Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 La curiosité n'est pas un défaut [Adelina]

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Camille Inaya
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MessageSujet: La curiosité n'est pas un défaut [Adelina]   Dim 6 Mar - 19:52

Camille tira doucement sur les rênes pour immobiliser son cheval. Elle leva les yeux pour observer le château qu’il y avait sur la colline. Elle avait toute la ville de Fenrig à passer pour y arriver. Les ruelles serpentaient en un labyrinthe plus ou moins sombre, aboutissant à des impasses dangereuses ou s’ouvrant sur une place bruyante et pleine à craquer d’étale de marché. Elle avait bien l’intention de voir la Maitresse des lieux avant que la nuit tombe, aussi elle talonna sa monture pour commencer sa pénible traversée. Etre ainsi entourée de la foule ne lui convenait guère, elle qui préférait l’ombre rassurante et l’anonymat le plus complet. Sauf que pour le personnage qu’elle s’était créée, les ténèbres ne faisait pas partis de sa couverture. Il lui fallait le clinquant, le luxe et la lumière.

Son cheval peinait parfois dans les montés. Il fallait dire qu’elle ne l’avait pas ménagé jusqu’à Fenrig. Il aurait été bien plus pratique et plus rapide pour elle de se transformer directement en cheval et d’y aller, mais les gens n’auraient pas compris qu’un cheval se balade en ville sans cavalier et se transforme en dame sous leurs yeux. Surtout que les métamorphes préféraient garder leur secret pour quelques rares élus. Elle était presque arrivée devant les lourdes portes de fer qui marquait l’entrée de la cours du château fortifié. Enfin ! Elle pesta intérieurement d’avoir choisis une monture aussi affligeante mais se rasséréna à la pensée qu’elle pourrait toujours voler une monture aux chevaliers de fer. Elle était certaine qu’ils avaient des destriers magnifiques et puissants, parfait pour repartir en douce.

Enfin, la cours se dessina sous ses yeux. Les portes étaient ouvertes pour permettre aux braves gens d’aller et venir à leur guise. Surtout que c’était jour de marché aujourd’hui, aussi il y avait pas mal d’autres étales pleines à craquer dans les cours du château. Tous les badauds flânaient entre les cris des commerçants qui essayaient de vendre leur camelote. Camille entra lentement, détaillant les moindres recoins et photographiant dans sa tête les portes, les impasses et les remparts pour établir une demi-douzaine de plan de sortie dans sa tête. Juste au cas où … On ne savait pas, avec ce Grand Maitre. Elle pouvait tomber sur une forte partie. Camille avait foi dans ses capacités, et elle n’avait jamais peur. Mais ce n’était pas pour ça qu’elle était stupide. Loin de là ! Il valait mieux prévenir que guérir.

Bientôt, les manants commencèrent à la regarder. En effet, elle faisait un peu tâche avec ces riches apparats, sa robe rouge vermeil et son cheval noir. Ses longs cheveux bruns cascadaient librement dans son dos, tranchant merveilleusement bien avec sa peau pâle. Elle avait choisis cette apparence distinguée pour faire forte impression. Elle avait par contre les mêmes yeux sombres que lors de sa rencontre avec Adelina. Elle garda la tête bien levée, signe d’une personne hautaine. Aussi, les paysans qui la regardaient avait diverses réactions : l’étonnement chez certains, la jalousie ou le dégout pour d’autre ou l’indifférence la plus total pour la troisième catégorie. Mais personne ne pouvait passer à côté de Camille : elle était remarquée, et c’était exactement son but.

Très vite, un garde vint vers elle. Il fit arrêter son cheval et le caressa lentement. Camille patienta le temps qu’il s’intéresse à elle. Se qui ne tarda pas :


-Bonjour mam’zelle. Vous cherchez quelqu’un ? Ou quelque chose ? Je peux peut-être vous aider.

Un deuxième soldat n’était pas loin, la main sur l’épée. Ainsi les gardes ici n’étaient pas totalement stupides. Ou alors, la vue de son arbalète et de son épée à sa ceinture éveillait les soupçons. De plus, même si elle était femme, qui donc n’avait pas entendu parler de Pauline de Sarkanta, femme mais surtout chevalier de fer qui battait même les hommes en combat loyal ? Quoi de plus normal alors qu’ils soient un peu plus méfiant désormais. De plus, pour une fois, c’était tout à fait justifié. Aussi Camille pris sa voix la plus douce et la plus captivante pour lui répondre :

-Oui, effectivement je cherche quelqu’un. Adelina Trèfle du Mont.

Il la regarda, les yeux dans le vague. Puis, il répéta tel un perroquet endormis :

-Adelina. Trèfle du Mont. Chercher Adelina. C’est par là.

Mais avant qu’il se soit retourné, son comparse était là et il le retint d’une main. Il lui fit les gros yeux et chuchota quelque chose à son oreille. N’obtenant aucune réaction, il le secoua. Le premier marmonna :

-Mais lâche-moi Agredan ! Je ne suis pas fou ! Il faut juste que …

Mais le second garde, le fameux Agredan lui ordonna de se taire avant de se tourner vers Camille d’un air autoritaire.

-Qui êtes-vous et pourquoi voulez-vous voir le Grand Maitre ?

-Je m’appelle Camille Inaya, Troisième du nom. Adelina a rencontré ma grand-mère il y a de ça un mois et l’a invité à venir lui rendre visite. Hélas, ma grand-mère est très vieille et n’aurait pas supporté le voyage. Aussi, elle m’a chargé de venir à sa place. Je suis une paladine et je voyage au gré de mes envies. Aussi, quand j’ai su que je pourrais venir voir Adelina Trèfle du Mont, j’ai sauté sur l’occasion dès que je passais par Fenrig.

Agredan ne se laissa pas aussi facilement séduire par la voix chantante de la métamorphe. Il garda une main sur son compagnon et lui ordonna :

-Tu reste ici avec elle. Et tu la surveille. Je ne veux pas qu’elle bouge d’ici. Je vais voir avec notre Grand Maitre si son histoire est vraie.

Puis il se tourna vers Camille pour lancer :

-Je veux que vous restiez ici, sous la surveillance de Thaom. Je vais vérifier votre histoire. Elle a intérêt à être vraie, sinon, je vous chasserais d’ici à grand coup de pied aux fesses ma jolie !

Il tourna les talons prestement, mais s’arrêta lorsque Camille lui jeta négligemment :

-Dite-lui bien que je suis pressée à Adelina. Et que je ne repasserais pas deux fois …

Il repartit sur ses paroles énigmatiques. Mais Camille était certaine qu’Adelina comprendrait tout en ce posant des questions. Le doute était un puissant allié. Il pourrait l’aider maintenant pour faire pencher la balance de son côté. Pourtant, elle était curieuse de savoir se qu’Adelina avait à lui demander. Car c’était bel et bien une invitation à un contrat qu’elle avait lancé lors de leur dernier échange. Et Camille n’était pas métamorphe à passer à côté d’un contrat passé par un Grand Maitre. Très vite, les badauds se désintéressèrent de cette femme surprenante. Par contre Thaom prenait sa mission très au sérieux et garda sa main fixée sur la bride de son cheval qui commença à s’impatienter de rester immobile.

-Doucement mon beau. Veillez excusez mon camarade. Il veut vraiment bien faire. Mais ça se voit tout de suite qu’on peut vous faire confiance. Et puis, si vous aviez voulu du mal à Adelina, pourquoi seriez-vous passé par la grande porte ? Les assassins passent par des chemins détournés. Mais bon, faut faire se qu’il dit, vous comprenez ?

Elle acquiesça lentement, telle une personne tout à fait compréhensive et magnanime qui accorde sa bénédiction très rarement. Elle aimait jouer avec les gens, les laisser croire qu’il contrôlait la situation. Alors qu’en réalité, c’était elle et uniquement elle qui contrôlait leur destinée. Quoi de plus merveilleux que de voir les gens s’engouffrer exactement là où elle voulait sans même qu’il s’en rende compte ? Quoi de plus beau de voir qu’il pensait être sécurité dans leur monde alors qu’elle tirait toutes les ficelles ? Camille écouta d’une oreille distraite le bavardage de ce cher Thaom et attendait patiemment le retour d’Agredan avec de bonnes nouvelles.
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Adelina Trèfle du Mont
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MessageSujet: Re: La curiosité n'est pas un défaut [Adelina]   Dim 17 Avr - 22:08

Trois jours avant l'apparition des hordes gobelines aux abords d'Imbolt.


Les jours s'assombrissent sur la terre des hommes. Le ciel est sale de l'agitation maléfique qui se trame sur le sol, bientôt, très bientôt, les hurlements teinteront les airs de la terreur qui nourrit déjà les coeurs. L'humain est une créature facilement impressionnée, facilement terrifiée. L'humain.. est souvent tomber. Sa chaire nourrit les verres, ses os traces des routes souterraines, son sang abreuve les fleuves. Si facilement tuer. L'humain. Il est pourtant toujours là. Aux côtés de races si étonnantes, si effrayantes, l'humain est là. Il est toujours aussi prompt à l'émotion, toujours aussi hésitant, c'est peut-être bien pour cela que lorsqu'il prend une décision, elle contient toute sa volonté, plus féroce, plus dure, que celle des autres races. Notre vie est courte. Notre destin s'écrit sur de nombreuse génération. Mais nous sommes là. Car nous sommes tous, des hommes de fer.

- Adélina.. es-tu prête ?

- Oui, père.

Ses cheveux glissent dans les vents tourmentés. Le regard d'or reste encore un instant fixé sur les sombres contours de la forêt d'Imbolt, puis se détourne en même temps que les talons de la demoiselle. Il est temps de rentrer et d'affronter l'Archevêque et l'Archimage. Le puissant conseil de fer est réuni, l'avenir de l'humanité s'écrira peut-être là, trois hommes pour écrire un destin.. c'était peu. La porte du balcon se referme derrière la jeune femme, elle tire à elle une chaise et patiente, coudes sur le bois de la table ronde, menton sur ses mains liées, les yeux fixés sur la large carte qui lui fait face. Elle y a déjà réfléchit, évidemment, elle sait ce qu'il faut faire. Le nombre d'ennemis est hélas encore assez flous. Les éclaireurs n'étaient pas tous rentré.. mais nul ne pouvait savoir s'ils étaient retardés ou morts. Pour certains c'étaient des vies perdues pour une noble cause, une perte nécessaire, pour Adélina c'était un prix élevé. Elle n'aimait pas perdre des hommes pour des renseignements. A cette réflexion la jeune femme grimaça, elle n'avait qu'une envie, partir de Fenrig avec ses hommes et aller montrer ce qu'il en coûte de troubler l'Equilibre de ce monde.

Les deux seigneurs de fer manquant arrivèrent enfin. L'Archevêque égal à lui même, s'excusa de son retard et fit bien des galipettes linguistiques pour s'adresser au Grand Maître qui lui dit bien vite de s'assoir. Quant à l'Archimage, il grogna une salutation et s'installa en triturant sa barbe grise. Ils étaient tout deux des hommes puissants mais en cet instant, la même angoisse se lisait sur leur visages. Chacun la camouflait d'une manière différente mais leur corps parlent pour eux. Adélina se lève, l'Archevêque s'attend à une discours enflammé, il sera vite rappeler à l'ordre. Le chef des armées attrapent les pièces représentatives des troupes humaines et les placent en commentant.


- D'après les éclaireurs, la majorité des troupes ennemies sortiront de la forêt d'Imbolt au nord de Fenrig. Cette partie de la forêt abrite aussi la route pour Alésia et Ackbar, il nous faudra à tout prix tenir cet endroit et rouvrir la route. Nous n'avons pas eut de réponse de la citée franche, elle est isolée, nous devons lui portée secours.

- Ce ne sera pas tâche aisée, la forêt est propice aux escarmouches, les gobelins seront favorisés.

- Les gobelins sont un problème pour nos guerriers, pas pour nos mages. Archimage, pour tracer une route jusqu'à Ackbar il me faudra l'appui de vos hommes.

L'homme opine du chef, sa barbe tressaute légèrement sur ses riches vêtements, à sa gauche son bâton luit doucement. Cela veut-il dire qu'il lance un appel à ces paires ? Adélina n'a jamais très bien comprit comment l'Archimage parvenait à garder contacte avec ses semblables souvent disséminé à travers tout le pays. Aucune importance tant que ce moyen fonctionne et que dans trois jours, les mages du pays reviennent à Fenrig pour défendre les leurs. Ce serait chose faite, il le fallait.

- Bien. Il faudra tout de même envoyer des hommes au lac Thor, nombre de nos citoyens vivent à ces abords et certains iront peut-être quémander sa protection. Que leur croyance soit où non fondée nous ne pouvons pas les laisser sans aide militaire. Avant que les trois jours de nos préparatifs pour la guerre ne s'écoulent, je propose d'envoyer une petite troupe au lac, afin de laisser le temps aux paysans de revenir à Fenrig. Le chevalier Thalion sera à la tête de..

- Le chevalier Thalion ?!

Adélina braque un regard sévère sur l'Archevêque qui il est vrai, lui était totalement sortit de la tête. Cet homme était politicien, pour le Grand Maître, il n'avait rien à faire ici. De plus.. elle ne le supportait pas. La politique, ses intrigues, ses rumeurs, ses beaux mots creux.. tout cela lui était fortement indigeste. Il semblait assez dépassé par les évènements, il venait ici revêtu d'une armure étincelante. Ridicule. Les hordes noires étaient encore à trois jours de marche, Fenrig était déjà parée à se défendre et un politicien comme lui.. se terrerait dans ses quartiers jusqu'à ce que la guerre soit finit. Il pensait peut-être que venir en armure lui donnerait de l'impact face au Grand Maître qu'il avait tant essayé d'influencer.. sans succès. Ces deux là.. n'avait rien en commun. Un air outré sur la face, l'homme aux cheveux bruns soigneusement lavés et coiffés se lève et tape du plat des mains sur la table.

- Oui le chevalier Thalion. Il est tout à fait qualifié pour se rendre au lac. C'est un chevalier de fer, il a mon entière confiance. Envoyons le au lac Thor, il devra affronter de grands danger mais je ne crains pas tant pour sa vie, ce jeune homme a bien des ressources... De plus, il a quémandé d'y être envoyé lors d'un conseil des chevaliers de fer. Adélina avait été sincère et sa voix n'avait connu aucun altération cependant.. pour la suite elle du se forcer, et c'est avec les dents serrer qu'elle finit par lâcher; Combien d'hommes suggérez vous de lui fournir ?

De la diplomatie. Il fallait de la diplomatie pour que cet homme, agaçant mais influant, ne s'oppose pas en bloque à la décision du Grand Maître et ne lui mette des bâtons dans les roues.

- Donnons lui cent hommes alors... Mais je vous préviens, vous en prenez la responsabilité s'il échoue vous et vous seule serez fautive !

La jeune femme incline le menton et fait signe à l'Archevêque que maintenant il peut se rassoir. Cent hommes.. cent hommes ?! Adélina se retient de lui mettre cent tartes dans la figure. Pour qui il se prend celui-là ?! Il n'y connait vraiment rien ! Cent hommes.. s'ils tombaient face à des minotaurs ils seraient très vite dépassés. Le chevalier de fer Thalion était puissant, habile et coriace, sa réputation houleuse était au moins d'accord sur ces points. Mais cent hommes.. c'était peu. Elle ferait en sorte de lui envoyer des renforts dès que cet Archevêque de malheur aurait le nez planter dans ses propres affaires. L'Archimage observait, ses yeux posés sur la silhouette un peu courbée de la jeune femme. Il la jugeait, il la jaugeait, cela faisait des mois que cela durait. Mais jamais ses yeux n'avaient trahit autre chose que de l'encouragement. Lui n'était pas contre elle, il n'avait pas comme d'autre tenté de lancer quelques rumeurs douteuses sur son droit au titre de Grand Maître. C'était un homme puissant mais humble, savant et honnête. Quand bien même Adélina ne comprenait rien à ces dons et à la magie qu'il emploi, elle avait du respect pour lui.


- L'avant-poste des montagnes protège un carrefour important et surplombe Fenrig, s'il venait à tomber la citée serait en difficulté. Les troupes y ont déjà été renforcée et pour l'instant la menace est sur la plaine et non pas dans les montagnes. Ce qui est une chance.. sur laquelle nous ne devons pas compter d'avantage. Des pions sont à nouveaux déplacés. Le fleuve Eärnil est calme, les points de passages surveillés nuit et jour. Archevêque, je vous demanderais d'envoyer des missives au seigneur vampire pour savoir de quel côté il se tient. Jusqu'ici nous n'avons eut aucun rapport démontrant l'alliance de ces hordes belliqueuses et des races sombres.. Il est possible que leur royaume soit aussi attaqué. Une alliance serait bénéfique.

- Si toute fois ils tiennent leurs crocs bien rangés.

- ... Contactez aussi le peuple elfique et les Orcs. Ces derniers en défendant leur terre sont peut-être une muraille pour notre avant-poste si précieux. Les nains sont sans doute déjà avertie. Un air absent de la part de l'Archevêque.. J'enverrai moi-même une missive au Roi Thorlak avant mon départ.

- Votre départ ? Vous n'allez tout de même pas sortir de la forteresse ?! La ville a besoin de vous si vous n'aviez pas remarqué !

- La ville sera sous la haute protection de l'Archimage et des troupes qu'il me demandera. Ma présence ici n'est pas nécessaire, sur le terrain oui. Reprenez-vous Archevêque ! Ne tremblez pas vous seigneur de fer.

- Je ne vous autorise pas à me..

- Très bien. J'assurerai la sécurité de notre ville, Grand Maître, que l'Equilibre guide votre lame.

La bouche encore ouverte l'Archevêque se tourne vivement vers l'Archimage qui se lève lentement. Sa main se referme sur son bâton et il tourne les talons.

- Archevêque, accompagnez moi je vous prie, il y a une taxe sur les ingrédients magiques que je ne parviens pas à comprendre. Il faut que vous m'éclairiez on m'a dit que vous étiez très bon en...

Un peu de flaterie, le politicien se lève et sans un mot pour le Grand maître il sort en compagnie de l'Archimage. La porte se referme et souffle Adélina qui se rassoit pas tout à fait calme sur son fauteuil. Sa main vient masser sa tempe, elle n'avait pas fait preuve d'assez de retenue.. Mais l'heure était grave et l'Archevêque s'arrêtait à des considérations ridicules. Les rumeurs sur les sombres penchants de messir Thalion étaient venu jusqu'à elle, évidemment. Mais l'Archevêque n'avait pas son mot à dire quant aux hommes qu'Elle choisissait. Mais enfin.. il avait lui aussi un rôle de tenir. La diplomatie faisait partie de son champs d'action, pourvu qu'il soit aussi bon qu'on le disait et qu'il trouve les bons mots pour s'adresser aux autres races.

On toc à la porte de la salle du conseil.


- Grand Maître, un garde de la porte de la forteresse demande à vous voir.

Adélina se lève, va d'elle même ouvrir la porte, c'est le visage encore contrarié par l'Archevêque qu'elle pose les yeux sur un homme qui semble un peu penaud d'être là..

- Pardon de vous déranger mais.. une jeune femme, une certaine Camille Inaya, elle dit qu'elle est paladine et que vous avez donné rendez-vous à sa grand mère des montagnes..

Une paladine hein.. Oh oui elle se souvenait de Camille Inaya. Mais certes pas entant que paladine. Ainsi donc son intuition était juste. Sa grand mère, portant le même nom, une paladine inconnue des registre.. Cela sentait le métamorphe à des kilomètres. Une chose était vraie cependant, elle lui avait donné rendez-vous. Peut-être pas très clairement, peut-être pas non plus formellement, mais Camille Inaya avait semble t-il comprit.

- Très bien, conduisez là dans le parc intérieur. Que personne ne vienne nous déranger. Merci pour votre travail Agredan Kelar.

Le susnommé ouvrit de grands yeux, surprit que le grand maître connaisse son nom. En fait.. ce n'était pas si étonnant, la jeune fille connaissait fort bien ses parents, elle leur était venu en aide lorsqu'elle était encore que la gamine aux milles tâches. Elle ne fit pas cas de l'étonnement de l'homme et passa à côté de lui, elle avait des ordres à donner avant de rejoindre la métamorphe.

De vieux démons. Toujours là sur les épaules d'Adélina. Ils dansaient à présent, mais qu'ils se vantent d'être persistants ne changent rien à la prudence qui toujours accompagne les décisions de la jeune femme concernant.. cette affaire. Passant le portail de verdure qui ouvrait sur un frais et accueillant espace vert, c'était au sein de la forteresse un des rares espaces de tranquillité. Un des rares endroits aussi où il était aisé de ne point être vu et entendu. Caché des fenêtre
par de hauts arbres et des oreilles indiscrètes par le fourmillement incessant du vent dans les branchages. Il était plus aisé ici de parler de choses secrètes. En effet.. depuis quelques temps Adélina avait apprit à se méfier de ses appartements, les murs avaient des oreilles depuis qu'elle s'était opposé à certaines décisions de l'Archevêque. Elle qui détestait les manigances.. là voilà entrain de se soucier de choses bien assimilables au complot. Un soupire passe ses lèvres, un instant avant que son visage ne reprenne sa placidité habituelle. À deux mètres d'elle, une jeune femme aux longs cheveux bruns, richement vêtue.


- Votre pauvre grand mère a du fort travailler pour avoir pareille dorure à offrir à sa petite fille.

Quelques pas, la voilà toute proche de cette illusion de chaire et d'os humains. C'était bien fait.. il fallait avouer. Les métamorphes ne volaient pas leur réputation. Celle-ci, s'il s'agissait bien d'une femelle à la base, avait mieux jouer son rôle que le premier de sa race à avoir croisé le chemin d'Adélina. Ce dernier avait clairement prit de haut la jeune femme, grand mal lui en avait fait. Il devait être mort ou bien se terrait-il, effrayé à l'idée de devoir rendre des comptes à la guerrière. Sinon rien n'expliquait son manque de professionnalisme, combien de temps cela faisait.. plusieurs mois.. peut-être bien un an. Il était convenu qu'il envoi de fréquent rapports, il n'avait pas tenu son engagement, il ne reviendrait jamais à Fenrig. Au moins.. cette Camille avait eut l'habileté de la tromper un moment. Et ce en utilisant un costume des mieux cousus pour affaiblir sa méfiance. Elle était douée. Mais le serait-elle assez ?

- Marchons.



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Camille Inaya
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MessageSujet: Re: La curiosité n'est pas un défaut [Adelina]   Sam 23 Avr - 16:53

Il jacassait comme une pie. Pire qu’une femme ! Pour un peu, elle l’aurait embroché d’un coup de dague bien ajusté, mais pour rencontrer pacifiquement Adelina Trèfle du Mont, ce n’était pas du meilleur effet. Camille prit sur elle pour hocher la tête à certain moment du discours comme une femme noble et intéressé le ferait dans ces cas-là. Beaucoup d’homme se retournaient sur leur passage pour bien la regarder. Non pas que la situation était gênante pour elle, mais plutôt insoutenable. Agredan revint alors. Malgré ses soupçons sur elle, cette vision fut un soulagement pour la métamorphe qui allait pouvoir agir. Elle détestait l’inaction et préférait de très loin être en mouvement. S’arrêter, c’était mourir.

Le soldat ne semblait toujours pas lui faire confiance. Avait-il un instinct supérieur à la moyenne ? Possible. Mais comme un gentil toutou, il allait la conduire à Adelina, elle n’en voulait pas plus. Elle n’avait que faire d’être aimé ou adulé. Ils n’étaient que des pions sur un échiquier tellement plus vaste …


-Je vais vous conduire auprès de notre Grand Maitre.

Un vilain rictus déforma sa bouche, comme pour lui signifier : si tu fais du mal à notre Maitre, tu me le payeras. Que leur courage était puéril. Camille inclina la tête majestueusement et le suivit. Il prit les rênes de son cheval des mains de Thaom. Le jeune homme avait un sourire éblouissant sur les lèvres tandis qu’il reprenait sa place près de la lourde porte du château. Agredan secoua la tête comme s’il détestait le comportement de son compatriote. Mais que pouvait-il dire ? Déjà ils arrivaient près des écuries. Camille descendit souplement de cheval tandis qu’un palefrenier pris le relais pour le panser et le conduire dans un box. Il l’a rassura :


-Je prendrais grand soin de votre monture madame. Vous verrez, elle sera fraîche et disponible à votre retour !

Elle acquiesça avec un immense sourire. Camille était à cet instant l’incarnation d’une jeune femme pleinement confiante en ses hôtes. Mais au fond, elle s’en fichait pas mal puisqu’elle n’avait pas l’intention de repartir avec. De plus, elle était sur ses gardes, l’œil toujours en mouvement pour voir tout et tout le monde. Ne jamais relâcher sa surveillance, jamais ! C’était un principe inculqué dans sa chair depuis ses premières heures de lutte dans ce monde de sang.

Son guide la mena dans le château. Il n’ouvrit pas la bouche, se contentant de la marcher d’un pas rapide comme s’il voulait la semer dans le dédale des couloirs. Mais Camille n’avait aucune peine à le suivre. Concentrée sur le chemin qu’elle prenait pour être sur de pouvoir fuir si les choses dérapaient, elle regardait tout se qui se trouvait autour d’elle : emplacement des armes, sorties, portes, cul-de-sac et elle consigna tout dans son cerveau reptilien. Ainsi, en cas de bataille qu’elle ne pourrait gagner, elle avait toujours un temps d’avance sur ces adversaire, se qui était bien souvent capitale. Puis, après quelques minutes de silence tendu, le soldat ouvrit une porte qui mena vers l’extérieur. Camille foula de nouveau l’herbe. Elle leva la tête : il n’y avait que verdure, cachant presque qu’ils étaient entourés de hautes murailles infranchissables. Un léger bruissement, un zéphyr, faisait doucement bouger les branches des arbres. Elle s’avança parmi la nature : elle se sentait assez proche de la faune et la flore, étant elle-même presque un animal. Bestiale … Ses instincts étaient parfaitement bridés.

Elle était au milieu du parc, à l’aise dans un environnement familier et parfaitement discret. Adelina tenait donc à faire des propositions parfaitement officieuse à la métamorphe. Parfait. Moins il y aurait de monde au courant et mieux se sera. Elle entendit une porte claquer : Agredan l’avait laissé là, sans plus d’explication, se qui prouvait à quel point il désapprouvait cette rencontre. Il pouvait bien penser se qu’il voulait, elle était certaine qu’Adelina n’allait pas tarder. En attendant, elle chemina lentement parmi les fleurs qui embellissaient la vue de leurs couleurs chatoyantes. Elle huma la légère fragrance de fleurs rares qui se trouvaient à l’abri dans ce jardin. Des papillons éphémères parcouraient les coroles de pétales, tandis qu’un oiseau lança une trille joyeuse, bien caché dans un arbre noueux. Et lorsqu’une voix douce et claire lui parvint, elle se retourna légèrement pour croiser de nouveau le chemin d’une douce jeune femme aux cheveux blonds comme les blés.


- Votre pauvre grand mère a du fort travailler pour avoir pareille dorure à offrir à sa petite fille.

Camille esquissa un sourire carnassier. Ne jamais sous-estimer un humain, qui était près à tout, même à sacrifier une partie de son âme pour ceux qu’il aimait. Une tare affective qui leur avait servis malgré tout car ils étaient toujours en vie, après des générations de guerre et de massacre. D’autant qu’elle, elle était un Grand Maitre : douée, cultivée, une meneuse d’homme charismatique. Tout dans sa démarche, son maintien le lui rappelait. Elle avait l’air quelque peu contrariée : venait-elle d’avoir une mauvaise nouvelle ? Sa présence n’était-elle pas souhaitée ? Avait-elle changé d’avis ? Que de question, sans réponse, car au fond, Camille connaissait mal le Grand Maitre de Fenrig. Elle avait une histoire chargée de mystère et était un peu jeune pour avoir des faits concrets à son actifs sur lesquels s’appuyer. La fausse paladine fit une courte révérence à Adelina et lorsque celle-ci poursuivit tout en commençant à marcher, Camille suivit le mouvement, admirant le parc naturel d’un œil appréciateur :

-A vrai dire, ma grand-mère est assez retranchée dans ses montagnes, même si elle a fort travaillé pour offrir à ses enfants et petits-enfants une vie des plus douces. C’est ma mère, Camille Inaya deuxième du nom, qui a fait la rencontre d’un paladin exilé pour une obscure raison qui me fit la grâce d’une telle robe. Ainsi que l’apprentissage qui va avec.

Les mensonges coulaient simplement de sa bouche pour la simple et bonne raison qu’elle aimait beaucoup cette histoire qu’elle avait déjà empruntée à mainte reprise, jouant tour à tour les quatre générations de Camille Inaya. En effet, nombre de soldat ou de paysan se laissaient si facilement abuser par une vieille dame ou par une enfant que ça en devenait risible … Mais cela servait magnifiquement les intérêts de la métamorphe. Elle reprit, histoire d’avoir le contrôle de la conversation :

-Me voici devant vous, malgré l’invitation qui était bien déguisée, que vous aviez fait à ma grand-mère. D’ailleurs, elle-même n’y avait rien vu de tel et m’a défendu de venir vous importuner. Avait-elle raison ? Ou bien avais-je vu juste ?

Camille coula un regard en coin à Adelina qui marchait paisiblement à ses côtés. Etais-ce de la méfiance qu’elle voyait dans son regard ? Voir de la préoccupation ? Se pouvait-il que Camille ait vu juste et que la Maitresse des Lieux ait déjà vu un de ses semblables ? Quel métamorphe aurait été assez stupide pour se révélé aux yeux d’une humaine ? Si elle le retrouvait, elle allait lui faire payer cher. Etais-ce nécessaire de garder ce mensonge et de parler à demi-mot ? Camille était toujours prudente : il y avait peut-être un risque pour qu’elle interprète mal les émotions humaines, des sentiments qu’elle ne possédait pas donc qui était avant tout théorique pour elle.
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Adelina Trèfle du Mont
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MessageSujet: Re: La curiosité n'est pas un défaut [Adelina]   Jeu 28 Avr - 19:48

Frère... vois dans quel détresse est le coeur de ta soeur. Dans un gant de fer, rien d'autre qu'une souffrance latente. C'est sa plus grande faiblesse. Une faille énorme qui si elle n'habitait pas une armure plus épaisse encore que celle des autres hommes, aurait déjà fendiller en deux l'âme solitaire. Que c'était-il passé ce jour là ? Dans le sang et les larmes, un être cher avait disparu. Happé par un profond mystère. Adélina.. avait mit une semaine avant de sortir de la noirceur qui l'avait alors envahit. Car c'est là la force et la faiblesse de tout homme. Ce choix, entre ombre et lumière. Ce choix.. qui à fait naître les plus grands des hommes et leurs némésis. Le vent souffle dans les branchages, souffle sur le visage d'un Grand Maître qui reste malgré tout, présent même lorsque c'est une petite soeur qui agit. Bientôt elle partirait, dans trois jours la guerre serait au bout de sa lame, avant cela le destin lui donnait une chance de réaliser son voeu, pas le plus cher, mais le plus intime. Retrouver une partie du puzzle fracturé, elle voulait comprendre, il le fallait pour qu'elle fasse son deuil. La jeune femme en oublierait presque la jeune femme qui l'accompagne, elle ne la craint pas, elle s'en méfie pourtant. Les métamorphes.. étaient trop secret pour être digne de confiance. Que cela soit Adélina ou le Grand Maître, aucun ne pouvait faire confiance à des êtres qui se nourrissent des secrets des autres.

Mais elle est là. Mais elle marche aux côtés de cette métamorphe, pour qu'un espoir se poursuive. Ses oreilles restent attentives aux mots de son "invitée", elle lui raconte une histoire, visiblement déjà bien répétée. Est-ce que cela marchait aussi facilement que cela ? Le monde était vaste certes.. mais un si simple subterfuge pouvait il résister longtemps ? Des mensonges. Adélina n'aimait pas cela.


- Me voici devant vous, malgré l’invitation qui était bien déguisée, que vous aviez fait à ma grand-mère. D’ailleurs, elle-même n’y avait rien vu de tel et m’a défendu de venir vous importuner. Avait-elle raison ? Ou bien avais-je vu juste ?

S'inquiétait-elle de savoir si elle était la bienvenue ici ou non ? Un léger sourire incline les lèvres de la demoiselle aux cheveux d'or. La métamorphe avait tout à fait raison de se préoccuper de cela. La prudence était de mise lorsqu'on se trouvait face à un Grand Maître. Adélina.. cessa de sourire pour tourner la tête vers la visiteuse. Elle l'observa un long moment. Instant qui aurait parut fort embarrassant si celle qui se tenait devant les yeux d'or était vraiment Paladine et donc, soumise aux ordres de celle qui lui faisait face. Le trèfle ne cilla pas. Que ce soit devant une humaine comme devant une réplique, elle restait imperturbable. Est-ce qu'elle la jaugeait ? Est-ce qu'elle se faisait son avis en poignardant son regard dans le sien ? Le mensonge.. est un équilibre précaire.

- Ne croyez pas que je sois dupe. Cela nous évitera d'inutile bavardage. Si vous êtes ici c'est que vous avez fort bien compris la nature de mon invitation. Cependant un des vôtres m'a déçu par le passé. Peut-être est-il mort ou bien se cache t-il.. dans les deux cas il a entaché votre réputation.

Adélina.. n'était pas femme à parler à mots voilés. Elle remettait sérieusement en cause la réputation ô combien romancée des métamorphes. Des créatures impitoyables, ne laissant aucune trace, disparaissant d'un claquement de doigts. On ne pouvait pas les différenciés parmi la foule, des serpents sous l'apparence de rat, se tapissant dans l'ombre avant de bondir, transperçant les plus solides armures de leurs crocs venimeux et repartant. Tout cela.. pour le plaisir malsain de récolter une connaissance et la faire disparaitre. Egoïstes créatures sans coeur ni pitié. Pour ces histoires ils étaient craints et détestés, bien qu'enviés par les assassins de toutes races. Pour certains.. c'était eux qui faisaient l'histoire, tirant les ficelles dans l'ombre des grands hommes. Adélina était consciente que ce qu'elle était entrain de faire, allait en ce sens. Un Grand Maître qui confie une mission toute personnelle à un métamorphe. Cela alimenterait les livres d'histoire. Si cela ce savait. Mais la jeune humaine ne se pensait pas assez faible pour se faire manipuler par la créature à ses côtés. Qu'elle accepte ou non la mission qui suivrait, qu'elle comprenne ou pas l'importance qui lui donnait Adélina, cela ne faisait aucune différence, que la métamorphe fasse un pas pour accrocher à ses bras une quelconque ficelle et le Grand Maître la trancherait elle et ses manigances. Adélina était jeune, avait ses démons, elle n'en restait pas moins cette âme fort et ce bras d'acier qui pourfendrait tout ennemi de l'Humanité. Jamais la recherche de son frère ne passerait avant la protection des siens. La preuve en était, aussi impulsive que soit le Trèfle elle n'était pas partie à la poursuite de fantôme et était sagement rentrée à Fenrig.

De grands pouvoirs.. impliquent de grandes responsabilités.

- Êtes-vous à la recherche d'aventure mademoiselle Inaya ? Je ne vous aiderai pas, vous serez seule et inutile de vous dire que vous pourriez y perdre des écailles. Si nous ne nous comprenons pas, je vous laisse libre de partir dès à présent.

Si elle avait encore un doute sur la nature de celle qui marchait à ses côtés ? Certes pas. Mais la métamorphe n'était peut-être pas intéressée de partir pour une mission qui semblait avoir déjà coûté l'honneur si ce n'est la vie d'un des siens. Adélina n'avait que peu de connaissance sur les métamorphes, elle ne savait pas si il y avait en eux une idée de patriotisme, de fraternité ? Du moins la nouvelle de la disparition inexpliqué d'un membre de sa "famille", n'eut pas l'air de faire grand effet à la demoiselle. Peut-être cachait elle simplement ses émotions, si tant est qu'elle soit capable de sentiment. Hm.. ces êtres étaient par trop de point trop énigmatiques pour s'attirer la sympathie du Trèfle. Cependant, elle n'était pas stupide, c'était aussi ce mystère qui faisait d'eux non pas des alliés mais des mercenaires de tailles. Nul ne connaissait leur point faible et ils pouvaient facilement se fondre dans n'importe quel costume. C'était pour cette force qu'Adélina préférait faire appel à leurs services. On avait encore jamais rapporté la capture d'un métamorphe, cela ne pouvait dire que deux choses. Soit on avait effectivement jamais mit la main sur une de ces créatures, soit ceux qui avaient un jour réussit ne pure tirer de l'individu aucune information et n'allèrent pas crier à tout va leur échec d'autant plus retentissant.


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Camille Inaya
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MessageSujet: Re: La curiosité n'est pas un défaut [Adelina]   Dim 1 Mai - 17:37

Camille sentait les yeux de la petite humaine sur elle. Elle semblait sur d’elle, de ses ordres qui seraient respectés à la lettre ou encore de son aura de pouvoir. Oh bien sur, elle aurait dû paraitre soumise, mais la métamorphe n’avait pas pour habitude de s’incliner devant une si faible race. Il n’y avait que qu’Harmentaro pour lui inspirer crainte et respect. Cependant, elle ne fut pas surprise lorsque la jeune humaine lui balança :

- Ne croyez pas que je sois dupe. Cela nous évitera d'inutile bavardage. Si vous êtes ici c'est que vous avez fort bien compris la nature de mon invitation. Cependant un des vôtres m'a déçu par le passé. Peut-être est-il mort ou bien se cache t-il.. dans les deux cas il a entaché votre réputation.

Elle n'avait peur de rien. Elle semblait en savoir long sur elle, pourtant elle lançant ça d'un ton presque agressif, sans émettre la moindre peur. Sauf que quelqu'un qui en savait autant sur leur compte devrait mourir pour éviter de divulguer leur savoir. Ainsi, Camille avait vu juste. Adelina avait effectivement eut à faire à un de ces compagnons. Qui lui avait dévoilé bien des secrets apparemment. Les secrets … étaient la base de leur race et qu’elle soit si bien informée à leur compte gênait la créature changeante. Qu’il soit mort valait peut-être mieux pour lui. Ou alors, qu’il reste caché. Parce que Camille n’aimait pas ceux qui violait les secrets, même si sur le moment, il devait penser que c’était une bonne idée. Elle avait donc à cœur maintenant de prouver à la petite humaine qui marchait à ses côtés que les métamorphes étaient les meilleurs et elle, une des plus fortes de sa race. Elle resta impassible et continua d’écouter Adélina :

- Êtes-vous à la recherche d'aventure mademoiselle Inaya ? Je ne vous aiderai pas, vous serez seule et inutile de vous dire que vous pourriez y perdre des écailles. Si nous ne nous comprenons pas, je vous laisse libre de partir dès à présent.

Camille se tendit quelque peu. Elle n’aimait pas être à nue ainsi. On aurait dit qu’Adélina lisait en elle comme dans un livre ouvert et cela, elle ne pouvait le permettre. Si elle n’avait plus aucun secret pour la petite, comment pourrait-elle la manipuler ? Comment pourrait-elle tirer sur les ficelles du Destin qui entourait la jeune femme si celle-ci voyait aussi bien dans son jeu ? Finalement, Camille opta pour la sincérité (pour une fois) :

-Mademoiselle, je ne suis pas du tout à la recherche d’aventure comme vous dite. C’est vous, et vous seule qui avait besoin de moi. C’est vous qui m’avait invité et c’est à vous de me dire se que vous, vous attendez de moi. Vous avez raison, je suis une habile manipulatrice, menteuse et l’une des meilleurs assassins du pays. Vous remettre à moi, c’est mettre entre vos mains une arme puissante.

Camille repris son souffle, arrêta de marcher et plongea les yeux dans ceux de la jeune femme. Puis, elle les fit changer de couleurs : ils passèrent par toutes les phases, les iris s’allongeant ou rétrécissant, les couleurs passaient par tout l’arc-en-ciel, signe ô combien évident de son don de changeforme. Elle ne lui montrerait pas plus : elle en savait déjà trop. Et comme elle savait cela, qu’elle lui montre ses changements d’iris ne pouvait pas changer grand-chose. Puis, elle reprit ses beaux yeux sombres du début. Aucun éclat de traitrise ne pouvait y transparaitre : soit elle était une bonne menteuse, soit elle disait effectivement la vérité. Pourtant Camille ne la disait pas souvent ! Elle détestait la dire, pour elle c’était un signe de faiblesse. Pourtant, cette fois-ci, elle y était un peu obligée. La jeune humaine n’avait pas confiance en elle.

-J’accepte tout genre de mission, pour peu que je sois rémunérée. Quoique vous ayez envie, que j’assassine, que je cherche un objet ou une personne ou même que j’espionne ou je vole, je peux le faire. Je le ferais mieux que n’importe quel être humain, et lorsque je commence quelque chose, je finis toujours ma mission. Tant qu’un autre humain ne me paie pas plus cher pour vous faire assassiner bien sur …

Un fin sourire souleva ses lèvres. Il valait mieux qu’Adélina ait toutes les cartes en main : qu’elle sache qu’elle devait tout de même se méfier d’elle puisqu’apparemment, elle ne pourrait pas gagner sa confiance. Tout ça à cause du vermisseau qui s’était présenter à elle … Si elle le tenait entre ses doigts, elle se ferait une joie de marquer en lettre de feu le serment et le culte du Secret qui animait tous les métamorphes. Elle ferait sa propre enquête entre deux missions se promit-elle intérieurement. Elle poursuivit et conclu :


-Je vous ai parfaitement compris. Seulement, c’est à vous de voir : si vous vous sentez capable de pouvoir donner une mission à quelqu’un comme moi ou non et si oui, à quel prix. Je vous écoute, quelle est votre mission …

Camille reprit sa marche parmi le jardin. Nonchalante, elle regardait le jardin, les papillons filer d’une fleur à une autre. Elle entendit un cri au loin, des badauds qui devaient héler les clients potentiels. Le vent se remis à souffler, chassant les nuages qui avaient établis domicile devant le soleil. Camille sentit sur sa peau humaine les différences de température de l’endroit mais elle ne frissonna pas, n’étant pas sensible au froid comme les autres races. Elle n’avait rien à perdre, des contrats elle en avait toujours des dizaines en claquant des doigts. Les humains et leurs vils passions pour la guerre et le sang étaient toujours près à payer pour de menu service de zizanie ou d’espionnage. Et bien sur, on savait toujours comment la contacter. Elle était curieuse du service qu’un Grand Maitre pourrait lui demander, mais elle sentait confusément que c’était important pour elle. Sinon, pourquoi avoir donné rendez-vous à une métamorphe, malgré la haine qu’elle parait leur voué ? C’était une évidence : un endroit dépourvus de recoin secret et où aucune oreille ne pourrait les surprendre, aucune personne pour la protéger, c’était donc un rendez-vous officieux, une mission tout aussi officieuse. Donc, quelque chose qu’Adélina avait à cœur et qu’elle ne trouverait de repos tant qu’elle ne saurait pas. Tant qu’elle n’aurait pas de réponse.

En observant doucement le Grand Maitre, la métamorphe pouvait presque percevoir le poids sur ses épaules. Malgré ses jeunes années, elle avait une détermination déjà vieille et des soucis d’adultes. Peut-être même quelques démons qui la suivaient. Et c’était surement parmi ses craintes qu’elle allait lui révéler sa mission. Elle ne pourrait pas laisser filer sa chance. Et la Fourbe-Vert savait qu’elle avait accepté d’écouter sa proposition et surement qu’elle accepterait sa mission, quelque soit, parce qu’Adélina y mettrait le prix qu’il faudrait. Elle attendit alors, impatiente d’avoir de plus amples informations, car l’information et le savoir étaient les armes les plus redoutables et les plus efficaces lors des guerres ou des complots de toutes sortes.
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