Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Souffle mortel [PV Cuervo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Camille Inaya
Fourbe-Vert
avatar

Nombre de messages : 32
Localisation : Partout et nul part à la fois
Date d'inscription : 08/03/2010

MessageSujet: Souffle mortel [PV Cuervo]   Jeu 11 Nov - 22:05

-Dégaaaaaaaaaaaage !

Le cri se répercuta sur les murs anciens. La femme qui l’avait hurlé continua de reculer, ses yeux roulant de panique dans leurs orbites. La panique la faisait trembler, des pieds à la tête. Elle essayait de reprendre sa respiration après la longue course qu’elle venait de faire. Elle avait traversé presque toute la ville pour finalement échouer dans la Cathédrale antique d’Ackbar. Elle avait pensé à se réfugier dedans pour se cacher. Et surtout, au dire des légendes, des créatures étranges peuplaient cet édifice. Comme ils étaient le cadet de ses soucis pour le moment, elle avait poussé la porte et l’avait refermé bien soigneusement derrière elle, laissant croire à son poursuivant qu’elle était passée devant la bâtisse sans s’arrêter. Et que les rumeurs de fantôme feraient reculer son assaillant. Voir qu’il rebrousserait chemin …
Or, il était toujours là. Il tenait un poignard dans la main, menaçant. Un bref souffle l’avait accompagné lorsqu’il avait ouvert la porte, doucement, en grinçant, comme pour faire durer le suspens. Elle était là, prise au piège, cerné par les vieux murs. Que pouvait-elle faire ? Rien. Si ce n’est mourir par sa main. Parce qu’il était un meurtrier en puissance. Un être sans sentiment, prêt à tout pour satisfaire ses envies sadiques et violentes. Il était bon pour tuer : le meilleur. Il aimait le penser en tout cas. C’était au moins la troisième prostituée qu’il liquidait. Enfin, cela allait être la troisième. Personne ne les regrettait : elles étaient en trop dans le paysage de la ville. Elles gênaient …


-Ne me touche pas ! Monstre !

Tentative désespérante pour le faire reculer. C’était tellement drôle ! Il se sentait puissant, au sommet de la chaine alimentaire ! Au-dessus des lois, au-dessus de tout soupçon, au-dessus des rois ! Il disposait de vie et de mort. Il était puissant : il aimait cette puissance. Et de voir ce frêle petit corps tremblé misérablement devant lui, le suppliant à moitié à genou de ne pas la toucher, ne pas la tuer, c’était tellement touchant ! Une symphonie de sensations toutes plus vertigineuses les unes que les autres le parcourus, euphorisantes et bienfaisantes. Avançant à petit pas, il attendit patiemment que le mur arrête la jeune femme. Elle eut un hoquet de surprise lorsqu’elle sentit les briques froides dans son dos. Ses mains s’accrochèrent au revêtement rêche et elle s’écorcha les doigts à chercher une issu dans ce mur. Issu qu’il n’y avait pas bien sur …

-Supplie de t’épargner … Peut-être que je serais sympa, qui sait ! Je pourrais te tuer plus vite et sans douleur …

Elle secoua la tête de droite à gauche, ses cheveux volant en tout sens autour de sa tête. Sa respiration s’accéléra toute seule. Son corps refusait de se laisser faire et son esprit ne voulait pas s’abaisser à une telle humiliation, même alors que c’était la fin de sa courte vie. Il était là, devant elle. Il colla son corps contre le sien. C’était la fin. Le poignard voyagea rapidement. Mais il fut arrêté à un centimètre de la gorge. Il voulait faire durer le plaisir. La voir trembler jusqu’au bout, voir la terreur dans ses yeux, son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Il voulait recueillir son dernier souffle de vie. Or, il ne voyait plus aucune peur dans les yeux de sa victime. Juste une rage froide et un calme parfaitement maitrisé. Son corps était tendu contre lui et avant même qu’il est pu se rendre compte de quoi que se soit, son poignard avait changé de main. Il fila aussi vite qu’il était arrivé au cou de la jeune femme et se retrouva planté dans le ventre de son propriétaire. Il recula d’un pas, mis sa main sur son ventre rouge de sang. Il la regarda, hébété.

- Supplie-moi de t’épargner. Et je serais sympa : je t’achèverais maintenant. Sinon, tu vas te vider de ton sang pendant des heures et tu mourras lentement, seul, ici. Que choisis-tu ?

Elle n’avait plus rien d’une jeune femme terrifiée. Elle était terriblement calculatrice. Comment n’avait-il pas pu se rendre compte de sa nature ? Elle n’était pas humaine. Elle était pire que tout se qui était connu : aucune chose ne l’atteignait. Elle s’accroupit, attendant la réponse. Son visage changea lentement : ses traits se fondirent pour laisser apparaitre la première prostituée qu’il avait tué. Elle revenait le hanté ! Il voulu hurler, mais il avait déjà perdu trop de sang, le cri se perdit dans sa trachée. Il tomba à genou. Les vêtements de la femme qui était censé être morte changé et son corps grandir. C’était les traits de la deuxième prostituée qu’il voyait maintenant ! Il voulait que ces visions cessent, il n’en pouvait plus ! Il avait mal, dans sa chair, dans sa tête, partout ! Il murmura péniblement :

-Pitié … Ayez … Pitié de moi !

-Que l’au-delà ait pitié de toi plutôt.


Et elle l’acheva d’un geste sec, un nouveau poignard ouvrant une brèche dans sa gorge. Il émit un dernier souffle et s’effondra complètement, le nez dans la poussière. Elle se remit debout, sans aucune émotion. Il était mort, atrocement, car il croyait mener la danse. Mais au final.

Au final. Il n’était qu’un pion.


Un pion qui était mort en souffrant le plus possible. Tel que le demandait son commanditaire. Elle pourrait apporter satisfaction et une vengeance satisfaite à celui qui l’avait embauché. Elle ne comprenait pas ce besoin primaire des humains de venger les êtres aimés et disparus. Mais qu’importe. Elle était payée pour ce travail. Elle le fait bien, comme à son habitude.
Elle reprend des vêtements convenable, son pantalon fétiche et sa veste sombre, pour passer inaperçus. Elle redevient une jeune femme comme toutes les autres. Enfin presque. Parce que …


Elle est Camille. Une ombre parmi les ombres. Une des meilleures.

Mais alors qu’elle contemple le macchabé d’un air détaché, un souffle se fait entendre dans l’ombre de la Cathédrale. Un monstre dont les légendes sont friandes ? Un être humain, qui a vu la scène ? Qui que se soit, la métamorphe se tient prête à tout : elle pose une main sur une de ces armes, un poignard, à sa ceinture et elle attend. Elle est prête si quelqu’un veut lui tomber sur le poil …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cuervo Milletariones
Vole-Face
avatar

Nombre de messages : 13
Date d'inscription : 30/10/2010

MessageSujet: Re: Souffle mortel [PV Cuervo]   Ven 12 Nov - 14:26

Telle est notre nature, Métamorphe.

Métamorphe... Voilà bien des unités de temps que j'ai entendu ce mot. Un terme à la sonorité intemporelle et chargée de secret, tout comme moi. Suis-je un métamorphe? Je ne saurais le dire. Le sens de cette expression m'est encore inconnu. C'est pour cette raison que je me suis établi en Ackbar, cette ville cosmopolite qui regorge de contrats divers et variés, attirant mercenaires et... Métamorphes. Des acteurs de ce monde tels que celui qui est venu à moi dans les Montagnes d'Edelweiss. Etait-il là pour moi? Je ne le doute pas; il n'est pas de ces êtres qui se laissent guider par le hasard. Et je ne le suis pas non plus.
Voilà des mois que je piste ces êtres qui pourraient m'enseigner le sens de ce mot. Un savoir nécessaire pour devenir moi aussi un acteur de ce monde et observer ce phénomène qui secoue la voute céleste... Je m'embusque dans de sombres ruelles, sur les toits, guettant une éventuel contractant qui serait déserté de toute présence, de toute odeur... En vain. Jusqu'à maintenant, je les ai tous perdu au détour d'une ruelle ou au fond d'un cul de sac sans jamais réussir à les retrouver et sans jamais revoir un de ces visages gravés dans ma mémoire. Seulement, tout cela est sur le point de changer... J'en ai trouvé un. Ou plutôt une...
Elle fuit... Non, Elle joue, ou plutôt Elle exécute un contrat. Il tombe dans le panneau et se lance à sa poursuite. Il pense être celui qui joue, celui qui mène la danse... Erreur mortelle. Je les suis, sautant de toits en toits. Elle l'entraîne dans une bifurcation, il s'y dirige. Je me laisse tomber dans une ruelle, coupant à travers les bâtisse pour les retrouver rapidement et à nouveau me hisser au sommet des habitations avant que la créature et son contrat ne me repèrent. Elle fille vers la cathédrale, repère de créatures de légende dont la rumeur tient habituellement les visiteurs à l'écart. Il m'est arrivé à plusieurs reprises d'escalader la structure de cet édifice afin d'observer la cité franche. Elle entre, simulant une nouvelle tentative de retraite. Son poursuivant tombe dans le piège.
Ne pouvant me permettre de franchir la lourde porte grinçante par laquelle ces deux êtres sont entrés, je gravis la cathédrale. Bondissant d'arcs en statues et de statues en bordures, je me faufile jusqu'au premier des vitraux brisés et pénètre dans l'édifice.

« … te tuer plus vite et sans douleur... »

Je me positionnais sur l'un des arcs qui dominait la scène. Juste à temps pour voir le piège se refermer... Pour voir la métamorphe à l'oeuvre.
L'homme, persuadé d'être en positon de force, se permet de jouer avec ce qu'il pense être sa proie. Plongeant sa dague vers la gorge de ce qui paraît être une jeune femme, il s'arrête un instant avant que sa lame ne pénètre la gorge de l'être qui sera l'instrument de sa mort. C'est à ce moment qu'Elle décide de tomber le masque, révélant une expression froide et calculatrice. L'homme, intrigué par ce changement soudain n'a pas le temps de voir sa lame se retourner contre lui et se nicher au sein de ses entrailles. Il ne comprend pas comment sa dague s'est retrouvée fichée dans son abdomen et ne réalise pas tout çà fait ce qu'il se passe. Il fixe un regard pleins d'incompréhension sur celle qui semblait être sa victime un instant auparavant.

« Supplie-moi de t’épargner. Et je serais sympa : je t’achèverais maintenant. Sinon, tu vas te vider de ton sang pendant des heures et tu mourras lentement, seul, ici. Que choisis-tu ? »

Une voix froide, régulière, sans impulsions... Comme la sienne. C'est alors qu'il se rend compte de son erreur et qu'il réalise que, depuis le début, il est la proie. La jeune femme – ou plutôt ce qui semble être une jeune femme – avait prévu de l'emmener ici depuis le début. Peut-être était-il sur le point d'accepter sa mort en ce lieu de légendes – je ne puis en être certain, du fait de la nature lâche de certains êtres humains –, mais il se mit soudain à paniquer. Ne voyant pas tout de la scène, je me laissai silencieusement glisser le long de l'arc. C'est alors que l'homme tomba à genoux, me dévoilant le nouveau visage de la métamorphe...

« Pitié… Ayez… Pitié de moi !
- Que l’au-delà ait pitié de toi plutôt. »


Un geste à la fois sec et fluide, direct et gracieux vient trancher la carotide du tueur, abrégeant ses souffrances et mettant fin à sa terreur. C'est le moment, je ne dois pas la laisser filer.
Je me glisse dans le vide, me réceptionnant sur l'une des sculptures puis me laissant enfin choir sur les pavés de la cathédrale. La hauteur, plus élevée que je ne l'eut imaginé – la chute ne fut pas particulièrement vertigineuse, il ne s'agissait là que d'une de mes rares erreurs de calcul – me vida brusquement les poumons... Erreur. La métamorphe va-t-elle disparaître comme ses congénères? Non. Elle ne fait pas le moindre geste. Ou, plutôt, pas le moindre mouvement qui soit perceptible par un être humain... Et je n'ai rien d'un humain, si ce n'est les principaux traits physiques. Sa main s'est subrepticement glissée sur une de ses lames, prête à planter cette dernière dans la gorge d'une éventuelle menace. J'abaisse ma capuche – un geste visant à inspirer la confiance, d'après mes observations –, révélant mon visage. Un visage des plus banals et discrets, surnaturellement ordinaire. Un fasciés dont seules les pupilles reptiliennes aux teintes d'émeraude viennent troubler la banalité.
Je dois agir... Vite.

« Quel est le sens du mot métamorphe? »

Voici des mois que j'attends de poser cette question... La créature aux visages multiples daignera-t-elle m'éclairer?




Eternel spectateur, je deviendrai acteur au travers de ce mot intemporel et chargé de secrets...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Camille Inaya
Fourbe-Vert
avatar

Nombre de messages : 32
Localisation : Partout et nul part à la fois
Date d'inscription : 08/03/2010

MessageSujet: Re: Souffle mortel [PV Cuervo]   Sam 13 Nov - 19:02

Se retournant vers le bruit du souffle qu’elle avait entendu, elle vit un être humain en train de l’observer. Qu’il ait réussit à atterrir ici, aussi près d’elle sans qu’elle ne le remarque était un fait extraordinaire en soi. Mais puisqu’il avait tout vu de la scène, elle allait devoir l’éliminer. Il avait surement dû voir ses changements de forme. Pourtant, il n’avait pas fui … Camille réfléchit vite. Son cerveau reptilien retourna les données collectés dans tous les sens, analysant, disséquant tous se qu’elle avait observé. Il n’avait pas fui, il venait même de retirer sa capuche de sur sa tête, révélant ses traits banals à la métamorphe. Presque trop banal …

« Quel est le sens du mot métamorphe? »

A peine un haussement de sourcils traduit la surprise ressentit par Camille. Ainsi elle avait vu juste : il était comme elle, à pouvoir prendre n’importe quelle apparence. Un autre métamorphe. C’était tellement rare à rencontrer … Etais-ce le fruit du hasard ? Camille ne croyait pas au hasard. Ni au destin. Tout avait un but. C’était les choix des individus qui faisaient la trame du destin. Et c’était à eux d’influencer ces choix, de faire leur vie comme il l’entendait. Et ne jamais, au grand jamais, laisser les autres décider pour eux. Enfin … Sauf pour les métamorphes. C’était aussi à elle d’en changer le cours. Elle aimait avoir la main mise sur nombre de vie, sur nombre de choix, sur nombre de destinés. Elle avança d’un pas vers l’intrus. Elle prononça d’une voix calme et posée :

-Qu’est-ce qui te ferait dire que tu es en droit de savoir ce secret ? Le mérites-tu ?

Un lent sourire carnassier apparu sur ses lèvres. Elle menait la danse. Comme toujours. Sans plus s’occuper du cadavre derrière elle, qui pourrissait déjà, elle tourna lentement autour du métamorphe qui venait de faire son apparition. Elle voulait le déstabiliser, le forcer à montrer se dont il était capable. Les métamorphes avaient beaucoup de pression sur les épaules. Dès qu’ils avaient un contrat à effectuer, il devait pouvoir garder la tête froide et agir dans la plus grande discrétion, rapidement et sans faire de vague. Il devait rester une caste secrète, privilégié et connu de rare personne pouvant se payer leur service. Elle avait hâte de savoir se qu’il avait dans le ventre. Ou non.

Elle prit un poignard caché dans sa manche, le faisait tournoyer entre ses doigts. Elle avait l’air d’une guerrière montant en campagne. Puissante, destructrice, et ou rien ne pourrait l’arrêter. Raccourcissant les cercles qu’elle faisait dans la Cathédrale, ses pas résonnant pesamment contre les briques centenaires, tel un défi lancé aux créatures de l’ombre qui se tapissait dans la bâtisse. Un jeu d'ombre et lumière vinrent s'ajouter, rendant difficile à suivre la métamorphe : un coup, elle était à droite, dans la lumière de la fenêtre, puis l'instant d'après, elle était invisible, caché par les ténèbres. Puis, les pas s’arrêtèrent : pendant deux secondes, on entendait plus que les respirations des deux protagonistes. Camille était à présent à côté de son acolyte métamorphe. Elle s’était déplacée en un bond, aussi rapidement qu’une panthère. Sans prévenir, elle décocha un formidable coup de coude qui devait atterrir sur le nez du nouvel arrivant. Et aussitôt après, elle était partis, laissant juste une ombre à l’endroit où elle était auparavant. Plus rapide qu’un souffle d’air, aussi précise qu’une flèche d’elfe, Camille était au sommet de son art.

Elle se tint derrière son adversaire, attendant la réponse à son coup d’éclat. Enfin, elle pourrait juger de ses capacités. Et décider si oui ou non, elle devrait livrer ses informations au nouveau venu.


Les secrets se méritent … Sinon, ce ne serait plus des secrets …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Souffle mortel [PV Cuervo]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Souffle mortel [PV Cuervo]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Une promenade [Pv Souffle Mortel]
» Un souffle dans la neige... [Syndrell, Snow]
» Quand le vent souffle, la tempête se déchaîne
» Port-Salut, un vent d’espoir souffle
» Attention faire pipi en étant ivre pour être mortel...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Cendres d'Alésia :: La cathédrale-
Sauter vers: