je n’arrive toujours pas à déterminer ce qu’est cette femme, et cette tache m’accapare tant et si bien que je ne prête pas l’ombre d’une attention au décor des jardins…
Lorsque je réalise que je me suis laissé aller, que je suis trop près d’elle, le choix est déjà évident. Elle s’arrête net et commence à se retourner. En cette seconde précise, je peux être à des distances de cette endroit, de cette scène.
Mais je reste…
Nos regards semblent se croiser, puis je suis derrière elle, à quelques centimètres seulement de son dos. Le prédateur considère le fait que la vie est entre ses mains, s'en délecte, choisit de ne pas trancher le fil. Le métamorphe, lui, observe, intrigué. Quant à elle, sa voix s'élève, dépourvue de tout soupçon d'angoisse.

"Peut-être vaudrait-il mieux me demander ce que vous désirez..."

Amusant…
Sais-je moi-même ce que je désir, étrange petite chose…
Je désir savoir ce que tu es, et comment tu l'es devenue… Je désir connaître le secret de ton existence pour élargir l’horizon de mon savoir…
Ainsi, mon voyage en ces terres n’en aura été que plus satisfaisant.
Je délivre une réponse.

«La Connaissance, singulière créature… » murmure le serpent de brume, intangible et inquiétant, à la porte de son esprit .



[HRP : Je suis d'accord, nous verrons bien comment le Rp avance ^^]
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Lizabelle De Shram
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Sam 22 Aoû - 4:52

Lizabelle n'était pas la créature la plus angoissée qui soit. Même qu'elle était très détendue. La réponse de son interlocuteur fusa, la happa en silence. Elle ferma les paupières deux secondes à peine puis prit un air pensif. Il laissait place à beaucoup de possibilités. Néanmoins, Lizabelle avait la certitude la plus sûre qu'il n'était pas humain, pas même vampire. Quelque chose dans l'inflexion de sa voix lui évoquait quelque chose. Il fallait qu'elle se rappelle. Ses sourcils se froncèrent légèrement. Mmm... c'était si loin dans sa mémoire. Tant pis! Elle finirait bien par l'apprendre.

La nouvelle-née s'approcha d'une fleur d'un mauve profond et caressa ses pétales. Il y avait de la tristesse dans son geste, mais pas dans ses traits. Ses traits étaient restés songeurs, presque rêveurs.


"La connaissance est une chose bien vaste et je crains bien ne rien posséder que vous ne sachiez déjà si tant est que vous ayez vécu un tant soit peu sans étouffer sous les contraintes nobiliaires. La vie aime parfois nous donner du fil à retordre. Elle pratique ses expériences sur nous. La mort aussi par ailleurs. Le destin à ses caprices. Je suis la preuve de tout cela."

Elle sourit mystérieusement en se remettant à marcher lentement, ses doigts passant doucement sur les plantes. Elle fit volte-face à nouveau et l'observa avec un sourire amical. Lizabelle prit place sur un petit blanc de marbre sombre au milieu du jardin. Elle fit signe du bout des doigts au métamorphe de venir s'asseoir avec elle.

"Il y a bien longtemps que je n'ai pas eu une conversation comme celle-ci. Vous êtes, ma foi, fort intriguant et cela me plaît bien. Votre façon de le faire n'est pas hypocrite comme celle des vampires. Vous semblez réellement..."

Elle fronça les sourcils, baissa le regard sur le sol, inclina légèrement la tête. Lizabelle réfléchit quelques secondes aux bons mots dont elle devrait user. Elle ne voulait surtout pas vexer son interlocuteur.

"Vos manières sont remplis de mystères, comme si vous en étiez une partie intégrante. Vous ne semblez pas l'avoir appris à des fins d'hypocrisie ou de mensonges. C'est simplement pour..."


Lizabelle leva les mains en haussant les épaules, comme en signe d'évidence. Puis elle tourna la tête vers lui avec un petit sourire avant de poursuivre sa phrase :


"... cultivez le secret. C'est une façon très poétique de vivre, je trouve. Du moins, je crois. C'est maintenant à moi de vouloir la connaissance. Vous excuserez mes paroles et ma curiosité, mais bien peu de chose vienne égayer mon existence ici, au coeur même des ténèbres auxquelles... Je ne me sens pas mêlée."


La nouvelle-née retourna son corps vers Harmantaro, l'air sérieuse et avide de savoir. Elle semblait attendre la révélation de tout sa vie. Même son souffle avait été altéré par sa fascination. Aucune présentation, aucun ambages, juste une discussion enveloppée dans les voiles du mystère avec un étranger drapé d'intrigues. La magie de ce moment était palpable pour Lizabelle. Elle se sentait comme dans un autre monde, comme si le temps avait soudainement stoppé sa course.
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Dim 30 Aoû - 17:53

"La connaissance est une chose bien vaste et je crains bien ne rien posséder que vous ne sachiez déjà si tant est que vous ayez vécu un tant soit peu sans étouffer sous les contraintes nobiliaires.
La vie aime parfois nous donner du fil à retordre. Elle pratique ses expériences sur nous. La mort aussi par ailleurs. Le destin à ses caprices. Je suis la preuve de tout cela. Il y a bien longtemps que je n'ai pas eu une conversation comme celle-ci.
Vous êtes, ma foi, fort intriguant et cela me plaît bien. Votre façon de le faire n'est pas hypocrite comme celle des vampires. Vous semblez réellement... Vos manières sont remplis de mystères, comme si vous en étiez une partie intégrante. Vous ne semblez pas l'avoir appris à des fins d'hypocrisie ou de mensonges. C'est simplement pour...
Cultivez le secret.
C'est une façon très poétique de vivre, je trouve. Du moins, je crois.
C'est maintenant à moi de vouloir la connaissance. Vous excuserez mes paroles et ma curiosité, mais bien peu de chose vienne égayer mon existence ici, au cœur même des ténèbres auxquelles... Je ne me sens pas mêlée."



Cette curieuse créature...
Cette silhouette impalpable...
Elle s'exprime d'une voix douce, bien trop douce et sereine, délicate et rêveuse, bien trop associable à des qualificatifs "positifs" pour une cainïte, même aussi jeune que celle-ci semble l'être. Elle marche encore de quelques pas tout en parlant, puis s'assoit sur un banc de pierre. Elle m'invite à la rejoindre tout m'adressant de temps à autre des sourires que j'aurais volontiers attribué à un ange. Je n'en suis que plus intrigué, songeant tout bas au sens de ses énigmatiques paroles.
Car d'une simple phrase de ma part, l'étrange petite vampire réussit à m'énoncer un poétique portrait de ma véritable nature... et ceci avec un naturel désarmant. Serait-ce une expression naïve des inspirations que lui souffle son instinct, son esprit fantasque ? Ou peut-être tout simplement la plus évidente preuve d'un immense savoir et d'un sens de l'observation redoutable... ?
Je ne retient que très brièvement cette dernière supposition ; mon interlocutrice est jeune, beaucoup trop pour avoir accumuler une fraction des connaissances relatives à ma race.
Et, quand bien même serait-elle dépositaire de tel secrets, jamais cette femelle n'aurait pu se résoudre à les divulguer à un parfait inconnu, et moins encore à Ce qu'elle saurait pertinemment être envoyé pour les arracher à son cadavre...
Je jubile quasiment, émerveillé qu'un individu tellement insignifiant ai pu toucher du bout des lèvres une telle vérité, par un hasard tellement parfait que s'en presque risible.
Ceux qui recherchent le pouvoir des fils du mystère ne réussiront probablement jamais... même en passant des éons d'existence à retourner ciel et terre, à vainement s'ensevelir sous les cendres et la poussière, jamais ils ne connaîtrons ce que la fragile douceur qui me fait face vient de découvrir sans en avoir conscience...
Les méandres de l'inconscient sont infranchissables par ceux qui ne distinguent pas la limite entre la chair et l'esprit...
Et la connaissance infinie se situe au delà de la Porte, au plus profond des labyrinthiques couloirs emplis de ténèbres de l'ignorance...
Je finit cette tirade intérieur à voix haute, aillant soudainement l'idée que, quelques soient les mots qui franchiraient mes lèvres, ils satisferaient le délicat paradoxe à côté de qui je m'assois lentement. C'est étrange et inconnu... Cet élan qui me pousse à partager mes pensées avec ce que je sais considérer comme une curiosité passagère, une distraction et un outil de découverte. Et pourtant, je parle.

"L'inconscient, cette période du sommeil où le rêve se fait réalité sans que pour autant nous puissions dire avec certitude que tout n'est qu'affabulation, désirs et délires en égales quantité, ne peut être nommé "inconscient" que si notre esprit est incapable d'en comprendre la réelle nature ; tant qu'il croit en une « limite ».
Une fois « conscient » que « l'inconscient » n'est pas, que tout se divise en strates psychiques distinctes sous l'égide d'une seule, omnisciente...
Une fois cette certitude atteinte, une fois l'impossibilité de se déplacer librement sur les sentiers de l'esprit définitivement transformée en possibilité, une fois que l'on peu rester « éveillé tout en ne l'étant pas », que l'on arrive à séparer nos composantes et à les explorer simultanément tout en restant capable d'agir à l'extérieur...
Et bien l'harmonie est atteinte, les frontières de nos possibilités s'estompent jusqu'à disparaître...
Et c'est là seulement que la quête de la Connaissance peut enfin débuter... »


Je marque une brève pose. J'ai parlé sans m'arrêter, peut-être même sans respirer, qui sait...
Je la fixe par delà l'obscurité de mon capuchon, observant ses propres yeux pour en déchiffrer tous les mystères.
Je me rapproche sensiblement...

« Vous seriez donc une expérience de la mort sur la vie, ou bien le contraire.. ?
-Je change de sujet avec désinvolture, faisant abstraction de ma tirade précédente. Ce n'était à près tout rien de plus qu'une extension de ma pensée, une « récompense » amusante pour m'avoir fait partager les siennes...-
Les « caprices » du Destin...
Connaissez-vous votre Destin, curieuse créature ?
Vous m'apparaissez ainsi qu'une contradiction vivante, une chose lumineuse empoisonnée par les ténèbres qui s'en va progressivement se donner à eux...
Vous êtes esclave de votre nature... Esclave de votre destin tronqué, incapable de ne faire qu'un -corps et esprit-.
C'est ce que votre odeur, votre voix et vos yeux semblent crier derrière votre calme apparent.
Fais-je erreur, si vous même avez l'intuition de la réponse ? »
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Lizabelle De Shram
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Lun 31 Aoû - 1:32

[HRP : Pour une raison inconnue, ton perso m'inspire cette chanson. Peut-être parce que je suis sortie en boîte y'a pas longtemps XD]

Lizabelle avait suivi sa tirade, son regard absorbé et profond immobile dans sa contemplation silencieuse de sa logique. La vampiresse réfléchit à la vitesse de la lumière. Les paroles de cet inconnu était remplies de bon sens. Elle avait l'impression qu'il énonçait nonchalamment des vérités auxquelles elle s'exposait sans crainte. Pourtant, il manquait quelque chose il lui semblait. Ses explications l'avaient laissé sur sa faim. Comme y arriver? Comment effacer les frontières entre les états physiques, physiologiques, psychologiques, spirituels? Elle savait comment passer du tangible à l'intangible, mais pas du conscient à l'inconscient tout en ayant conscience qu'elle le faisait. Elle sombrait simplement, s'abandonnant aux bras des brumes de l'inconnu. Lizabelle fronça les sourcils, démontrant avec évidence qu'il l'avait fait réfléchir.

La nouvelle-née se redressa lorsqu'il la bombarda de questions. Quelque chose dans sa personne devint soudainement hostile, mais s'apaisa aussi vite qu'il était venu. Elle ferma les yeux, comme si elle tentait de se rappeler. Elle eût un bref sourire avant de rouvrir les paupières. Elle se mordit la lèvre inférieure.


"Si je savais ce que je suis, je serais déjà à tenter de résoudre ce problème."

Lizabelle haussa les épaules avec désinvolture.


"Vos paroles sont aussi incisives que cette lame qui autrefois..."

Son regard s'abîma dans la contemplation d'une scène qu'elle seule voyait. Elle posa instinctivement le bout de doigt au niveau de la plaie qu'elle cachait sous son corsage, entre ses seins un peu décalé sur la gauche. Presque sur le coeur. Presque. Elle reprit contact avec la réalité.

"Peu importe. Peut-être suis-je une expérience de la mort sur elle-même dans son désir de pousser toujours plus loin la parodie de vie qu'elle mime avec les pauvres pantins que sont les vampires. Pas vraiment mort, pas vraiment vivant. Marionnette animée par la force du sang. Et moi... Je traverse les frontières sans y penser. Mon coeur a cessé de battre, je me suis vidée de mon sang et pourtant je marche et mon corps est encore tiède. Ma naissance n'a rien de conventionnelle, et l'être que je suis devenue non plus. Sans doute suis-je une exception quelconque, que pour confirmer une règle que je ne connais pas. J'ai l'impression d'être à la limite, à la frontière. Je suis..."

Elle cueillit une rose à porter de main. Elle la fit tournoyer entre ses doigts, observant son triste aspect.

"Je me sens ici et ailleurs."


Lizabelle longea une épine de son index, sa peau s'ouvrant en une fine ligne d'où s'écoula une goutte de sang. Elle émit un léger gémissement de douleur.

"Je suis tangible... et intangible à la fois."

La jeune femme ferma les yeux. Sa main traversa la fleur tandis qu'elle ouvrait les paupières. Elle lança la rose avec dédain, comme si elle haïssait ce qu'elle venait de faire. Elle ferma les poings, inspirant sèchement avec dégoût. Puis elle rouvrit l'une de ses mains. La coupure sur son doigt avait disparu.


"Je suis maudite dans la vie comme dans la mort. Il n'y a jamais eu de destin pour moi. D'un côté comme de l'autre, je suis étrangère. Je ne suis née ni à la bonne époque, ni au bon endroit, ni pour les bonnes raisons. Je déjoue toutes les lois qui sont sensées veiller à l'équilibre de ce monde."
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Mar 8 Sep - 22:47

« Peut-être suis-je une expérience de la mort sur elle-même dans son désir de pousser toujours plus loin la parodie de vie qu'elle mime avec les pauvres pantins que sont les vampires. Pas vraiment mort, pas vraiment vivant. Marionnette animée par la force du sang. Et moi... Je traverse les frontières sans y penser. Mon cœur a cessé de battre, je me suis vidée de mon sang et pourtant je marche et mon corps est encore tiède. Ma naissance n'a rien de conventionnelle, et l'être que je suis devenue non plus. Sans doute suis-je une exception quelconque, que pour confirmer une règle que je ne connais pas. J'ai l'impression d'être à la limite, à la frontière.
Je suis... Je me sens ici et ailleurs.
Je suis tangible... et intangible à la fois.
Je suis maudite dans la vie comme dans la mort. Il n'y a jamais eu de destin pour moi. D'un côté comme de l'autre, je suis étrangère. Je ne suis née ni à la bonne époque, ni au bon endroit, ni pour les bonnes raisons.
Je déjoue toutes les lois qui sont sensées veiller à l'équilibre de ce monde. »


C'est relativement... curieux.
A vrai dire, je ne peux guère être plus enthousiaste en l'instant présent.
Je suis saisis d'une étrange lassitude, un engourdissement de l'esprit et du corps qu'il ne m'est pas familier. Je respire lentement l'air frais et pourtant impur qui nous entoure. La raison de ma soudaine incapacité vient certainement de là, de ces miasmes macabres qui se mêlent à l'oxygène ; l'essence des morts-vivants.
Ceci explique cela ; le teint maladif des serviteurs humains, aussi bien logés et nourris soient-ils, doit sans doute son origine à ces mêmes atomes vicieux. Aucune créature vivante ne saurait garder sa santé intacte sur les terres des vampires...
Cependant, ma propre résistance dépasse de loin celle d'un être normal et je sens ma concentration qui revient peu à peu...
Je dois être prudent, ma perte de contrôle de tout à l'heure, en présence de Kareena Von Carstein, a certainement affaiblit ma psyché -partiellement aura suffit à l'atmosphère du lieux pour s'introduire dans les brèches éventuelles...- et je gage que mes capacités de perceptions, ma réceptivité à toutes sortes d'informations, de sensations se retourne par conséquent contre moi...
Je dois être prudent...

Déjouer toutes les lois qui sont sensées veiller à l'équilibre du monde...
Voilà enfin quelque chose qui m'est familier...
Cependant, rien ni personne ne veille à ce soit-disant équilibre...
Que le Destin de chaque individu soit tracé à l'avance ou bien que l'on puisse influer sur lui et se forger un avenir, cette force universelle n'a que faire de l'équilibre. Seuls les humains peuvent croire que les actions des uns et des autres, ou celles d'une quelconque puissance supérieure sont capables de protéger le monde de sa propre folie destructrice.
Quand à nous autres, métamorphes... le futur ne nous concernent pas... et le passé n'est qu'un fragment révolu de notre existence.
Qui n'a de résonance que dans le Présent.


Il est curieux de voir que la familiarité ne compense pas l'étonnement.
Jamais je n'ai vu tel pouvoir. Je distingue le rouge sanglant des pétales de rose à travers la transparence de ses doigts fins...


« Jeune femelle intangible et tangible à la fois... Votre pouvoir est très particulier...
Me laisseriez-vous tentez une simple expérience ? Me laisseriez-vous traverser les frontières de votre si singulière enveloppe corporelle ... 
Par soif de Connaissance...»


Je n'attend pas la réponse, sans quoi mon action n'aurait ni sens si finalité intéressante. En un mot, ce ne serait pas une expérience...
Ma main fuse en direction de l'endroit qu'elle a brièvement effleuré tout à l'heure, quelques centimètres d'acier aiguisé dépassant de ma manche terne.
Je le sens qui déchire le corsage pour atteindre son but, puis...
Un instant d'immobilité dans la perfection absolue du silence...
Je regarde ma main, paume délicatement posée contre la peau dénudée de sa poitrine à l'irréelle blancheur. La lame n'est pas rétractée ; elle s'engage là où elle ne devrait le pouvoir sans y inviter la terrifiante et glaciale caresse de la Mort.
Mes yeux inhumains dérivent vers son visage. Émerveillés.


« C'est... fascinant... »
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Lizabelle De Shram
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Lun 14 Sep - 0:01

Lizabelle cilla un peu sous l'appellation "jeune femelle". C'était un pseudonyme que personne jamais ne se serait permis de lui donner dans le monde d'où elle venait. Cela ne la froissa que très peu à son grand étonnement. La nouvelle-née fronça doucement les sourcils lorsqu'il lui proposa un test. Elle était bien loin d'être encline aux essais sur sa nature. Elle hésita cependant, curieuse de voir ce qu'il voulait tenté. Il finissait à peine à sa phrase que sa main fusait vers son sein. Lizabelle n'eût pas même le temps d'ouvrir la bouche. Elle vit l'éclat brillant d'une lame à son poignet. L'arme tranchait ses vêtements, dévoilant cette blessure qui ne s'était jamais refermée. La scène s'immobilisa. La jeune femme baissa lentement les yeux sur sa plaie, honteuse de cette marque horrible qui marquait le blanc laiteux de sa peau. Lizabelle détourna son visage, regardant vers l'une des fenêtre avant de fermer ses paupières. Sa main saisit doucement le poignet d'Harmantaro et écarta lentement la lame de son corps.

"Fascinant? Peut-être. Cela me permet d'aller où nul autre ne peut s'introduire. Aucune prison ne parviendrait à me retenir."


La jeune femme tourna à nouveau ses yeux, qu'elle venait d'ouvrir, vers lui pour le fixer longuement. Elle eût un sourire désabusé.

"Si seulement ma cellule n'était pas aussi intangible que ma chair sans doute ne connaîtrais-je pas le poids du chagrin? Ou peut-être me déroberais-je à l'éternité. Après tout, à quoi bon vivre éternellement si ce n'est que pour se vautrer dans la déchéance pour mieux oublier le malheur qui nous habite. Aussi bien vivre moins longtemps et heureux. Si les vampires vivaient leur immortalité en faisant quelque chose de plus sain, de plus intellectuel que de passer des soirées à boire du sang dans des orgies... Oh comme ce monde serait différent!"


Lizabelle se leva brusquement, comme si on l'avait violemment piquée. Son regard rêveur se perdait par-delà le mur de pierre et les plantes mornes qui ornaient le triste décor devant elle. Elle fit lentement volte-face, se tortillant les doigts.

"Si leur petits plaisirs personnels n'étaient plus aussi important, peut-être s'appliqueraient-ils à découvrir les Vérités de ce monde. Peut-être cherchaient-ils le Savoir et la Connaissance, comme vous noble étranger."

La nouvelle-née saisit le morceau de vêtement qui pendait, dévoilant partiellement son sein gauche. Elle ramena lentement le tissus et s'appliqua à ce qu'il reste en place dans un geste rempli de douceur, mais surtout de pudeur au vue de la légère teinte rosée de ses joues blafardes.
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Mar 29 Sep - 22:53

"Fascinant ? Peut-être. Cela me permet d'aller où nul autre ne peut s'introduire.
Aucune prison ne parviendrait à me retenir.
Si seulement ma cellule n'était pas aussi intangible que ma chair sans doute ne connaîtrais-je pas le poids du chagrin? Ou peut-être me déroberais-je à l'éternité. Après tout, à quoi bon vivre éternellement si ce n'est que pour se vautrer dans la déchéance pour mieux oublier le malheur qui nous habite.
Aussi bien vivre moins longtemps et heureux.
Si les vampires vivaient leur immortalité en faisant quelque chose de plus sain, de plus intellectuel que de passer des soirées à boire du sang dans des orgies... Oh comme ce monde serait différent !
Si leur petits plaisirs personnels n'étaient plus aussi important, peut-être s'appliqueraient-ils à découvrir les Vérités de ce monde. Peut-être cherchaient-ils le Savoir et la Connaissance, comme vous noble étranger."


Noble étranger...
Si seulement. Si seulement vous saviez, étrange créature...
Rien ne saurait être qualifié de noble en moi. La noblesse est un illusion que se réserve les mortels et immortels lorsqu'ils sont persuadés d'agir selon une sorte de code, selon des règles futiles qui ne font que brider leurs possibilités et leur enlever une infinité de choix, de fantastiques possibilités semblables à celles qui dansent en cet instant à ma porté.
Par exemple, poignarder un nombre de fois incalculables mon interlocutrice jusqu'à ce que ma lame réussisse enfin à déchirer autre chose qu'un fragment d'étoffe et une volute de fumée.
Ou bien peut-être l'assommer d'un simple coup sur la tempe, l'enlever et l'étudier dans une quelconque grotte que je puis rencontrer sur ma route.
Ah vrai dire, j'ai une bien meilleure idée...
Pourquoi ne pas achever une petite expérience, semblable à celle débutée en présence de Kareena Von Carstein...
Je me lève donc et me place devant la jeune vampire spectrale, pose une main sur sa joue en une parodie de caresse sans émotion ni pensée ordinairement associable, et avance mon visage pour l'enfouir dans son cou.
Je respire son singulier parfum, m'en empreigne et m'en délecte sans mort dire, mon souffle aussi inexistant que le sien.
J'effleure sa peau de nacre de mes lèvres illusoires, émet un doux sifflement...
L'un de mes bras enlace la taille de ma frêle compagne tandis que l'autre remonte le long de sa colonne jusqu'à ce que ma main s'en vienne saisir sa nuque dont je sens avec ravissement l'incroyable fragilité. Une simple pression... et sa non-vie s'en irait, son corps tomberait en poussière à mes pieds avant que le vent n'en dissipe à jamais la moindre trace...


Morsure.


Mes crocs s'enfoncent dans sa chair -gout divin de son sang vermeille...-, et je la sert contre moi dans une macabre étreinte...
Je laisse le temps s'écouler sur cet instant cristallisé, sur cette douceur qui n'est que douleur...
Puis j'abandonne la chaleur de ce corps irréel...
Et plonge mes yeux d'or dans les siens.


"Quels arrogantes créatures que les vampires...
Nul ne devrait prétendre se réserver chose si plaisante que le baiser de sang..."
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Lizabelle De Shram
Spectre Vampirique - Nouvelle Née
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Ven 2 Oct - 2:44

Lizabelle n'avait aucune idée de ce qui pouvait se tramer dans l'esprit de l'homme qui se cachait les ténèbres du mystère. Légèrement inquiète de ne pouvoir anticiper quoique ce soit en sa présence, elle manifestait des gestes presque impatients. Son regard se portait vers les fenêtres puis revenait sur lui avant de repartir vers un coin désert du jardin. Elle frissonna, une étrange sensation qui ne l'avait prise avec une telle intensité depuis longtemps. La nouvelle-née sursauta légèrement lorsqu'elle vit son interlocuteur se lever. Il s'approcha d'elle et elle recula d'un pas craintif avant que sa main ne se pose sur sa joue. Lizabelle le fixait avec incompréhension, mais stupeur également. Que faisait-il là? Au nom de quoi agissait-il ainsi? Le contact de ses doigts sur sa joue lui évoquèrent cette tendre caresse du Duc sur la plage, quelques mois avant qu'elle ne décède ici, au manoir. Pourtant, il n'y avait aucune émotion dans ce geste ; c'était comme si un objet en touchait un autre. La nouvelle-née ne broncha pas une seconde lorsqu'il se pencha pour enfouir son visage au creux de son cou. Elle n'avait aucune réaction et même son regard se vida de toutes lueurs. Elle fixait le vide comme s'il s'était s'agit de la plus grande révélation de l'Histoire.

Lizabelle sentie le contact tiède, mais étrange de ses lèvres contre sa gorge et pourtant elle ne réagit pas d'un poil. Lorsqu'il passa un bras autour de sa taille, cependant, c'était comme si elle avait retrouvé le réflexe de respirer. Elle expira brutalement, tout bas, comme si elle avait été surprise. Sa poitrine se souleva en une inspiration puis s'abaissa lorsqu'elle expira. Une main se posa sur sa nuque. Elle la sentait forte et sa poigne légère ne lui enlevait en rien cette puissance sous-jacente qu'elle sentait. Puis une douleur fulgurante la fit gémir doucement. Ses bras blancs et délicats vinrent le serrer, comme pour mieux encaisser la douleur. Ses yeux se fermèrent sur une expression de douleur.

Lentement, la tension de la surprise retomba et elle relâcha son étreinte quelques temps avant qu'il ne fasse de même. Ses yeux dorés heurtèrent les siens, vides. Elle baissa le regard, l'air contrite. Puis elle le releva, une lueur résolue brûlant au fond de ses prunelles. Elle ouvrit légèrement la bouche, dévoilant ses canines acérées qui venaient de surgirent.


"J'ai soif..." soupira-t-elle d'une voix pantelante, mais où transperçait un écho de sensualité.

Lizabelle se retourna vers la porte du jardin. Elle n'attendit que peu de temps dans son immobilité inhumaine. Un serviteur passait avec un plateau. La jeune femme appela :


"Vous là-bas dans ce sinistre couloir. Venez ici..."

"Je... Je ne peux pas."
"Pouvoir et vouloir sont deux choses bien différentes."

Le serviteur hésita un long moment puis déposa son plateau. Il s'approcha d'un pas décidé. Lizabelle alla doucement à sa rencontre.

"Je n'ai que peu de temps. Dites-moi ce que vous voulez!"

La nouvelle-née lui prit le bras et le tordit si brusquement que l'homme n'eût pas le temps de se défendre. Il tomba à genoux, hurlant de douleur. Lizabelle le repoussa violemment au sol afin qu'il se taise.

"Garce!"
"Si tu tiens à la vie, tiens ta langue... Rien ne vaut le silence pour continuer de vivre ici."

Lizabelle s'agenouilla près de lui. Elle passa une main sur sa joue pour le rassurer. Il ne se détendit pas un seul instant. Son regard se promena sur la plastique délicate de la nouvelle-née avant de se diriger vers son comparse. La jeune femme prit sa main doucement, ce qui reporta l'attention du domestique sur elle.


"J'ai soif... Juste un peu. Tais-toi, laisse-moi boire et tu auras la vie sauve... sinon..."
"Vous... Vous êtes bien l'infante de Mathusalem, n'est-ce pas?"
"Oui, je le suis."

Elle planta doucement ses canines dans le poignet de son donneur et se mit à aspirer avec bonheur le liquide vermeille qui coulait dans sa gorge comme le meilleur alcool. Au fur et à mesure, la plaie sur son cou cicatrisait lentement.

"Lizabelle, c'est cela? On raconte que votre famille a été tuée en entier pour une histoire de jalousie. AAARG!"

Lizabelle venait de replanter sauvagement ses canines dans la chair de l'homme et le fixait désormais avec haine.

"Le silence est d'or" murmura-t-elle. "Je t'avais prévenu... Mais peut-être..."

La nouvelle-née se retourna lentement vers Harmantaro avec un sourire angélique, si ce n'est que du sang coulait doucement sur sa peau d'albâtre. Elle lui fit signe d'approcher de la main.

"Mon ami aime aussi le goût du sang, je crois. Peut-être aimerait-il goûter au tien?"
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: L'étrange étranger [PV Harmantaro]   Mar 6 Oct - 12:49

"Mon ami aime aussi le goût du sang, je crois. Peut-être aimerait-il goûter au tien?"


Supposition intéressante, mais erronée.
S'il m'est effectivement profitable de contempler un vampire en train de se nourrir -il est possible de remarquer des variation d'expression, de posture, de méthodes selon les individus qui ne peuvent qu'enrichir mon répertoire en tant qu'acteur...-, je n'éprouve pour le fluide sanguin qu'un intérêt purement scientifique. Le gout qu'il peut avoir n'est qu'une information parmi tant d'autres qui, si elle varie considérablement entre les espèces, ne change guère d'un individus à un autre. Aussi, là où la jeune caïnite spectrale est une agréable nouveauté pour moi, un simple hominidé ne l'est pas...
j'efface donc sa silhouette disgracieuse de mon champs de vision et fixe froidement -normalement devrais-je dire...- la femelle vampire.

"Le gout est bien moins séduisant que le geste en lui même...
Vous m'avez offert suffisamment... Ce que vous tenez dans vos mains de m'est d'aucune utilité.

Je n'attache d'ordinaire que peu d'importance au nom, mais vous demander le votre simplifierait grandement notre échange tout étant bien plus
"courtois"...

Je me nome quant-à moi..."


Hertïs.
Mercenaires... ; Artefact... ; Marchand... fourbe... ; Mort... ; Gobelin... lâche-retors-insignifiant... ; Créature... difforme.. ; Monstres ; Lycan ; Déchu ; Humains ; Sorcière... ;
Akara...



"Hertïs, pour vous servir."

La sorcière Akara... Un souvenir mis de côté qui surgit avec violence. Je suis tout d'un coup obnubilé par tout ce qui concerne cette femelle humaine, mes yeux se fixant sur d'autres songes sans pour autant me déconnecter du présent. Je m'avance vers mon interlocutrice actuelle tout en la regardant, mais ce sont les évènements d'une nuit sanglante en Imbolt que je vois en réalité défiler devant moi...
J'avais oublié à quel point celle que j'avais rencontré alors exerçait pareille fascination sur mon esprit, une soif de connaissance telle que les questions qui m'assaillent en cet instant sont aussi douloureuses qu'un millier de lames acérée me déchirant de toute part.
Il me faut traverser de nouveaux les landes grises... jusqu'à entrer au royaume des Hommes.
Fenrig...
Un endroit charmant qui n'a plus aucun secret pour moi...
L'inverse n'est pas valable...
J'attends le nom de la vampire. Cependant, je sais déjà que ce qu'il adviendra une seconde après qu'elle me l'ai donné... Mes yeux glissent un instant et embrasse entièrement le corps du serviteur prostré. Oui... je sais exactement ce qu'il adviendra...

"Je suis au regret de vous dire que notre entrevue touche à sa fin, ravissant mystère...
Non que je me lasse de votre compagnie ou de vos jeux, mais je viens de me rappeler d'une chose de la plus haute importance, pour moi...
Aussi, s'il vous reste quelques sombres vérités à m'énoncer, ou d'effrayantes questions à me poser, faites le ici et maintenant...
Vous n'en aurez sans doute plus l'occasion avant un temps qu'il ne nous est guère possible de mesurer ou d'appréhender.

Je vous demanderai quand à moi de bien vouloir vous éloigner de cette chose à vos pied.
Il serait fâcheux d'en être trop proche...
"



Lorsque...
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