Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]

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Vanig'Orok
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MessageSujet: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Jeu 24 Mar - 22:38

La scène se passe loin des tribulations que les terres d'Alésia ont récemment pu connaître.


De l'air. Vite de l'air.
Partir respirer.
Laisser la cohue, la fumée ...
S'en aller, s'envoler.
S'envoler...


Vanig'Orok se leva brusquement de sa chaise, manquant de la faire tomber. Elle fut saisie d'un léger vertige, ajoutant pendant quelques secondes un nouvel élément à sa confusion. Elle bafouilla quelques excuses et sortit du bar, abandonnant sa bande de boutes-en-train. Elle sillonna les sombres rues d'Ackbar à la recherche de paix, de sécurité... un endroit pour se mettre au calme avec ses pensées. Elle marcha d'un pas vif mais lourd, se traça un chemin furtif à travers la foule pendant que son esprit se perdait un peu plus.
Sans même en avoir pris conscience, elle s'était dirigée vers la sortie - ou l'entrée - de la cité franche. Acte manqué, peut-être. Mais nul doute qu'elle trouverait le calme en dehors de ses portes puisque son trouble avait démarré quand elle y était arrivée.
Le voyage avec Akara s'était déroulée dans la joie et la bonne humeur, comme on aurait pu l'imaginer, puis, on avait remercié la sorcière de ses conseils et de sa compagnie. Ce fut tout - à quelques petites choses près. La destination était parfaite, pullulant de monde, de personnes de toutes les races ayant à offrir d'incroyables récits et d'anecdotes. Ce fut un vrai parcours de curiosité, de camaraderie, de bousculades et de boissons. Le temps s'était comme figé et Vanig avait oublié le compte des jours. Ackbar qui ne devait être qu'une étape est devenue l'excuse d'un congé à durée indéterminée masquant une ignorance, une angoisse peut-être.
Les informations avaient été récoltées, les cartes complétées, les bourses à moitié vidées. Pourquoi rester ? Et pourquoi ne pas en profiter encore un peu, après toutes les démarches et les efforts éprouvés pour établir ce voyage ? Fallait-il rencontrer les dirigeants des humains ?
Il était difficile à l'orc noir de trouver une réponse, encore moins quand Nilrem roulait sous la table en chantant de drôles de chansons.

Du calme. Vite du calme.

" Attention, la nuit approche, Dame Orc. Il n'est pas bon de s'aventurer seul dans cette région, surtout quand le soleil se couche. Rentrez. "

Vanig tourna la tête pour voir le garde qui lui avait adressé ces recommandations. C'était un homme plutôt grand et robuste pour sa race. Son oeil était gris et froid. Une balafre recouvrait la partie gauche de son visage encore gonflé et violette.

" La nuit n'est pas encore là et quand bien même elle le serait, je suis apte à me défendre. Elle ajouta avec un sourire malicieux. Et puis ... s'il y a un problème, je vous appellerais. "

L'expression qu'affichait l'homme montrait que l'idée de se battre ne lui plaisait pas particulièrement. Il tenta de répondre au sourire de Vanig par une grimace gênée. Il abandonnait. L'horreur et l'angoisse qu'émanaient de son allure ne renfrognaient pas le moins du monde la guerrière : elle ne considérait que cette victoire et la solitude qui l'attendait.

Elle franchit la sortie, partit vers la droite et loin du regard des gardes. Au bout de cent pas, elle s'assit contre une bute qui lui coupait du froid et des regards. Personne n'irait la chercher ici. De plus, le paysage se sublimait alors que le soleil tombait lentement sur la Forêt d'Imbolt. Vanig s'abandonna à ce spectacle dans lequel les rayons d'or fondaient dans l'épais bouclier sylvestre. Est-ce que la lumière passait à travers les feuillages ? Est-ce que les créatures peuplant ces lieux connaissaient la douce caresse du soleil ?... On racontait d'étranges choses sur cette forêt. On disait que des êtres puissants et dangereux y résidaient, dans l'ombre doucereuse des elfes. Des gobelins, des ogres, des lycans ... N'ont -ils jamais été parcouru par le frisson de la lumière, la fureur de l'espoir ? Ou n'ont-ils connu que la rage, le cri déraisonnable de la bête ?

S'envoler...
Perdre l'attention de ses sens ...
Oublier ...

Puis atterri, et observer.

Observer quoi ? Vanig ne saurait le dire. Décidément, toutes les réponses lui échappaient. Mais, elle avait senti une présence, une âme qui se déplaçait, imperceptible. Elle se mit sur ses gardes et fit un rapide état des environs. C'était calme mais pesant. Ses tripes se tordaient. Son regard était fixé dans l'ombre de la forêt.

* Quelque chose arrive, ça sent mauvais ... vraiment mauvais. *
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Lyron Ullerdran
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MessageSujet: Re: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Sam 14 Mai - 20:03

Cette nuit-là, Lyron n'avait pas été accablé des habituels cauchemars dans lesquels ce Tanhor Ullerdran le hantait. Non... Cette fois la scène qui lui apparut en rêve était tout ce qu'il y avait de plus réel, de plus authentique. D'où lui venait cette certitude? Il l'ignorait et n'était qu'en capacité d'affirmer une chose : l'ordure qui l'avait ramené de force à l'humanité était bien en vie et avait triomphait de ses fantômes... Le descendant du Lycan était de retour.
Tout d'abord en marchant, puis en trottinant et enfin en s'élançant à une allure qu'aucun corps humain n'aurait pu supporter, il se dirigea vers le seul endroit où il était sûr de tomber sur ce dénommé Tanhor; la supposée tombe de la poupée de porcelaine. Le balafré allait enfin pouvoir se débarrasser de cette épine dans le pied et abandonner de nouveau cette humanité... Il sentait déjà la bête s'agiter en lui.
Sans un bruit, sa peau se déchira tandis que son coccyx s'allongeait. Rugissant de tout ses poumons, il accéléra encore le rythme...

~

T'es tu réellement imaginé que tu avais ne serait-ce qu'une infime chance de me défaire, l'ancêtre.. ? Sache que je ne suis pas un animal stupide comme vous autres, Lycans de bas étages. Je suis le meilleur de tous.

Une ombre massive se dirigeait tranquillement vers la bête qui tremblait sans savoir elle-même si la peur ou la colère le dominait... La peur... Depuis quand n'avait-il pas utilisé ce mot.. ? Depuis... Toujours. Dans ce cas, pourquoi l'utiliser maintenant ? Dans un rêve qui plus est...

Je briserai tes rotules pour te forcer à t'agenouiller devant moi puis je ferais de toi mon chien... Tu rêvais de redevenir un animal, voilà ta chance, cabot.
Sa fourrure se hérissant telle des milliers de lances destinées à embrocher l'intrus, Lyron Ullerdran chargea. À chaque nouvelle foulée, ses pattes s'écrasaient puis s'enfonçaient dans la terre avec une violence rare, même pour une bête de son envergure. Aucun corps, aucune muraille n'aurait sut stopper l'animal dans sa charge meurtrière et haineuse... Et en effet, rien ne le stoppa. Absolument rien. Il ne rencontra que le vide.

Pauvre animal égaré, loin de ses montagnes... Tu me fais presque pitié. Toute ta rage, si meurtrière soit-elle, est factice car dirigée contre la mauvaise personne... Regarde-moi. Allez, lève tes yeux. REGARDE-MOI, STUPIDE CHIEN GALEUX !

Levant les yeux vers le spectre immatériel, le Loup-Garou vit l'image du dénommé Tanhor se revêtir de ses traits.

S'il te faut un coupable à tout prix, vainc tes propres fantômes. Le petit loup viendra ensuite.

Le décor changea brusquement. Là ou un instant auparavant tout n'était qu'arbres s'étendant à l'infini, il n'y avait plus qu'une vaste plaine. Les gouttes de pluies venaient se mêler à la terre telles un millier de lances divines venue juger l'animal. Le fracas diluvien était ponctués de rugissements bestiaux et de fracas métalliques. Au loin, un Orc des plus massifs faisait adroitement valser cinq lames meurtrières, jouant avec son adversaire tel un prédateur avec sa proie.
Lyron Ullerdran reconnut immédiatement cette épisode de son passé... Passant ses doigts le long de sa balafre, il chargea en direction des deux opposants. Jamais tel hurlement n'avait été poussé par cet être. Toute sa rage, son désespoir et son orgueil blessé s'y étaient inscrits.


~

Les gouttes qui lui fouettaient violemment le visage se transformèrent progressivement en de longues branches, se brisant à son contact. Comme à la poursuite du rêve dont il venait d'émerger, le Lycan accéléra encore sa course. Soudainement, il sortit de la forêt, se retrouvant face à un Orc à la peau sombre, contrastant avec une chevelure rousse.
Le poil hérissé et les babines retroussées, le Lycan planta ses pattes avant dans le sol, poussa un ultime hurlement avant de fondre sur ce vestige du passé, sans réaliser que la créature qui lui faisait face ne maniait pas les cinq lames de ses souvenirs et qu'elle était plus... féminine. En cet instant il se revoyait face à ce monstre de puissance et n'avait qu'une idée en tête : tuer aussi vite et violemment que possible.


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Vanig'Orok
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MessageSujet: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Dim 22 Mai - 21:44


Rien de bon ne peut sortir des ténèbres.
Si tant est qu'il existe une véritable notion de bien et de mal.
Peut-être devrions-nous parler l'épanouissement …
Les ténèbres sont le refuge de ceux qui ne peuvent supporter les lumières de la vérité. Elles sont le jouet des rêveurs médiocres, l'outil des malfrats, la fausse quiétude du monde qui s'écroule et qui, pourtant, continue de s'étendre.
Rien de bon ne peut sortir des ténèbres, si ce n'est des désirs inavoués, des illusions macabres ou quelques vieux démons.

Mais n'est-ce pas Cerbère lui-même qui arrive ?



Des yeux ronds comme deux lunes perdues s'avançaient dans la nuit. Rapide. Vanig pouvait sentir ses pas frapper le sol. C'était un rythme de guerrier, de chasseur, un rythme grave et tendu. L'orc le reconnaissait. C'était le même, mais en moins distinct, que celui qui l'accompagnait dans ses marches au combat. Il résonnait vivement dans son coeur, comme à chaque appel à la prise d'armes. Elle était agitée, excitée, impatiente. Son corps brûlait à rester sur place. Elle voulait prendre son attaquant dans sa course, le faire voler en morceaux. Elle avait cette fureur au fond d'elle qui lui hurlait de se jeter sur lui mais elle la contenait. La guerrière savait très bien comment se terminer les confrontations que l'on dirigeait dans la hâte. Un bain de sang. Rien de plus. Aucune grâce dans la lutte, aucun honneur dans la mort. Du gâchis. Si elle gardait ses positions, il serait impossible … disons, très difficile … d'arrêter énergumène mais cela lui donnait une chance de percevoir nettement son assaillant et de le voir en terrain découvert, que ce soit pour se battre ou pour en découdre de façon plus calme.

Les pas se rapprochaient vite. Trop vite. Ils écrasaient les fougères sans prendre garde. Puissant. Vanig distinguait à peine la silhouette qui déboulait. Elle ne voyait qu'une bête enragée, une bête affamée. La force et la vitesse du sauvage maîtrisées, il serait facile à immobiliser. Un être uniquement guidé par ses instincts ne peut survivre longtemps.

Il sortirait bientôt des arbres. Il sortirait des ténèbres. Quelques foulées encore. Les doigts de Vanig semblaient s'engourdir. Il lui fallait sa claymore. Sans quitter les yeux de la bête, elle dirigea sa main droite vers elle, frôlant le pommeau.

* Ma vieille amie, on dirait que nous allons être une nouvelle fois de sortie. * Elle sourit légèrement à cette idée.

Pourquoi aimait-elle tellement risquer sa vie ? Toujours aller vers le danger ? Elle n'avait pas besoin de gloire, de massacre. Elle n'avait pas un goût particulier pour le sang, ni même pour la justice. Peut-être pour son peuple dont elle était si fière. Mais dans un champs de bataille, il n'y a plus de peuple ou de valeurs qui tiennent. Il n'y a que l'instinct de survie et plus encore le goût si intense de la vie. Pendant des années des êtres se sont battus soit disant pour des territoires, des religions, des femmes, des principes... Tout cela n'était que des fausses excuses. Les batailles n'existaient que pour aider les combattants à se rendre compte des limites de leurs corps et de leurs existences mêmes. La mort de l'ennemi – ou le visage de celui-ci – importait peu. Seuls comptaient le courage, la dextérité, la stratégie, le coeur d'un être. C'est en combattant que nous comprenons qui nous sommes et qui nous pouvons être, à quel point nous pouvons dépasser nos limites. Vanig se battait pour elle, pour sa vie. Pour la vie. Toujours et encore la vie. Elle ne sortirait jamais vainqueur de cet ultime combat mais elle en sortirait plus forte, la tête haute.

L'animal sortit. Son hurlement déchira l'air. Menaçant. Alors que ses traits devenaient plus nets, ils devenaient plus atroces. Ils fonçait vers l'orc, prêt à l'écraser. Cette immense masse noire ébène arrivait comme l'ombre de la mort. Orok avait reconnu un lycan. Elle en avait rencontré à Ackbar dans leurs formes humaines, aimables pour quelques uns, sanguins du genre très soupe-au-lait de manière générale. Ce qu'elle avait appris sur eux, en les ayant un peu côtoyé, était des histoires de comptoirs légèrement exagérées, des légendes plus ou moins inventées … Les lycans étaient des êtres à la fois terribles, fascinants et drôles. Celui-là était terrible – d'accord. Fascinant – dans le genre terrifiant. Comique – pas vraiment, à ses heures perdues peut-être …

Mais puisqu'il voulait se battre, ils allaient se battre. Vanig ne comptait pas fuir ou esquiver. Elle ne pourrait pas l'arrêter mais elle pourrait toujours se défendre. Et puisque le bougre paraissait si fort, elle utiliserait sa force. Le tout était d'éviter les crocs.

* Espérons que la chute ne soit pas trop rude … *

Pendant que le lycan bondissait, Orok saisit fermement sa claymore, la positionna de façon horizontale, la main gauche sur le plat de la lame. Elle la passa sous les aisselles des pattes antérieures du garou afin d'éloigner le plus possible les griffes et les crocs de son visage ou de sa gorge. Comme elle l'avait pensé, la puissance du loup l'obligeait à tomber. Elle replia ses genoux vers elle et ficha ses pieds au niveau du ventre de son assaillant. Elle se servit de son élan pour propulser violemment l'animal à l'avant. Elle acheva son acrobatie par une roulade arrière, se redressa en se retournant vers l'endroit où elle avait dû envoyer le loup.

«  Je ne sais pas si tu te rends compte de tes actes, si tu agis par pur plaisir ou par simple instinct meurtrier... Mais saches que si tu hurles à la mort, tu finiras par la trouver . »

Vanig détenait déjà une petite idée de la réaction du lycan. Nonobstant, elle savait que ces êtres pouvaient se révéler… lunatiques. Un infime espoir lui faisait croire qu'il changerait de comportement. Malgré cela,elle préférait rester sans illusion et se préparait au combat qui surviendrait surement. S'il fallait l'affronter, elle lui commencerait par limiter ses mouvements : lui couper ses appuis.

Une pensée sadique traversa alors son esprit et l'interrogea sur la résistance des ligaments chez les lycanthropes.
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Lyron Ullerdran
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MessageSujet: Re: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Dim 26 Juin - 2:02

Tuer, déchirer, annihiler, couper, occire, déchiqueter, abattre, dépecer, égorger, mutiler, lacérer, décapiter, exterminer...

La première lame. Parfait. L'animal balafré usa de tout son poids pour déséquilibrer son adversaire ; il fallait à tout prix en finir avant qu'il n'entame sa danse meurtrière. Une fois le monstre déséquilibré, Lyron n'aurait plus qu'à prendre appuie sur la claymore idéalement placée pour s'ôter à la furie macabre des autres lames puis charger de nouveau avant que son ennemi ne retrouve l'équilibre. Seulement, un facteur réduisit ce semblant de stratégie à néant : l'Orc chuta.
Quelques mèches rousses vinrent voler au visage du loup-garou tandis que ce dernier plongeait son regard haineux dans celui de la créature. Il n'y reconnu rien de la rage qu'il avait précédemment affronté. Le responsable de sa balafre avait-il donc changé à ce point ? Les années avaient-elles pu souiller sa toute-puissance là où la force de Lyron n'avait cessée de croître ?
Un puissant coup de pieds dans le ventre lui fit réaliser qu'il se trompait. Atterrissant lourdement quelques mètres plus loin, le Lycan se releva précipitamment, le souffle court et l'écume au coin des lèvres.

Haine, animosité, fureur, rage, ressentiment, colère...

La terre volait, le sol tremblait sous les coups puissant que la bête lui délivrait. Sa gueule, suffisamment entrouverte pour montrer deux rangées de crocs plus meurtriers les uns que les autres, laissait échapper un grondement qui ne cessait de croître, ressemblant parfois à un semblant de rugissement. Sa masse semblait légèrement croître, ses muscles gonflaient et diminuaient au rythme de sa respiration. Il semblait sur le point de se ruer à l'assaut de l'Orc à la chevelure de feu. Enfin, sa respiration reprit un rythme normal. Sa masse se stabilisa. Il se mit à marteler le sol avec moins de force jusqu'à ce que ses pattes monstrueuses se retrouvent tout simplement posées sur le sol. Seuls ses yeux, fixant la créature verdâtre sans ciller, semblaient encore brûler de la rage qui le consumait un instant auparavant.
La clairière était absolument silencieuse, même la vent semblait fuir l'affrontement qui était à venir. Nulle branche n'osait briser ce silence du moindre craquement, nulle feuille ne semblait avoir le courage de tomber de son arbre. Seules deux pattes animales se fichant brutalement vinrent briser la mort sonore dans laquelle était plongée la scène.
Le pelage hérissé, les muscles tendus, le Loup-garou fixait la guerrière, toujours aussi haineusement. Ouvrant la gueule vers le ciel, il rugit de tous ses poumons avant de s'élancer sur cette dernière. La terre se mit à voler sous l'impact de ses pattes, propulsant sa masse à une vitesse incroyable.
Cette charge aurait suffit à démembrer n'importe quelle créature ordinaire. Seulement, les deux seuls êtres présents n'avaient strictement rien d'ordinaire... C'est pourquoi, au dernier moment, Lyron reprit forme humaine. Se jetant sur le côté et contant sur l'effet de surprise créé par la reprise de sa forme humaine et sa charge abandonnée, il déclama sa malédiction...

« La crainte de la douleur est pire que la douleur elle-même. »

Sa voix se fit de plus en plus rauque au fur et à mesure que ses os s'étiraient et que sa peau se déchirait, laissant surgir une fourrure sombre comme la nuit...


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Vanig'Orok
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MessageSujet: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Mar 28 Juin - 16:49

Le lycan était agité de secousses effroyables mais il n'attaquait pas. Il grognait mais il ne mordait pas. Typique pour un canidé, pourrait-on dire.

Orok était sûre qu'il l'avait tuée au moins vingt fois mentalement. Elle le lisait dans son regard et dans la bave qui dégoulinait de sa gueule menaçante. Elle aurait aimé lui faire remarquer que ce n'était pas comme ça que l'on devait se tenir devant une dame mais elle ne risqua pas de le courroucer un peu plus. D'ailleurs, le moment ne se présentait pas pour quelques notes ironiques et mieux valait prendre cet assaillant au sérieux. Il paraissait trop instable pour prétendre à la décontraction. Le corps du lycan vibrait suivant la cadence de son souffle éreinté. Sa rage circulait dans son corps, ses poumons, ses muscles. Qu'importaient l'oxygène, le sang ... seule la rage le guidait, le maintenait en vie. Savait-il que c'était elle aussi qui le détruirait ?

Il semblait décider à combattre. Elle attendait son assaut. Il martelait le sol sans ménagement. Elle s'impatientait.
* Une sorte de prestation afin d'impressionner la personne en face de soi, pensa Vanig. Le chat de Nilrem fait à peu près la même chose quand il veut se coucher sur son maître. *

Étrangement, il se calma. Cela poussa l'orc à raffermir sa garde. Le calme pour ce genre de bête ne signale rien de bon. Il allait tenter quelque chose. Le silence devenait lourd, presque oppressant, l'attente insoutenable.
*Bientôt, se dit-elle en malaxant la poignée de sa claymore, bientôt ... *

Le lycan déchira le silence en un hurlement et fonça.
*Enfin ... Patte avant droite ou .. Que ? *

La bête devint homme. Il était trop grand, trop sombre, trop scarifié pour n'être simplement qu'un homme mais ses traits recelaient une part d'humanité indubitable. Il dévia de sa trajectoire. Vanig resta stupéfaite pendant qu'il lançait ces mots comme un soldat désespéré d'avoir perdu perdu la bataille mais devant continuer à se battre :
« La crainte de la douleur est pire que la douleur elle-même. »

Le moment était-il venu pour une discussion philosophique ? le récit des tribulations d'un lycan ? Vanig ne s'interrogea pas longtemps : l'homme reprenait déjà sa forme monstrueuse. Elle allait se plaindre qu'il n'attendît pas une réponse, que sa réplique fût superficielle et pathétique, que sa petite scène fût semblable à toutes celles de la gente masculine étouffée par leur orgueil. Elle désirait lui enfoncer son poing dans la figure, lui décrocher la mâchoire, lui briser les avant-bras alors qu'il était en pleine transition. Cependant, elle était trop fière pour se rabaisser à cet affront. Elle s'écarta et attendit pour la dernière fois.
Depuis le début de leur rencontre, il était celui qui menait l'échange. C'était lui qui attaquait, qui hurlait, qui s'amusait par quelques tours plus ou moins subtils. C'était lui qui avait imposé cette atmosphère tendue et stérile, ce calme qui devenait décidément trop long. Cela suffisait.
Orok avait été trop stoïque, trop patiente, trop raisonnable. Ses nerfs ne le supporteraient pas une minute de plus. Peu à peu, elle sentit un fureur familière lui parcourir le corps, électrisant chacun de ses membres. Ses muscles se durcirent. Son regard devint aussi tranchant que sa lame. Le tambour de son coeur entama un rythme guerrier, plus clair mais tout aussi puissant que celui du lycan entendu précédemment. La rage est la même pour tous, seule la façon dont on l'utile change. L'animal semblait habile mais il ne l'aurait pas deux fois.

Sa voix grave gronda :

" Lycan, tu es puissant et rusé mais il te manque la plus importante des choses ..."

Vanig n'acheva pas sa phrase, préférant achever le lycan. Elle se précipita sur lui, la lame giflant l'air près de son oeil droit. Ce n'était qu'une feinte pour lui faire tourner le regard et attaquer sur le flanc. Elle voulut atteindre ce qui pouvait être l'épaule droite. Elle poursuivit le mouvement de son arme pour la relever, la faire tourner et tomber entre deux des côtes de cet importun. Sa garde baissée, elle la remonta lestement par le revers vers la tête du lycan pour garder ses crocs à l'écart et l'empêcher de lui faire face. La pointe de la claymore visant les cieux, l'orc tranchait l'air à l'aller pour trancher la chair du loup au retour. Elle ne savait pas si elle l'avait vraiment touché. La première étape était de le gêner, de le perturber. Son regard suivait le mouvement de sa lame et crut croiser celui de Lyron. Elle ramena légèrement l'épée sur elle, comme si elle avait terminé son enchaînement et s'apprêtait à se retirer en saluant son spectateur. Le temps semblait s'être soudain ralenti mais c'était pour mieux s'accélérer. La main gauche de Vanig passa sous son bras droit pour prendre sa dague qui y était cachée. Elle la saisit comme un poignard, roula au sol pour planter l'arme dans la patte arrière. Deuxième étape : meurtrir.

La crainte avait assez duré. Maintenant place à la douleur !
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Lyron Ullerdran
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MessageSujet: Re: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Mer 17 Aoû - 4:17

La souffrance... Lyron ne connaissait que trop cette sensation. De fait, depuis son réveil il ne fait qu'un avec elle, luttant continuellement pour ne pas céder à la douleur et résister à l'insupportable sensation que son corps est toujours traversé de ces lames, à la limite d'être scindé en deux parts...
Seulement la douleur qui, en cet instant, sévissait dans tout son avant-bras était différente. Elle ne semblait pas provenir d'une blessure quelconque et était bien plus lancinante qu'elle n'aurait du l'être si la femelle Orc avait réussit à l'atteindre. Le bras gauche du Lycan semblait rongé de l’intérieur, comme en proie à un genre de poison... Ou un sortilège. Cependant, à aucun moment son opposante n'avait semblé user de quelque magie que ce soit. Serait-il possible que...

La crainte de la douleur est pire que la douleur elle-même.

Ces mots qui, un instant plus tôt, ont franchis ses lèvres de leur propre chef... Le loup-garou aurait du le savoir : sa nouvelle puissance n'est pas que physique.
Bien que n'en ayant que rarement utilisé – faute de capacité plus que de volonté –, le colosse avait déjà contemplé les effets de certains sortilèges de ses frères de Lune. Il lui était même déjà arrivé d'entendre parler de certains sorts s'en prenant au corps de l'adversaire... S'il avait mal usé de l'un d'eux les conséquences pourraient être désastreuses. Ses pensées furent confirmées lorsque la douleur irradia tout son corps, stoppant net sa métamorphose pour le laisse au sol, recroquevillé et baignant dans sa sueur. Son immense balafre commençait lentement à se rouvrir, laissant un filet de sang couler, tandis que son bras gauche perdait en couleurs et s'atrophiait dans un bruit de succion des plus écœurants.
La douleur était telle qu'il en oublia l'Orc. Il n'entendit pas d'avantage ce qu'elle gronda avant de charger. Seul son instinct le maintenait encore dans un état de semi-conscience, le poussant à planter ses crocs dans son propre bras pour le débarrasser de ce fardeau. Sans doute ce membre lui aurait-il était ôté si sa mâchoire ne s'était pas desserrée au fur et à mesure qu'il se redressait.

Il se tenait désormais sur ses deux jambes, les bras et la tête ballants. Un léger filet de bave s'écoulait du coin de sa bouche tandis que la claymore de son adversaire filait en direction de son œil droit. Lyron ne fit pas le moindre mouvement pour esquiver. Peut-être n'avait-il pas eu conscience de cette lame meurtrière, peut-être n'avait-il pas jugé utile de l'esquiver... Contre toute attente, seul un courant d'air vint le frapper, le faisant quelque peu vaciller. Une feinte. Le véritable coup allait venir... Bientôt... Dans un instant... Maintenant.
Le bras aux muscles saillant et la lame ne firent qu’un et se mirent à danser, faisant valser la chevelure de feu. La claymore virevolta rageusement, tranchant brutalement l'air ainsi qu'une poignée de cheveux plus noirs qu'une nuit sans Lune. L'animal avait esquivé de justesse, courbant son dos jusqu'à ce que sa tête frôle le sol. Ses muscles abdominaux étaient tirés à l'extrême, les veines saillant sous l'effort...
Profitant de cette tension, Lyron se redressa brutalement, tournant sur lui-même pour passer son bras droit au-dessus de la claymore destructrice dont le revers montait vers les cieux. Le gauche, dont la peau était quelque peu luisante et semblait neuve, vint rapidement le rejoindre. Avant même d'entrer en contact avec la lame, leur volume musculaire avait instantanément augmenté, de même que leur pilosité. Sans que quiconque n'ait le temps de contempler sa métamorphose, il avait laissé place à l'animal. Frappant de toutes ses forces sur le plat de la lame, il tenta de désarmer son farouche opposant... En vain. En effet, cette dernière avait déjà roulé derrière lui pour planter une dague dans sa jambe.

Un grondement se mit alors à monter dans sa gorge tandis qu'il envoya son autre patte arrière voler en direction de son foie avant de tourner sur lui-même pour enfoncer ses griffes dans sa gorge puis de bondir quelques mètres en arrière. Il arracha négligemment la dague de sa jambe qui se régénéra instantanément avant de se mettre à quatre pattes et charger l'Orc de toute la violence dont il était capable, restant aussi près du sol que possible avant de donner l'impulsion finale.
Ses yeux qui, jusque-là étaient à demi clos étaient désormais exorbités et injectés de sang. Lors de sa charge, son grognement se mua en un hurlement à peine compréhensible :

« TanhooooOOOOOOOR !!! »

Rongeant son esprit
Au fil des ans,
Gangrenant son âme...
Eclipse.
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Vanig'Orok
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MessageSujet: The sound and the fury [pv Lyron Ullerdran]   Lun 12 Sep - 16:30

Un autre hurlement retentit jusque dans l'échine de Vanig'Orok. Il inspirait de la terreur mais aussi une certaine compassion voire même de l'admiration comme pour tous ces êtres qui s'abandonnent à leurs émotions. Il n'y avait rien de plus primitif, de plus violent et de plus vrai. Ce cri venait du fond de l'âme, plus fort que les bienséances, plus fort que les mots ... C'était la déclaration ultime, celle du guerrier non pas ivre de combats mais ivre de lui-même, de la vie qu'il porte en lui. C'est l'authentique clairon des soldats, le chant des coeurs vaillants, le psaume des prêcheurs capables de mourir pour leurs valeurs ou leurs rêves.

La guerrière orc comprenait partiellement ce langage. Elle avait mené des batailles, surmonté de nombreux obstacles. Elle connaissait cette voix indestructible dans son esprit ... mais elle la rejetait. Sa mentalité se basait sur la stratégie, la réflexion et c'était ainsi qu'elle s'était distinguée des brutes qui ne faisaient confiance qu'à leur force et leur fureur. Elle devait ses victoires à son sang froid et à son intellect ... Cependant, ce soir-là, les choses étaient différentes ...

Le lycan en face d'elle n'agissait en rien d'une façon prévisible. Son comportement ne présentait aucune logique et plus l'échange durait moins Vanig avait envie de comprendre. Elle avait tenté de raisonner. Elle ne voyait qu'un seul mobile pour justifier l'attaque du loup garou : il avait envie de la tuer, pulsion évidente chez les gens de cette race. Ses paroles la laissaient perplexe : elle avait d'abord pensé à des paroles de psychopathe, la phrase redondante que le meurtrier déclare à ses victimes avant de les éventrer. Puis, il y avait eu ses contorsions - qu'elle avait à peine remarquées alors qu'elle s'était jetée sur lui. La réplique du lycan et les douleurs qu'il avait endurées étaient peut-être liées mais l'orc n'avait pas le temps pour approfondir le sujet. Il semblait que rien n'y fasse : il avait guéri d'une rapidité déconcertante et il fonçait une nouvelle fois sur elle.

Il était clair que ce monstre avait l'avantage : il était robuste, agile, véloce et la nuit perturbait la vue de Vanig. A partir de là, il était aisé d'établir un pronostique sur l'issu de l'affrontement.

* A cette vitesse-là, je vais ... *

Elle chassa cette idée de sa tête et saisit fermement sa claymore comme si elle voulait se donner plus de contenance. Elle tiendrait bon. Elle ne fuirait pas le combat. Quel guerrier oserait annoncer lui-même son arrêt de mort ? Etait-ce que ce péril mettrait fin aux aventures de Vanig'Orok ?
Un soldat meurt au combat mais il choisit pour quel combat il doit mourir. Vanig n'est pas de celles qui se laissent vaincre par un animal dans les ombres silencieuses de la nuit. Son heure n'est pas encore venue ; elle ne l'a pas encore décidée.

Pendant un instant, le temps sembla s'arrêter. Le vent du nord soufflait une brise légère mais fraîche. L'herbe s'agitait doucement. Tout devint plus calme. Les foulées du lycan se rapprochaient moins vite ; elles étaient presque lointaines comme un songe qui s'enfonçait peu à peu dans les ténèbres. La sérénité gagna l'orc. Elle se redressa, gardant la tête penchée pour profiter de l'air qui faisait danser ses mèches rousses devant son visage. Elle esquissa un fin sourire puis releva le menton.

Elle ne mourrait pas.

Elle monta sa garde, fit face à son adversaire en le fixant de ses yeux gris. Elle courut vers lui en criant, gorge déployée pour écraser son hurlement. Elle le saignerait, le trancherait de tout son long comme on tue n'importe quelle bête sauvage. La tâche blanche qu'il portait sur le poitrail virerait au rouge. Ses grondements deviendraient des jappements. Sa rage se transformerait en désespoir.
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