Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )

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Nathanaël Montefiorre
Ange Gardien
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MessageSujet: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Lun 18 Oct - 19:57

A l’orée d’une journée nouvelle, un ange sortait d’un rêve doux comme la soie.
Un songe d’amour, d’amitié et de paix… Un énième souffle où le monde se transformait en son utopie personnelle. Il aspirait à un univers dépourvu de monstres et où la lumière englobe quiconque la chérit. Un paradis éphémère, le sanctuaire du sommeil.
Un classique chez l’espèce étincelante, un fantasme d’une insolence absolue quand on regarde le monde objectivement. De la féerie dans le cœur, Nathanaël révisa ses draps et s’en alla voir le miroir, l’ami taquin de vos matins… Sous l’impulsion du jour, sa chevelure reflétait un horizon écarlate, une vive couleur rouge et l’emblème d’un luxe opulent. Même les symboles étaient devenus manichéens… Les âmes corrompues voyaient le pourpre comme du vin et l’assimilaient au sang. Sur le visage de l’androgyne s’inscrit une véritable répugnance, la preuve de son dégoût pour ce fluide vitale à une bonne pérennité de notre être.
L’ange sortit sa rapière pour un entraînement solitaire et susceptible de massacrer sa chambre sculptée de marbre laiteux. L’arme mouvait à la vitesse d’un tourbillon et Nathanaël se coupait du monde comme il coupait les flancs de l’atmosphère… Un crescendo symphonique émanait de ce joyau harmonieux et poli par la délicatesse de ces mouvements, une thérapie hypnotique et innocente de sa nature en rechapait. L’acier coupait l’air dans une mélodie grisonnante, dans un mélange écumeux de timbre grave et dramatique…
Un indice à son malaise quotidien. Se lever pour mourir, à quoi bon l’utilité ?
Une question trottinant son esprit, répétant sans cesse le même itinéraire et ne semblant pas se lasser de cette poursuite infinie. Déconcentré par ses pensées houleuses, sa rapière effleura son pelage roux et le soulagea de quelques mèches… Toutes chutèrent lentement et l’androgyne admira les affres de l’inattention. Nathanaël s’empressa de rallier la salle prévue à l’hygiène et scanna son visage, défiguré par un détail pourtant insignifiant… Comme tout ange digne de ce nom, il était narcissique. En bonne et due forme, les vipères vous diront que l’ange corrige son défaut de puissance par le souci de son allure… Une thèse dont l’authenticité se vérifie armes à la main. Justement, un messager sonna à la porte et la nature de ses dires exalta l’androgyne. Une élite guerrière l’avait conviée à une réunion spéciale, une séance où seul le langage du poing serait toléré…
On l’appelait Lilith, un patronyme ravissant.
Toujours ennuyé par sa coiffure décadente, il orna le sommet de son crâne pour dissimuler l’anarchie de son visage. Le superflu s’aplanirait au fil des pirouettes, s’évanouirait si le combat acquérrait une dimension supérieure. Un chapeau volumineux mais une harmonie respectée, il chemina jusqu’à la salle prévue à cet effet. Sa voie croisa celle des nouveaux théaunautes et leurs voix croisèrent le regard de Nathanaël. Les yeux froissés par l’agacement, il les dévisagea sans la moindre vergogne… Il se ravisa ensuite, saluant d’un geste grandiloquent l’assemblée immature.
Arrivé au seuil de la porte, il la poussa doucement afin de ne pas briser la quiétude d’un grincement ostentatoire. Rentré sans faire des vagues, il octroya son souffle bruyant aux méandres du dehors. Apaisé, ses pas oscillaient sur le sol et son enveloppe charnelle ondulait sur les planches d’une bataille alléchante. Nathanaël aperçu son adversaire de dos et connaissant son sinistre surnom, il projeta de faire savoir sa présence par un prélude oratoire.
Il toussota d’une sonorité féminine et se décida à parler.


« Mademoiselle Ankh ? Je viens apporter une réponse favorable à votre demande… Affrontons-nous dans un affrontement amical, ceci pour ne pas déranger cet environnement familial…

La famille, un champ lexical souillant le parler de Nathanaël et navrant nombre de ses frères d’armes… Un désir de trouver un foyer chaleureux et un traumatisme sous-cutané que l’on ne décèlerait pas sous le jeu des apparences. A l’intérieur du masque, on devient conscient de ce mal-être, prenant racine sur la terre racornie d’Alésia. Un traumatisme terrestre et dont l’importance se conjuguerait à l’avenir…
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Lilith Ânkh
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Mar 19 Oct - 21:48

Le vent joue avec de sombres présages. Il danse, amoureux, dans les cheveux noirs de celle qui depuis plus de cinq siècles ne parvint pas à se rappeler une chose que pourtant elle sait primordiale. Il caresse ses joues de marbre, sa bouche entre ouverte sur un horizon qu'elle connait par coeur. Il s'arrête. Ses cheveux retombent doucement sur les épaules de l'ange, voile obscure sur la peau pâle d'une statue qui se dresse vers les cieux, perchée sur le toit du palais blanc. Elle attendait que la Lumière finisse son travail. Oh bien sur que cela ne serait pas pour tout de suite, il faudrait plus de temps. Un temps de plus pour que les cicatrices disparaissent, pour que ses ailes recouvrent leur ancienne beauté. Ses bottes de cuir noir frappèrent un bref instant les ardoises du toit puis le bruit feutré d'un froissement de tissu. Elle avait sautée. Ses vêtements claquèrent au vent. Le bruit sourd de son atterrissage. On se retourna, jetant un bref regard à celle qui se relevait avant de tourner les talons, sans un geste d'excuse pour le trouble qu'elle avait provoquée en tombant ainsi au milieu de ses compatriotes. On ne fit pas de remarque, l'habitude. Il n'était pas rare de voir l'ange aux cheveux de démons se déplacer sans ouvrir ses ailes, pas rare non plus de la voir descendre d'un toit ainsi. On avait finit par ne plus noter cette étrangeté. Une de plus sur le compte de celle qui avait tout perdu de son passé.


On m'a dit un jour que sans passé il n'y avait pas de futur.

Les portes s'ouvrirent sur le passage de l'ange, comme chaque jour depuis des centaines d'années. Elle n'avait pas emmenée Thanatos, il n'était pas convié à cet entrainement. Cela ne pouvait dire qu'une seule chose. Elle allait affronter un autre ange. Ceux qui s'entrainaient ici, la saluèrent d'un bref signe du menton, ils remarquèrent l'absence de la faux qui en temps normal aurait été accrochée au dos de sa maîtresse. Ils comprirent et s'éloignèrent. Cela ne faisait que quelques jours que Lilith avait sentit son corps assez remis pour rejoindre la salle d'entrainement. Elle avait prit son temps, n'avait pas pousser son corps. Il était encore profondément marqué par l'épuisement de sa dernière bataille, son esprit encore douloureusement en deuil. Elle avait perdu un des seuls anges capables de lui tenir tête en combat singulier, pis encore.. elle avait perdu un ami. Sur ses épaules, elle sentait encore parfois le souffle du dernier chef de l'élite angélique. Cela suffisait aujourd'hui. Il était temps que son coeur comme son corps se soignent, définitivement. Aujourd'hui elle avait conviée un ange qu'elle n'avait pas eut le plaisir de rencontrer avant, pourtant on le disait puissant. Elle qui avait passée cette dernière décennie à combattre les plus puissantes créatures de la Citée d'or et des terres abandonnées de l'ancienne Alésia, n'avait pas eut connaissance des troubles qui agitèrent les anges autour de la nomination de ce Nathanaël au grade d'élite. A vrai dire la politique ne l'intéressait pas, c'était une chose qu'elle laissait à la tête bien faite de l'Archange. Elle n'avait été finalement informée du débat qu'une fois qu'il fut clos, qu'importe, voila un ange qui avait la puissance d'un élite. Peut-être accepterait il de l'affronter. Les adversaires se faisaient rares, tous connaissaient sa maîtrise de l'art du combat, tous connaissaient son surnom parmi les démons, tous aussi savaient qu'elle était celle qui tenait tête au génie du jeune Arfeur Ao.


- Mademoiselle Ankh ?

Lilith se surprit à rêvée les yeux grands ouverts. La voix doucement féminine l'avait tirée de ses pensées mélancoliques. La jeune femme aux cinq cents années se retourna vers son nouvel adversaire, voila donc ce Nathanaël dont on lui avait vanté les qualités de combattant. Elle inclina un instant le menton pour toute réponse, un signe en guise de salut tout aussi bien qu'en guise d'acceptation. Oui, Lilith n'était pas reconnue pour être une grande bavarde. Surement trouvait elle que les corps s'exprimaient plus clairement que les langues. Les mots mentent avec trop de facilité, les mouvements ne peuvent que se trahir. Sa main se pose sur la garde d'argent de sa lame. Autour on s'arrête doucement pour se tourner vers les deux adversaires. Pour l'un ce sera l'occasion de savoir si oui on non son corps est guérit après plus d'un mois passé sous les soins de la Lumière, pour l'autre peut-être bien la meilleure façon de montrer à tous qu'il est désormais digne d'intégrer les ranges des Elites. Lilith se met en garde, son visage de marbre impassible, son maintient sans faille.

Loin d'ici, dans les terres de l'Ouest, mon passé jouait comme un enfant.
Savait il, à quel point il me manquait ?
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Nathanaël Montefiorre
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Jeu 21 Oct - 20:01

Lilith ou l’ange de la mort…
Nathanaël balaya la demoiselle d’un regard furtif voire même clandestin. Comme si cette analyse naturelle devenait sacrilège, il plongea ses yeux dans les mirettes constellées de son adversaire. L’androgyne fut ébahi par une si grande beauté, une magnificence qui illuminait la lumière elle-même… Une peau blafarde et une chevelure ébène comme l’âme d’un démon, une dissemblance parfaite qui ennoblissait un mystère toujours plus troublant. Quant à ses courbes, les yeux de Nathanaël glissèrent dessus tant celle ci étaient délicatement ajustés par la cordialité de ses membres… L’exposé charnel était devenu rituel chez l’androgyne, son instance intérieur le lui obligeait et il consentait à obéir à cette conscience parfois pernicieuse. Il scannait les hommes comme les femmes et emmurait le fruit de son travail dans le labyrinthe de ses pensées pour ne pas être dévorer par les scrupules. Aucun désir ne germait de ses prospections, seul l’admiration en découlait.
L’ange aux doigts vernis contre la ténébreuse assassine du mal…
Tous furent séduit par ce duel enivrant dont l’issue était claire comme le cristal, une transparence laissant présager l’ombre d’un miracle. La réputation taciturne de Lilith n’était point la conséquence de rumeurs mensongères. Certes, un talent indéniable lui allouait ce surnom lugubre mais si la vie est agitée d’une bruyance continue, la mort idéalise tout l’inverse. Le silence et la quiétude se trouvent dans le trépas car notre tombeau se fait gardien de nos ultimes cris. Nathanaël scrutait sa belligérante, une statue de chair dans un corps de velours. La présence de Lilith demeurait invisible tellement son inertie éteignait le moindre de ses souffles, la moindre vibration de son âme. Aucune vague n’était palpable tandis que la raison de l’androgyne tourbillonnait dans un océan spirituel. Dès sa prime enfance, on lui enseigna un principe de l’intimidation, une constante universelle et certifiée par son expérience.

Il faut se méfier de l’eau qui dort car c’est le sommeil de l’impassible qui défie…

Les spectateurs marmonnaient un soupir de louange, un éloge à une patience lourde et ancrée sur ses frêles épaules. Ils désiraient un concert solennel où Lilith serait le chef d’orchestre et l’androgyne, le soliste déclaré prompt à suivre une symphonie d’envolée martiale… Ils croiseraient le fer dans un fracas de tonnerre tumultueux dont l’intensité culminerait au-delà des cieux. La pression accaparait l’être à la chevelure flamboyante et la maîtresse de ses craintes l’empêcheraient d’enflammer la salle. Prisées par des réflexions pessimistes, il crucifia ses maux dans les limbes souterraines de son tempérament ardent… Nathanaël s’oublia et fit une large révérence à la brune au teint pâle. Un acte en guise de courtoisie et témoin d’une grâce disproportionné. Les autres anges voyaient sa tête incurvée au devant des pires créatures, les démons et les vampires pour qui la politesse était disgrâce. Une situation burlesque et engendrée par le respect hyperbolique de la rousse.
Le combat s’apprêtait à débuter et il croyait en la véracité de ses chances de réussite. En revanche, la force pure ne garnissait pas les combattants de la même teneur. L’un voyait son enceinte corporelle de jade alors que le second enviait la résistance d’une maison de paille… La ruse, l’emblème de la lâcheté chez certains, seraient l’atout principal de Nathanaël et il dévisagerait toutes critiques proférer à son égard. Il clouerait son regard dans les profanateurs et les châtierait si le mérite sort de sa tanière d’hypocrisie. Car les reproches hibernent durant l’hiver de la vengeance.
Un simple bout de ficelle serait l’artifice de sa première stratégie. L’androgyne enfourna son sabre dans le parterre et s’en servit comme trampoline… Il sauta majestueusement, ses plumes roses coloriant la salle d’une ambiance sensuelle, et son pied ceinturé par la corde, la rapière revint dans les mains de son détenteur. Il concentra une sphère de lumière en ayant au préalable prononcer la formule adéquate :


" Dévore le jour et devient Soleil... "

Le globe scintillant dans ses doigts, il fut expédié sur Lilith d’un coup d’épée. Grâce à sa chute du haut de ce promontoire invisible, l’attaque gagna en vitesse et en puissance mais déséquilibra nettement le roux, plein d’espoir quant au triomphe de sa manœuvre…

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Lilith Ânkh
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Mer 10 Nov - 4:25

Quel bel oiseau passe en ce ciel si gris.

Un velour rose glisse dans un frémissement d'air au dessus des mers glacées du regard de l'Ange perdue dans la paume du destin. Que fait elle à regarder ainsi en l'air ? Qu'essayait elle de se rappeler, de chercher parmi les méandres lilas ? Un visage du passé depuis plus de cinq siècles oublié, enterré.


Dis moi.. si tu es mort, pourquoi souffles-tu toujours si fort sur ma nuque ?

Puis le passé anonyme fut chasser par le brusque souvenir d'un homme, qu'elle avait portée sur son dos, qu'elle avait accompagnée jusqu'à ce qu'il s'évanouisse dans l'éther. Lui aussi faisait partit de ses souvenirs.. que la Lumière lui pardonne.. que ce souvenir ci était lourd à porter. Quelque chose brilla dans le gouffre azuré de deux perles océaniques, se refléta sur la sphère lumineuse qui fonçait droit sur la mélancolie qui s'était épanouit sans effort, engourdissant l'esprit de l'Ange de la mort. Ce n'était pas dans ses habitudes que de se laisser ainsi dépassée par sa mémoire trop emplit de bien des tristes sorts. Elle avait toujours su garder un contrôle impeccable sur cette masse sombre de souvenirs entremêlés. La mort d'Ao avait été de trop semble t-il. On appel ça.. une goute qui fait déborder le vase ? Un rictus effleura les lèvres de la statue de chaire immobile alors que l'impact était inévitable. Le murmure d'un sourire vint s'éprendre de ses lèvres, Arfeur se serait moqué d'elle, une goute d'eau, un vase ? Pas de quoi ébranler la confiance d'un ange de la mort non ? C'était certain.. il l'aurait cherché pendant des semaines avec pareille réflexion.

Lilith ferme les yeux, vraiment.. elle n'était pas raisonnable. Le souffle de la sphère ébouriffe ses cheveux et brusquement le son feutré d'une griffe qu'un chat dégaine, le choc sourd d'un amas de magie contre un objet qui lui résiste. Une canine mord sa lèvre inférieur alors que l'ange oppose sa lame au sort, des fils d'ébène dansent autour de son visage, malmenée par les rafales d'énergie la chevelure noire cherche un échappatoire vers les hauteurs. Ses épaules se crispent, ses ailes s'ouvrent brutalement. Et dans le nuage de poussière qui s'élève alors faiblit la lumière, la sphère rétrécit, s'essouffle contre la griffe d'argent et d'acier. La poussière retombe pourtant, un nuage de cendre s'étale, immense. Les ailes dépliées de Lilith dessinent une ombre funeste sur le terrain d'entrainement, les couleurs on disparu, le monde de l'ange de la mort ne connait pas la gaieté des teintes chatoyantes, tout est nuance de gris. L'obscurité s'avance jusqu'à l'ombre de l'androgyne, la dévore. La lumière s'éteint, elle rend sa dernière décharge d'énergie contre la lame implacable de Lilith. Il ne semble pas y avoir trace de fatigue, d'éreintement sur le visage de la jeune femme.. pourtant il ne faudrait pas s'y tromper, la force de cette sphère l'a fait reculée de plusieurs mètres. La trainée laissée par l'affrontement est profonde, si il n'y a nul marque ce n'est pas qu'elles sont inexistantes.

Elle redresse le dos qui s'était vouté sous la violence de l'effort demandé, adresse un bref hochement de menton pour féliciter son adversaire, c'était un magnifique coup. Une habile manière d'amplifier la puissance et la portée d'une attaque très joliment ajusté. Dans une bourrasque de vent, Lilith s'éleva, une jambe légèrement repliée, elle observait son adversaire. Son dernier sort l'avait déséquilibré mais elle avait mit du temps à rompre cette sphère de lumière et s'était remarquablement éloignée, il serait bientôt rétablit.. A moins qu'elle n'utilise les mêmes arguments que lui. Les lèvres pales s'entre ouvrent, laissent comme négligemment échapper l'incantation.


- "Soit vif comme le vent, précis comme l'aigle et puissant.. comme le Ciel."

L'ombre disparue, un bref instant prise de vitesse puis soudain elle revint se peindre sur le visage de l'ange aux ailes de soie rose. Un éclat argenté se refléta dans les pupilles de l'ange. Rapide, terriblement rapide. Ils se séparent, comme de vieux amis qui se disent adieux, si nombreux à partir, si brusquement. Eux, cheveux d'ambre rougeoyants ils entamaient leur dernière danse dans ses airs troublés, ils chutaient inexorablement vers le sol d'encre grise. Fauchés. On ne se demande que peu de fois pourquoi on a offert un si terrifiant surnom à l'ange aux yeux de glace. Thanatos, la faux qui l'accompagne dans les campagnes sanglantes serait bien aise de voir que sa maîtresse ne fauche que des cheveux sans son aide. Mais Thanatos est téméraire et va bien trop vite en conclusion, Lilith contrairement à lui n'avait aucune envie de prendre la vie de cet ange, premier depuis la disparition de son ami Ao à la surprendre dans un combat. Elle voulait seulement lui signifier qu'il n'avait point besoin de se retenir, surement pas, elle avait besoin de trouver un adversaire qui lui mène la vie dure, pour savoir enfin.. si elle avait retrouvée toute sa puissance. Oh biensur il avait eut l'air sérieux, quand bien même, elle attendait qu'il donne le meilleur de lui même.

Les cendres valsent autour de la silhouette si trompeusement fragile de l'ange de la mort. Elles ne connaissent rien d'autre que le malheur, elles ne connaissent rien d'autre que la douleur et ce besoin, irrépressible, de puissance.


Pour le retrouver. Lui.
Ce passé sans visage qui souffle entre les plumes grises comme un air de rédemption.


Dernière édition par Lilith Ânkh le Ven 21 Jan - 5:25, édité 2 fois
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Nathanaël Montefiorre
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Ven 12 Nov - 20:15

L’androgyne chevauchait l’air, cette jument herculéenne qui noyait les hommes de sa présence et de ses lois physiquement reconnues. Entre ciel et terre, le roux s’agrippait aux étriers de ce fluide incolore et par la force de ses frêles ligaments, il y crochetait ses membres pour ne pas prétendre à une chute lourde de conséquences…

La matière tellurique devenait pieu, l’océan aérien devenait crucifix.

Ce bref duel fut auréolé d’un panache sucré, d'une éxaltation euphorique. Mais son ambition brûlait dans les yeux de ses belligérants, embarqués dans le même carrosse et jouant éperdument leurs vies comme on peut guerroyer aux jeux de cartes. Une distraction cartésienne pour des immortels insouciants du temps et maîtres de leurs espaces… L’astre aux yeux saphir exécuta une parade enchanteresse où grâce, souplesse et force s’alliaient dans cette chair glacialement cousue mais ignée par les affres d’une vie cauchemardesque. Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Nathanaël, ravit de sa concubine martiale… Sous ces traits obscurs et un entendement acuminé tel une pique éperonnée par le sang, Lilith pourrait être la reine des cœurs, un charme ravageur dans une enveloppe cacheté par une pudeur extrême. Loin de vouloir plaire à tout le monde, elle se savait discrète et se cantonnait à l’être. Un fourvoiement moral serait décadence chez une telle personne. Lilith, de sa cruauté parfois torride et implacable, faisait saliver les démons à qui elle arrachait, de leurs langues fourchues, les derniers cris, leurs dernières exhalaisons de maléfice. Et s’il oyait ces clameurs ronflantes et fendant la quiétude de leurs horreurs, le roux n’avait pas encore entendu le tonème angélique de sa dulcinée soldatesque… Lors de quelques descriptions laudatives, on le lui avait mentionné une faux longiligne par sa nature et allongé pour des raisons inconnues. Une relation dantesque unissait la femme à son arme et la curiosité du roux mise en abîme, il désirait voir le mâle de ce couple, le couple d’un mal-être.

Pourquoi diable ne l’avait-elle pas prit sous ses ailes ? Etait-ce par un souci d’équité combative ?


Voilà ce qu’il retint d’un tel raisonnement. Avant d’engager les hostilités, l’ange de la mort ôta tous les jokers de sa pioche et les plaça dans la pile de défausse, congédiant une puissance acquise au détriment d’un demi-millénaire de souffrance… Elle envoyait ses atouts dans les donjons de la facilité, n’en déplaise à certains. Mais en tout bon tout honneur, l’androgyne en résulta agacé, prêt à illustrer sa valeur à une âme que jamais il n’aurait cru condescendante.
D’un geste brutal, il ôta l’étoffe qui servait de rondache à une coiffure indigne d’être qualifié. Son chapeau chuta délicatement sur la poussière cendrée, un bruit déjà trop blasphématoire pour ce silence d’acier où tous les spectateurs étaient d’argile, les rares commentaires impies. Empreint de courtoisie et d’ordonnance, il se raidit à l’entente d’un murmure mystique, un chuchotement inaudible quand votre fer a croisé les elfes sans que leurs mœurs ne vous éclaboussent… Un éclair fissura limpidement le royaume des airs, cela sans que le tonnerre récite, sous une aubade poétiquement brutale, un chant à la gloire de la déconvenue du roux. Seuls le regard azuréen de Lilith avait mouvée, ses yeux poignants enfoncés dans une insistance malingre. Nathanaël ne daigna chanceler. Non pas par un surplus d’insolence ou une méprise quant à la nature de sa propre puissance… Non. Lilith l’avait tout simplement rétrogradé au rang d’un spectateur impuissant à la défaveur des évènements. Toutes ses conclusion hâtives avaient volées en éclat comme une vitre se disloquerait sous l’impulsion d’une déflagration magique. Trop précoces, elles n’avaient pas eu le temps de germer comme il se doit, que leurs feuilles couvrent les glèbes de la raison d’une ombre maligne ; et avaient succombés dans l’œuf. Si deux ou trois épis cramoisis eurent connu le trépas, ils auraient pu en être tout autant de l’un de ces organes faciaux… Une arcade, une oreille, un œil ou même la jugulaire. Nathanaël était passé à cinq centimètres de la mort, d’une seconde mort, une occurrence non-négligeable qui lors de cet entraînement, lui livra le souhait d’abandonner.

A quoi bon mourir pour seulement progresser ?

Seulement, l’abandon était le décès de votre honneur et aucune sépulture décente n’était accordée aux lâches, priant l’aide du ciel pour ne pas retourner à la terre… Assit à la pointe d’un dilemme, la conscience de la rousse souffrait. Il hésitait à choisir une énième voie où son aventure cheminerait sans trébucher… Une avenue qu’il gravirait en se mordant la langue s’il souffrirait, la poussière s’il se révélait trop faible, les doigts s’il mourait sans avoir pu bâtir l’utopie qui anime le moindre de ses souffles. Nathanaël songeait maintenant à l’ange gardien qui avait veillé sur lui au cours de sa vie terrestre, sa vie futile et étiolée par la noirceur de toute une race. Shekil lui aurait collé une bonne trempe derrière la tête, lui remontant les bretelles et le moral. Cette simple vision réconforta l’ange qui, à un moment donné, parut aussi fragile qu’une larve toute flasque… Face à cette allégorie de la scotopie, qui aurait pu lui jeter la pierre ?

La chenille devint papillon, déployant ses élytres et acquiesçant à la mise en garde de Lilith.
L’androgyne irisa l’assemblée de son corps d’arc-en-ciel, baignant dans un tunnel de lumière et expirant une aura colorée… Il vidangea la salle de cette ambiance grisâtre et transvasa ses craintes dans une jarre pleine d’espoir. Sans prononcer le moindre mot, il se projeta tout droit, le cœur clos par le sceau de la détermination et les yeux ouverts par le pragmatisme. Arrivé face à Lilith, Nathanaël propulsa le tranchant de sa main gauche, une attaque furtive et acérée, en direction de l’ange de la mort. Calculant une brise-garde réussite, il enchaîna avec une kyrielle de frappes, un coup aussi atypique que sa chevelure atteinte d’un dégradé non-exhaustif. La lanière de son sabre toujours attachée à son poignet, il les remua habilement et une spirale de fonte se dirigea sur Lilith…


Une myriade de coup déconfite de puissance mais animée d’une célérité inhabituelle.


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Lilith Ânkh
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Sam 27 Nov - 20:03

Le satin se déchire. Dans le marbre une faille cherche à s'élargir. Trop de couleur pour la bichromie saillant à l'ange de la mort. Une tornade lui aurait été plus aisée à comprendre que cette myriade de couleurs singulières. Comment pouvait on se parer de tant de teintes et garder un semblant de réalisme ? Ce monde ne connait pas la couleur. Il ne connait que l'Ombre et la Lumière, l'Obscurité d'un trépas dans les profondeurs ou l'Aube d'une rédemption parmi les cieux. L'entre-deux n'existe pas. Il n'y a pas d'autre gris que celui des cendres et ce n'est pas un milieu, cela appartient à l'Ombre. Les couleurs et leurs nuances ne sont qu'illusions passagères, à peine laissent elles le goût sucré d'un rêve que déjà elles vous quitte. A peine l'illusion d'un amour et au réveil rien de plus qu'un abandon. Etrange.. comme une impression de déjà vu dans ce cerveau par trop de fois sommer d'oublier. Il n'y a pas de couleur au néant, il n'y a pas de couleur à mettre dans les yeux de l'oubli. Lilith chancèle, est ce donc la danse des lames qui hypnose ainsi ses yeux, ou bien leur chant qui viennent trouver résonance dans son esprit déchiré ? Pourquoi cette impression de se rapprocher de quelque chose d'intouchable alors que ses pensées divaguent sur les couleurs et les ombres ? Qui y a t-il donc avec elle qui ne va plus, est-ce ses blessures qui ne sont pas encore guéries qui tiraillent ainsi ses entrailles ?

Encore une fois elle se trompe. Comme toujours elle n'envisage pas la bonne voie à son raisonnement et alors qu'elle pense aux blessures de son corps, des blessures d'une dernière batailles encore visibles sur ses ailes, encore rouges sur son ventre.. Elle ne sent pas, que les entailles qui la cuisent sont bien plus anciennes, bien plus profondes. Alors elle se perd, ne voit aucune lumière, elle s'oublie et se reprend, se laisse guider par sa lame plus que par son coeur. Elle est ange de mort. La mort n'a pas de passé. Non plus d'avenir. Elle est là, désespérée, déchirée, pas cruelle, pas vengeresse. Elle est juste là. Elle ne connait pas la faim, elle ne connait pas la peur, c'est une formidable guerrière et une piètre vivante. Lilith.. la côtoie certainement un peu trop. L'ange de cendre esquive les coups mais son esprit se rebelle, il n'a que faire de son combat. Cela fait plus de cinq cents ans qu'il essaye de se rappeler, aujourd'hui il est si prêt.. Le tranchant d'une main l'atteint en plein abdomen, un autre s'écrase sur sa clavicule gauche. Sa lame agit seule, elle dévie les coups de l'épée adverse mais sa maîtresse est absente. Si elle résiste si bien c'est bien plus grâce aux effets bénéfiques du sort lancé précédemment qu'à ses propres facultés. Son esprit refuse de revenir à la réalité, il fouille en elle. Il est là. Lui et son sourire. Lui et ses larmes. Pourquoi regarde t-il ainsi vers le sol ? Son passé a t-il été si terrible ? Son âme s'est damnée. Est ce un homme qu'elle doit aider ? .. ou tuer.

Une flèche traverse sa conscience, vient se planter dans son coeur. Sa main lâche l'épée d'argent, ses ailes s'ouvrent avec violence, la projette en arrière pour éviter les coups de Nathanaël. Lilith n'est plus là. Non, si son corps réagit encore ce n'est que par la seule habitude du combat. Lilith n'est plus là.. elle s'est perdue, les yeux grands ouverts, le saphir de ses pupilles avalé par la lumière toujours douloureuse de la révélation. Pourquoi ne s'en est elle pas aperçut avant ? C'était là.. comme une gigantesque statue de pierre sur un ilot. Ridiculement visible.. Lui. Celui qu'elle devait tuer. Son front rejeté en arrière, ses yeux inertes, le corps de Lilith alla se cogner contre un mur du palais blanc. Son coeur se réchauffait alors qu'un flot d'émotion remontait à ses lèvres. Elle brûlait. De toutes ses années oubliées, de ses sentiments intenses, des flammes qui avaient fait sa mort. Elle se laissait incendier une nouvelle fois sur un bûcher de souvenirs. Ils léchaient ses épaules, embrasaient tout ce qu'ils touchaient. Etrangement, ce fut quelque chose de froid qui rappela Lilith au présent alors que le bleu de ses yeux commençait à se noyer
.

* Désolé.. partenaire. *

Sans comprendre les paroles de cette vois familière, la douce rêveuse sentit la glace se répandre dans ses veines, souffler les flammes joyeuses qui venaient de naître en son sein. En un instant, le brasier fut disperser, le feu de joie se transforma en statue de glace et les portes se refermèrent sur les souvenirs de son si précieux passé. Les souvenirs furent à nouveau emprisonner. Les doigts blancs se refermèrent sur le manche de Thanatos. Si elle avait pu se souvenir quelques secondes plus tard, que c'était lui qui venait de lui voler ce que son esprit avait tant chercher depuis des siècles.. Surement l'aurait elle détruit. Mais elle ne se souviendrait pas. Ni de son passé si fugitivement retrouver, ni de sa malédiction, ni de sa révélation. Tout cela était sans doute triste, cruel peut-être, c'était.. ainsi. Thanatos, Faux de Malheur ne s'était jamais fait d'illusion là dessus.

* Yo.. Partenaire ! Il serait peut-être l'heure de te bouger les miches. Tu pensais tout de même pas me laisser sur la touche ! *

Lilith se redresse, elle ne sent pas l'esprit de la faux quitter doucement son monde intérieur. Elle ne comprend pas, pourquoi donc avait elle atterrit là ? Etait ce vraiment de la faute de cet ange ? Son regard remonte jusqu'au visage de Nathanaël, l'avait-elle sous-estimer ? Très bien, ce ne serait plus le cas. Sa main se resserra sur le manche de sa faux. Il voulait voir de quoi était capable l'ange de la mort non ? Il était venu pour cela, comme tout ceux qui regardait le spectacle. Son esprit est à nouveau et pleinement avec son corps. Absorbée par sa prochaine attaque, Lilith en oublie même de se demander ce que faisait son arme là, dans le Palais blanc, alors qu'elle ne l'avait pas conviée à cet entrainement.

* Donnons en leur pour leur argent ! *

Elle se dresse, si longue, si tranchante, elle fait rayonner sa noirceur, cette faux qui trace seule sa légende. Le tableau n'est il pas parfait ? N'est pas la noirceur qui scie à la mort que cette chevelure d'ében, ses ailes maussades et cette arme terrifiante ? Si biensur. Contre un ange de couleur.. il ne pouvait pas y avoir meilleur adversaire. Ses bottes de cuir frappèrent le sol. Elle était partie. Fusant, aile repliée comme celle d'un faucon pèlerin plongeant sur sa proie, elles lui assuraient une vitesse inégalable en évitant à son corps la pesanteur qui alourdirait sa course. Lilith ne se rend pas compte.. encore et encore.. elle se trompe de combat et d'adversaire. Thanatos est joyeux, est ce parce qu'il à une réelle emprise sur sa maîtresse ou bien parce qu'elle est toujours aussi magnifique lorsqu'elle l'utilise lui l'objet de mort ? Nul ne saurait le dire.. pas même lui. Trop excité à l'idée de mettre à terre cet angelot. A peine arrivée à porté, Lilith incurve brusquement sa course, fait un tour sur elle même. La faux fend les airs, marque une courbe scintillante autour de sa maîtresse et.. tranche. Il n'est pas satisfait, il ne goûte pas au sang de l'ange, juste à cette lanière, du cuir ? Il pouvait bien se vanter d'avoir de l'emprise sur sa maîtresse, en combat.. elle restait la seule à décider de ses mouvements. Ce lien. Celui qui reliait le poignet de l'ange androgyne à sa lame.

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Nathanaël Montefiorre
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Ven 3 Déc - 0:25

A corps perdu, Nathanaël s’était engouffré dans les griffes de son adversaire. Et de crainte qu’un étau de magie ne se referme sur lui, il précipita ses attaques, négligeant la force pour détoner de vitesse… La sécurité au détriment de l’efficacité, jamais un artiste ne se hâte pour peindre un chef-d’œuvre. Jamais un joaillier n’enfile les perles de son chapelet comme un ivrogne s’enfile des bières… Il fallait faire preuve de finesse quand les circonstances l’exigeaient, ne plus réfléchir quand ces dernières s’adonnaient au drame.

Mais nous n’en étions pas encore là. Le spectacle était divertissant, presque tragique. Pas assez pour décocher quelques larmes des iris écarquillés des spectateurs. Chacun avait son favori, encourageait son poulain auquel il avait attaché toute sa confiance.
Durant cette croisade éphémère, Lilith sembla absente, absorbée par le néant de ses idées, l’abysse de ses problèmes… Comme si l’esprit avait pris congé de son corps et s’était enfuit dans les tréfonds du passé. Nathanaël ne retint pas ses coups pour autant, comblant chaque faille par un élan de précision. Amalgamé avec sa gracieuse agilité, cet assaut se révéla effroyable pour la belle demoiselle. Sa lame pleuvait sur sa victime, ses paumes s’épanouissaient sur ladite. Il ne touchait pas l’air, oubliant la terre pour léviter entre deux univers… Intangible, il était vraisemblablement intangible. Cette subtilité gestuelle aurait rendu vertes les plus grandes ballerines… Mais au beau milieu de cette franche offensive, un détail captiva l’attention du roux et lui fit inhaler nombres de questions… Si bien qu’il s’étouffa avec, happé par la tentation d’y réfléchir. Décidément, plus les minutes couraient sur l’horloge lassée de la sempiternelle ronde, plus elle en devenait intéressante. Ce petit brin de femme laissait notre ange perplexe. Le mécanisme de défense, exercé par Lilith ou le spectre la secondant, témoignait d’une maîtrise robotique, d’un engrenage huilé par l’expérience… Même avalée par le trou noir de la mélancolie, seuls quelques égratignures accostèrent son corps blême. Délicatement rehaussée par un filet de sang pourpre, devenu rose quand l’arsenal lumineux le perça de lumière. Une lumière qui décela sur le front de l’ange androgyne, une goutte de sueur perlant sur son front et ruisselant sur sa joue. Il était en pleine forme, débordant d’énergie et d’une animosité purement amicale… Un simple corps ne suffisait plus à emprisonner cette chaleur euphorique qui à elle seule, ferait fondre la froideur des plus infâmes vampires, réveillerait les morts de tout un monde. Oui, il adorait ce combat, de légères vibrations chatouillant ces côtes, de légers frissons de joie cavalant sur son échine. Un véritable bouleversement s’était opéré en lui. Comme le certifiait ses prunelles d’ambre, cambrés sur l’arène blanche et fustigeant avec amour son adversaire du jour. Nathanaël croyait en lui comme il croyait en l’ange de la mort… A un tel point, que quand elle se parachuta violemment sur la façade opposée, il pria le ciel qu’elle en sorte indemne. Souhaiter du bien à son adversaire… Pathétique mais conforme à l’éthique du roux.

Une lueur se mouvait dans l’étendue blanche, irrigué par la lumière tel une veine alimentée par l’essence écarlate. Un reflet d’acier qui capturait Lilith et déboussolait ce regard nacré de saphir. Cette faux, c’était l’arme… Ou plutôt, c’était lui. Le compagnon de Lilith si on en croit sa façon de le porter à ses côtés… Une fermeté indolente qui traduisait une complicité dénudée de limites, une relation plus intime qu’on pourrait le croire. L’androgyne les épiait minutieusement. Tel un bambin regardant dans le trou de la serrure, il s’interrogeait sur ce silence que tout le monde respectait avec une ferveur digne des obsèques d’un monarque… Etait-ce si passionnant ? Non, inquiétant…
La rousse avait vu les gorges se nouer quand l’acier, décemment trempé par les meilleurs orfèvres, murmura un scintillement équivoque. A cause de ce torrent intempestif de pensées, il semblait à Nathanaël que ce simple duel durait depuis de s lustres. Ce n’était qu’impression, une paranoïa propre aux immortels. Un point commun entre les émissaires de l’ombre et les messies de la lumière. Jadis flottante et évasive, la concentration de Lilith était à son apogée depuis qu’elle s’était entichée de ce bout de ferraille… La phase d’observation venait de s’achever. Tous deux connaissaient la nature vraie de l’autre et détenaient des renseignements adéquats à la victoire. La partie la plus intéressante commença…
Pour Lilith, faire exploser son potentiel était chose aisée. Mais pour Nathanaël…La tâche s’avérait ardue. Ce qu’il comprit au départ de la guerrière ailée, un frétillement sonore et une course furtive, une chevauché grandiose. Dans cet espace angélique, elle s’était déplacée mieux qu’une comète ne l’aurait fait… Impossible de la suivre d’un simple coup d’œil, aucune couleur ne suinta de ce raid aérien. D’une démarche osque, sa trajectoire se tordit légèrement. L’ange de la mort s'écrivit sur le regard de Nathanaël en italique…
Si vite, elle bougea si vite qu’un unique grain d’or eut le temps de toucher le pont inférieur du sablier. Il s’écrasa brutalement, un halo de poussière se soulevant à son arrivée. Une révérence en guise d’admiration, le roux s’employa à la faire. Tel un enfant glissant sur un toboggan, ses yeux topaze glissaient sur son adversaire. Et récidivant sans cesse, il ne s’ennuyait pas de la regarder… Ses cheveux virevoltaient encore, sa robe était lisse comme la glace. Mais il dépérit surplace quand il dévisagea cette maudite faux… Il aurait pu sauver sa bien-aimée sangle toute velue de cuir. Nathanaël aurait pu parer ce coup mais étrangement, il n’y sentit aucune férocité… Abaissé sa lame put être une chose facile, quand bien-même le besoin ne se présentait pas.
Il passa maintenant sa main dans ses cheveux, ôtant l’élastique qui les juchaient sur sa tête. Une cascade de feu fondit sur sa nuque dans un bruissement aussi doux qu’une cavalcade d’hirondelles printanières. Machinalement, il attacha son poignet à sa rapière… De quelques pirouettes trépidantes à vivre, l’androgyne retourna à la terre ferme. Soufflant cette frange incongrue d’une manière très féminine, il s’adressa à Lilith d’une voix plus aigue…


« Pour rien au monde je ne salirais ce divin endroit… Même par une chaîne angélique, d’aucune façon nous devons le souiller.

Il n’escomptait aucune réponse, seulement un geste d’approbation, un sourire… Voir sa maxillaire se dégrafer aurait été pour Nathanaël, un présent égal au transport du succès. Mais à trop courir le fleuve éteint, on finit par se faire noyer par la moindre vague… Il en était parfaitement conscient, éveillé pour se battre et non pour chasser la bagatelle.
Pour régir cette mèche décidément récalcitrante à l’autorité, le roux agita ses doigts pour la faire déguerpir… Et il les laissa planer sur le devant de ses orbites, ses yeux submergés par l’ombre pendant de longs instants.


" Celui qui fascine le regard aveugle de sa lumière... "

Nathanaël mira l’ange de la mort d’un regard fugace, une écharpe lumineuse s’extirpant du roux et englobant la salle. Il espérait l’aveugler temporairement, jugeant préférable d’y croire… Car sans le triomphe de cette manœuvre, il s’exposait à une riposte sanglante.

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Lilith Ânkh
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Mer 8 Déc - 3:49

Tous admirent le paon. Alors les oiseaux disent:
"Mais regarder ses pattes, et écouter sa voix !"



[Proverbe japonais]



Nul doute que l'ange androgyne était un paon. Mais il n'y avait ici pas un seul oiseau pour s'indigner que tous n'ai d'yeux que pour ses couleurs chatoyantes. D'une part les yeux de l'assemblée étaient tout à fait ravis, et d'autre part.. ce paon là avait de bien belles pattes. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était occupée d'analyser un homme selon le charme de son corps mais pour un paon était ce possible de se défaire d'une telle observation ? Les perles d'azur comme soudain enflammées de curiosité se posèrent sur l'ange à la manière de main furtives, caressant par endroit, effleurant par moment. Elle ne s'en cacha pas. Nul mensonge n'a droit de ternir l'éclat de la face de l'amnésique. Finement taillé, le visage ciselé avec grâce, il avait cette délicatesse qui est souvent complimenté aux femmes et qui sied si bien aux hommes. Oh, cet homme là n'était pas innocent à sa propre beauté. Tout était à l'image de son visage, ses vêtements distingués, ses cheveux soyeux, il aurait bien pu se farder que cela n'aurait pas surpris ni dénoté. Il avait de l'allure, une allure d'ange. Ses cheveux, ses ailes, ses manières, il transpirait la lumière. Il ne voulait point gâcher le sol. C'était à son image. Ne pas faire de vague, respecter la pureté là où elle se trouve encore.

Cela.. fit sourire l'ange de la mort. Doucement, l'oiseau se posa sur les lèvres de la glaciale Lilith, comme un phénix qui attendait patiemment sa lente renaissance il s'extasie sur les lèvres tendres qui ne se laissent ainsi mouvoir que si rarement. Ce combat, lui plaisait. Elle le regarda encore se débattre avec ses cheveux de lave. Vraiment cela lui allait bien. Elle se serait presque arrêter un instant pour le regarder faire quelques pirouettes dans les airs. Ses ailes à elles seules étaient un spectacle distrayant. Mais enfin.. il rompit ce bref moment de joyeuse observation. Ses doigts devant ses yeux, criaient trop fort pour que l'ange soit sourde. Pourtant sa protection fut hâtive et partielle. Thanatos s'interposa. Son éclat contre le flash. Sa lame comme miroir. Il dévia une partie du sort et se retira. Il laissait sa maîtresse sans protection. La poigne de fer de Lilith lui intimant l'ordre de passer à l'arrière pour le moment. Prendre de la vitesse. Arriver avant que la lumière ne se dissolve. Avant.. que le paon ne voit à travers la lumière.

L'hirondelle file. Elle rase le sol. Amène la pluie sur son adversaire. Thanatos qui s'était rétracté se tend à nouveau, décrit un cercle.. large. Trop large. Lilith tient sa faux par l'extrémité de sa hampe, faisant preuve d'autant de force que de dextérité. Ses cheveux noirs sifflent. Ses pas frissonnent, à quelques centimètres du sol. Ses ailes battent une dernière fois. Thanatos chante. La lumière.. se dissout. Un murmure s'élève dans la salle. Le rappelle d'air glisse quelques mèches d'ébène dans la crinière flamboyante. Elle le sent, sur son visage, le souffle de l'homme prit entre ses griffes. Thanatos ricane en silence. La courbe ridiculement large qu'il décrivit plus tôt l'amenait là, dans le dos de l'ange androgyne. Le manche coule naturellement entre les doigts de la fée de mort, la lame courbe de Thanatos se rapproche un peu plus, mordille tendrement les habits de Nathanaël. Si longue la griffe entoure funestement la taille de l'homme. Lilith ne sourit pas. Cette rapidité d'action, elle l'avait payée. De sa vue. Si elle s'était protégée de l'attaque de Nathanaël, la Lumière aurait disparut et elle n'aurait jamais pu le surprendre ainsi. De plus.. cela ne suffisait pas. Elle avait réussit à se diriger vers lui grâce à sa précédente observation, elle l'avait tant détaillé que sa position dans l'espace avait été naturellement mémorisée. Ce serait différent dès qu'il bougerait. Elle était handicapée et le coup qu'elle venait d'exécuter loin d'être réalisable par deux fois sur le même adversaire.

* On le coupe en deux ! *

Aussi délicat qu'à son habitude, Thanatos n'en est pas moins sérieux. Heureusement, Lilith a autre chose en tête. Elle pose son front contre celui du jeune homme. Cet fois ce n'est pas un murmure mais un frisson qui parcours l'assemblée, jamais on avait vu Lilith, Dame de glace, aussi proche d'un quelconque individu. Même les plus anciens des anges. Les corps auraient pu se toucher mais il est une poitrine que ne se souleva pas et qui laissa un espace déjà trop étroit à la réputation glaciale de sa maîtresse. Nul ne peut se vanter d'avoir été assez proche pour toucher le visage de la belle oh combien ténébreuse, n'est pas né celui qui aura droit à plus. Thanatos se crispe, ça non, n'est pas né celui qui sera plus proche que lui de l'ange de la mort. Seules les âmes errantes avaient droit à ses bras, et c'était déjà bien assez. Lilith elle, se contre fiche bien d'émouvoir son publique. Ses paupières s'ouvrent brusquement alors la lame de Thanatos entame suffisamment les vêtements de l'ange pour mordre sa peau. C'est à ce moment précis, juste après que la légère douleur se soit répandue et alors qu'elle commence à s'apaiser que les lèvres pâle s'ouvrirent. Les mots qui tombèrent alors, furent rapides et précis.

- " Tu ne jouiras désormais plus que de la lumière, de ma lumière. "

Tout avait conduit là. Elle qui détestait ce sort, avait tout fait pour qu'il frappe avec puissance. La douleur. Le contact. Le rapprochement nécessaire pour être certaine que son regard saisirait celui de l'homme. Aurait il pu s'en douter ? Elle même avait du s'y résoudre avec un dégout certain. L'ange de la mort n'était pas adepte de ce genre de sort, bien trop cruel à son sens. Mais enfin.. elle s'était promis de se battre sérieusement. Dans un combat sérieux on ne laisse pas ce genre de ressentiment prendre le dessus. Cependant, sans pouvoir s'assurer de l'effet de son sort, l'ange aux cheveux d'ombre rétracte sa griffe et s'éloigne par quelques bonds assistés de ses ailes déployées. Thanatos se moque de l'aveugle et se place devant elle. Jamais, pas même après avoir infliger le plus grand des plaisirs, l'ange de mort de baisse sa garde. Une habitude pour la femme qui s'est vue abandonner sur l'autel de l'amour. Qu'il était flamboyant.. lui aussi.



Dernière édition par Lilith Ânkh le Ven 21 Jan - 5:25, édité 1 fois
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Nathanaël Montefiorre
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Mer 15 Déc - 0:02

On dit que les yeux sont la fenêtre de l’âme…

Un proverbe écrit quand on croyait encore à la science des étoiles, que l’on lui prêtait notre espoir et le tarot de notre avenir. Une vieille maxime qui comprenait le regard de chacun comme un discours intérieur. Pourtant, sur le visage des plus cruels s’étaient déjà modelé une expression de bonheur pléthorique… Un crayon délébile traçait le reflet de notre quotidien, sa mine nous poinçonnant quand le fléau nous souriait. Une esquisse éphémère, sans lendemain, dépourvue d’aube comme de crépuscule. Le non-temps empêchaient une construction saine des sentiments, les limites temporelles encourageant la véracité de ses derniers. Sous ce rideau d’or, les tournesols plantés à la surface de l’androgyne, une lumière tonitruante. A la fois monochrome et arc-en-ciel… Signifiait-elle une parfaite ataraxie ?

La réponse errait en eaux troubles. Comme une chaloupe harponné par les vagues et épinglé par la quiétude pragmatique d’une mer cristalline. Une algarade philosophique, un esclandre propre à chacun et destiné à tous. Le roux se rapportait à la seconde catégorie mais seulement en apparence…
Dans la partie immergée de l’iceberg, une nostalgie saumâtre le corrodait. Sa méprisable sœur et son air pernicieux, ostentatoire. Il ne souhaitait point la revoir, des retrouvailles symboliseraient la divergence absolue d’un même sang. Nathanaël avait aussi un boulet enchaîné à sa cuisse. Mais sous les auspices sociaux, il revoyait ce fardeau comme vaporeux, s’en étant ventilé qu’auprès d’une seule personne. Aujourd’hui morte et nimbé de plumes noires, ce souvenir ne dépendait que de la rousse. Et jamais il ne le psalmodierait au grand public…
Tout comme Lilith, il refoulait ses démons internes, ces créatures ébènes qui ronge la blanche colombe de l’intérieur… La princesse de la mort parvenait pourtant à dératiser sa conscience de ses tourments. Une pétulance dont le paon ne savait pas faire preuve quand la doléance sponsorisait une invasion, empiétait sur un territoire où nul ne peut se défendre. Les sentiments, des essaims chimériques et aussi dur à déchiffrer qu’une algèbre de haute voltige.

D’une boucle fluide, Lilith éleva momentanément une frontière métallique entre elle et ce faisceau aveuglant, insufflé par le sortilège angélique du roux et craché de ses prunelles blondes. Une nappe qui entreprit de ne pas laisser filtrer une bribe de cette agression éblouissante. Mieux encore. Cette faux était si joliment charpentée que les plus narcissiques pouvaient y contempler leurs jumeaux. Elaguée de toutes rayures, la glace d’acier fut généreuse et refusa la lumière du roux. Sur cet aqueduc invisible, immatériel, le troupeau incandescent engagea le chemin du retour. Nathanaël sursauta quand il vit une seconde fulguration accourir à ses devants, déterminé à perforer ce halo étincelant de sa vigueur oculaire pour comprendre la raison de son échec. Il échoua piteusement, sa surestime ayant eu raison de lui… Le fluide solaire s’insinua en lui sans demander permission. Et sans que personne ne l’ait fait mander, il se dissout comme un corps d’humain que l’on catapulterait dans la bouche d’un volcan. Mais par chance, seul une parcelle de ce champ lumineux fut renvoyée à sa source. Ceci plus cet affront téméraire, les effets furent destructeurs. Sa tête remuée par une forte secousse, il demeura aveugle et paniqué durant quelques secondes. Un drame. Chaque seconde compte contre un adversaire de cet acabit…Et Nathanaël le savait mieux que quiconque. A vrai dire, il savait tout mieux que quiconque… Sa particularité génétique fomentant une alchimie positive, un remède pour l’indécis, la guérison des dilemmes.
Il laissa libre court à sa personnalité féminine, oubliant une virilité quelque peu éméchée. Les mots voguaient dans son esprit… Au rythme d’une aubade lyrique, il s’apaisa, ouvrit les yeux sur cette jungle humaine. Des regards vides, dispersés comme un vol d’oiseau en un jour d’apocalypse… Lilith venait de bouger tel un papillon se balade dans une cité sylvestre. Oui, elle était à sa place, ancrée dans son univers.

Un frisson… Une lame qui patine sur une peau lisse, un danger enivrant qui glisse le long de son dos, ouvrant un infime canyon sur ce corps de dentelle… D’un sourire incertain, la femme à la chevelure rubis reconquiert ses appuis, cet équilibre qui lui offre la grâce d’un ange et la vélocité d’un lycan. Tel une ballerine, elle percute le ciel de sa jambe et exécute une arabesque furtive… D’une légère cabriole, Nathanaëlle use de cette impulsion majestueuse pour se retrouver face à Lilith. De femme à femme, un contact corporel suscite alors les émeutes de la foule… Entre rumeurs et hypothèses, un débit impondérable de bêtises s’échangea en un temps record. Ce tableau était saisissant, une osmose attendue de personne. Pas même de la goupille rousse…
La métamorphose s’opère de nouveau, le charme réveille le mâle et rétrograde la femelle à un degré inférieur. Nathanaël s’imprègne alors de ces lys azur… Ces deux saphirs dans lequel on peut se noyer sans souffrir. Si proche d’elle, il entend son cœur battre, son souffle courir dans ses poumons… Le buste arrondi comme la proue d’un navire, le roux, victime de ses envies, n’en reste pas indifférent et s’y plonge avidement… Même défiguré par la dame en lui, Nathanaël restait un homme à la merci de ses pulsions. Il contemplait cette déesse, d’un peu trop près pour un être qui se voulait irréprochable

« Sot, elle te manipule…

Une voix féminine que le roux perçut tel un écho, interférant un fantasme presque charnel… Il parlait en lui indépendamment de lui-même. Mais en effet, le bras de la muse se raidit jusqu’à laisser subodorer un muscle finement taillé. Nathanaël ne dégrafa pas son regard pour autant, obnubilé par ces pelotes tout de bleues. Il voyait l’infini des cieux et la profondeur abyssale de l’océan dans ces mirettes constellées par la beauté… Un paysage de rêve qui s’évanouit quand une faux lui grimpa dessus pour l’entailler. Sans aucune nonchalance, l’androgyne braqua sa rapière sur le chemin de la mort et de sa partenaire.
Un bris d’acier et une déflagration lumineuse s’en suivit. L’incantation sonique, énoncée au préalable par la souveraine de Thanatos, instruisit le roux de ses desseins, de cette fourberie qui le répugna au plus haut point. Digne d’un humain ou d’une succube…
A contrecœur, Nathanaël se retourna, plus désireux d’éviter cette brûlure que de se rincer l’œil dans le décolleté de cette garce. L’amour rendait aveugle… Seul une part de l’androgyne le fut, la seconde plus perspicace et navrée de sa clairvoyance. En colère et honteux de s’être fait avoir comme un misérable vermisseau, il se rua promptement vers l’ange de la mort…


" Soit vif comme le vent, précis comme l'aigle et puissant comme le Ciel. "

Il n’avait pas eu connaissance de sa position avec exactitude. Mais la manière à laquelle Lilith eut foulée le sol éclairait une hypothétique retraite. Un recul pour envisager les précédentes péripéties d’un angle propice à une nouvelle offensive. Le roux, rancunier comme il l’était, ne lui laisserait pas cette chance.
Il s'évapora jusqu’à l’ange de la mort et s’appuyant sur cette vitesse temporairement surdéveloppée l’androgyne déploya toute son énergie dans un violent coup d’épée…

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Lilith Ânkh
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Ven 21 Jan - 5:25

Cela se lisait dans son regard. Si brillant, si enflammé, si stupide. Quelle mouche avait donc piquée l'ange qui jusque là avait fait preuve d'une grande maîtrise. Etait-ce donc ce sort ? Peut-être bien son manque de manipulation avait rendu ce sortilège moins efficace ou alors serait-il aliéné par l'incapacité de Lilith à être en totale ataraxie ? La raison lui échappa mais le résultat lui, fut tout à fait visible. Il se dessina la tourmente sur le front de l'ange aux couleurs, un air de doux chaos sonna entre les mots incantatoires de l'androgyne. Il se jeta sur elle comme un chien se lance à la poursuite du chat. Tout crocs devant, féroce et puissant. C'est une chose belle. Oui, dans le torrent d'énergie qui convergeait en cet homme, dans le tulmute de son manque de contrôle, il fut beau. Ses cheveux comme autant d'incarnation des flammes qui embrassait sa dignité bafouée par quelques élucubrations de son esprit, ses ailes torturées par des vents incompréhensibles se soulevant d'un brusque sursaut de fierté fort mal placée. Oh biensur de tout cela il n'y eut que l'enveloppe colorée se déployant tel un faucon salvateur fonçant magnifiquement vers une proie bien pâle. Un bien joli spectacle que les yeux accueillir, que Lilith trouva tout à fait déplorable.

Il est des choses que les êtres éternelles prennent en grief, certains ne peuvent supporter d'être d'une manière ou d'une autre dominés, plaçant au dessus de toute lois leurs égaux, d'autres désespèrent lorsqu'ils voient une flamme se transformer en fournaise, déployant une énergie considérable, pour n'être rien de plus qu'un feu de paille. Cependant Lilith ne fut pas désespérée par cette démonstration de puissance, bien qu'elle trouva cette action emportée par une chose tout à fait détestable, elle se contenta d'observer. Il n'y avait nul trace d'émotion sur le visage de la garce nouvellement nommée, si elle avait su que cette dénomination avait traversée l'esprit de son camarade ange peut-être cela aurait été autrement.. qui sait ? Pas même une ride d'exaspération sur l'eau glacée de ses pupilles. Pourtant une pointe de déception fut soulever, elle avait crut voir un papillon déployer ses élytres, l'instant d'après hélas, il s'était immolé de ses propres flammes. Peut-être aussi, mais jamais elle ne l'avouera, avait elle crut, pouvoir revoir un vieil ami dans la fougue de cet ange. Qu'importe à présent, elle serait fidèle à ses principes et agirait en conséquence.

Il fut rapide, habile, glorieux dans la tendre démence qui s'était emparée de ses chevilles. Surement l'aurait-il tranchée en deux. Pourtant avait-elle vraiment bouger ? Nul ne vit ses talons quitter le sol un seul instant, à peine les plus âgés de l'assemblée virent le cuir de ses bottes frémir. Le souffle de l'attaque la gifla avec violence, laissant une marque rouge sur sa joue et son bras découvert, elle s'était déportée d'un bref mouvement avait marquer la courbe qui sauva son corps d'une bien désagréable fin. Cela aurait du être trop rapide, elle n'aurait pas du avoir le temps de faire ce déplacement avec la vitesse accrue de son adversaire, surement oui si elle l'avait quitter des yeux, si elle avait été aveugle à la colère qui s'était peinte sur son visage et si elle n'avait pas été sous le joug du même sort. Il aurait pu l'atteindre, sa maîtrise du sabre était impeccable, son agilité indéniable mais il est une chose bien plus importante lors d'un combat que la simple maîtrise de son arme. Il aurait pu l'atteindre oui.. si son esprit n'avait pas été un assemblage chaotique de fausses illuminations. Elle aurait regretter cet affrontement surement si elle avait lu en son esprit comme elle lisait en ses gestes. La lame fendit l'air, la canine du chien trancha, la patte du chat frappa. Il passa tout près d'elle, entaillant de sa colère l'aile gauche de la demoiselle, à vrai dire cela surprit Lilith mais ne changea en rien l'action qui s'était dessiner en une fraction de seconde dans son esprit, elle s'était déportée sur la gauche de l'attaquant qui emporté par son élan et son cou phénoménal n'eut pas le temps d'esquiver la main mortelle de la belle qui avec dextérité alla derrière le crâne de Nathanaël déposer une simple et inoffensive tape. Le faisant un peu plus chuter en avant, avalé par sa passionnante dégringolade.

Un geste qui aurait pu s'avérer fort dégradante pour la fierté du jeune homme, qui l'était peut-être d'ailleurs, mais qui malgré l'apparente brusquerie de l'ange de la mort, fut tout à fait invisible aux multiples yeux braqués sur le combat. Cachée par les ailes grises d'une femme, garce paraît il, qui dans sa malsaine perversion évitait à son colérique adversaire une honte qu'elle soupçonnait sans la comprendre. Il n'y avait pour elle nul honte à éprouver parce qu'on avait été dans un combat inférieur à son estime personnelle, il y en avait par contre dans le fait de se servir d'un sentiment aussi bas et sombre qu'était la colère. Aux yeux de Lilith c'était pour un ange, une chose absolument répugnante. Cette tape sonnait le glas de la fausse facilité avec laquelle l'ange gardien avait retourner l'attaque contre l'androgyne, bien plus encore elle sommait Nathanaël de se reprendre, de voir avec ses yeux plus qu'avec son coeur. C'était peut-être bien la seule chose qui creusait encore un écart entre leurs puissances respectives.



- La colère, jamais n'apporte la victoire. C'est une des raisons pour laquelle nous seront amenés à vaincre face aux démons. Apprenez Ange à chasser l'inutile, il est prévisible.

Elle est comme toujours, immuable peinture à l'encre de chine. Froide, bien évidemment exaspérante de ne point être à même de faire preuve de retenue quant à son jugement. Non elle n'épargnera pas cet ange, il avait fait une bien grande faute il devait en être tout à fait conscient. Une perle de sang glisse entre les plumes de cendre, l'entaille à finit d'imprégner le duvet, le fluide vermeille frôle avec le vertige, une goûte se laisse choir, en éclaireuse. Elle est rattrapée par le dos de cette même main qui sur la tête de l'ange avait décrétée silencieusement la fin du combat.

- Il ne faut pas salir ce divin endroit, c'est bien cela ? ... Nathanaël Montefiorre, je m'entrainerais en vue de notre prochain affrontement.

Un bref sourire, l'émergence d'un éclat dans les tréfonds d'un océan qui jamais ne s'est troublé, à peine la pointe d'une félicitations muette. Cependant, si l'ange avait reprit son bon sens alors il saurait déchiffrer la marque de reconnaissance, il n'est pas dans les habitudes de l'ange de cendre que de dire s'entrainer pour un combat amical. Mais qu'il se rende compte de cette délicatesse inopinée ou non, Lilith tournait déjà les talons sans plus d'émotion. Elle ramassa sa lame, la rangea au fourreau et, Thanatos lueur de ténèbres à son côté elle se dirigea vers la foule qui s'écarta sans trop comprendre pourquoi tout s'était arrêté aussi soudainement.

* N'empêche il a piquer mon idée c't'avorton *

Chassant la voix nasillarde du gamin effarouché Lilith se prit à espérer que l'ange qu'elle laissait seul saurait faire preuve de discernement. Malgré son manque d'ouverture, son manque même de semblant d'affection, il lui était de plus en plus désagréable de se savoir une réputation de glace hautaine. Mais enfin, elle ne devait point se préoccuper de cela. Ce qui importait avant tout c'est que l'ange prenne enseignement là où il pouvait et devienne plus fort.. Qu'il soit plus encore capable de défendre son honneur et celui des anges face à la menace grandissante. Il pouvait bien la détester si cela pouvait lui apprendre à tenir ses émotions éloignées du champ de bataille, il survivrait peut-être. Lilith faillit s'arrêter. "Survivre" ? Survivre à quoi ? Qui avait donc été semer l'idée qu'une guerre éclaterait et ferait ravage ?.. Sans froncer les sourcils mais l'esprit soudain malmené par quelques sombres doutes l'ange de la mord fendit la foule pour se rendre à ses appartements. Au dessus d'elle le ciel cachait entre ses étoiles de mystérieux desseins.

Bientôt, trop tôt encore, un autre combat viendra.
Serais-je digne de ces principes que j'essaye d'enseigner à mes frères ?
Nul émotion. Nul sentiment.
Contre toi.. mon amour.
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Nathanaël Montefiorre
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MessageSujet: Re: L'ange androgyne contre l'ange de la mort ( pv Lilith )   Dim 6 Fév - 20:59

Au départ, c’était un simple combat amical. Un duel de gala qui devait allouer aux spectateurs le droit, voire l’impératif, de se sentir inférieur. Ni plus, ni moins… Pourtant, chez l’androgyne, ce bref affrontement prit une toute autre tournure, ceci à ses dépends. Lui, qui clamait avec éloquence sa faculté de réflexion insensible aux péripéties mondaines, ce talent qui permettait à son esprit d’engloutir toutes les émotions préjugées comme néfastes, s’était vu contraint de reculer sa définition de l’immuabilité. Ses doigts fins tel des pattes arachnéennes et posés sur la hanse de son arme, Nathanaël s’asseyait sur l’amour sur la haine. Seule la passion martiale comptait. L’unique qui pouvait supputer l’ampleur de la bataille, sans que l’écume de son cœur ne nuise à la visibilité de ses phares. Car sa chevelure pourpre avait déteint sur son esprit, ses yeux étaient à son image.
Oui, Nathanaël n’était plus que feu. Une comète endiablée qui chargeait son adversaire, ses chances de victoires s’amenuisant au fur et à mesure de son accomplissement ; jusqu’à être définitivement calcinées par la quiétude apparente de Lilith. Elle était glace… Tout comme les neiges éternelles qui surplombaient les montagnes de la Cité Dorée. Une fresque pantelante s'épanouissait déjà sur la scène.
L’eau et le feu…
L’une était ce ciel azur, l’autre ce nuage ayant fondu en pluie. Alors sa lame, entichée de sentiments propices à l’aveuglement, se balada sur le visage de Lilith. Une rayure enlaidissait maintenant sa fine carrosserie faciale. A moins que la couleur du sang ne rehausse cette pâleur mortuaire ? Sur ses ailes, aussi grises qu’un ciel orageux, on put constater une plaie d’où quelques plumes venaient de suppurer. Cette attaque éclaboussait l’ange de la mort de sa perfection… Mais à vrai dire, le roux savait qu’elle présentait un défaut inoxydable, qu’aucune manœuvre ne dédommagerait. Il s’était dardé dans la gueule du loup et l’éclat de son engouement disparu, Nathanaël devenait une proie facile… Sa vivacité déchue par l’évanouissement de l’arcane angélique, la bonté de Lilith était arrivée à échéance. L’androgyne avait correctement saisit le caractère de la belle. Il savait à l’avance ce qu’elle penserait d’un tel geste… Bien-sûr, cette pensée l’avait seulement éraflé de loin. Une intuition qu’il préféra négliger car l’heure n’était point à la courtoisie…
Et elle ne l’était toujours pas.
Tandis que Nathanaël était fatalement déséquilibré par l’impétuosité de son coup, Lilith, impassible tel une charogne décousue, s’érigea comme celle qui lui restituerait sa dignité d’ange. Cet honneur qui leurs appartenait à tous les deux, mais que le roux avait délaissé au bénéfice de la colère… Certes, cette émotion d’emportement était un bienfait chez certaines autres races. Mais pour un ange ? Et pour un combat si insignifiant ? Lilith, sans doute plus sensée que le roux dans l’état actuel des choses, jugea cette réaction comme disproportionnée. Une erreur digne d’un débutant qui lui coupa sans doute l’envie de se battre… Car après avoir expédié l’androgyne dans le décor d’un léger coup, qui lui apparut comme une douce caresse, l’ange de la mort s’improvisa ambassadrice de mœurs angéliques.


- La colère, jamais n'apporte la victoire. C'est une des raisons pour laquelle nous seront amenés à vaincre face aux démons. Apprenez Ange à chasser l'inutile, il est prévisible.

Avachi sur le sol telle une vulgaire loque, un sourire narquois se dilata sur les lèvres du battu. Nous serons amenés à vaincre face aux démons… Cette phrase lui ordonnait de répondre, de polémiquer sur cette dernière. Mais son exaspération ne résonna qu’en lui, ornant sa pensée de propos peu laudatifs. Nathanaël avait justement l’impression d’avoir été vaincu par un démon… Non, il n’était pas mauvais joueur. Il aurait pu l’être s’il se serait senti d’une quelconque façon humilié. Néanmoins, cette défaite était authentique et il n’était pas utile de cancaner sur le sujet. Pour la puissance de Lilith, le roux était comme une poupée impuissante dans les mains d’une petite fille. L’ange de la mort s’était amusée avec lui et ce qui fut une chatouille dans sa nuque, aurait pu être, conformément à sa volonté, un scalpe vif et précis. C’est ce stratagème de bas étage qui le rembrunissait et qui ne cesserait de le chagriner jusqu’à que les conjonctures daignent lui offrir revanche…

-Il ne faut pas salir ce divin endroit, c'est bien cela ? ... Nathanaël Montefiorre, je m'entrainerais en vue de notre prochain affrontement.

Le corbeau blanc l’avertissait de son départ imminent. Nathanaël aurait pu se relever pour condescendre de respect. Mais une peur étrangère le paralysait, le dissuadait de se mouvoir. Peur de quoi ?
Quand Lilith usa des mêmes paroles que lui, il se réveilla de cette espèce de transe hargneuse… La honte ne savait plus l’apeurer car certains le cataloguaient toujours comme une honte vivante, une infamie ambulante. Nathanaël eut tout simplement peur de voir son visage à nouveau, de le mirer de ses yeux objectifs et deviner son cœur présuré de sentiments qu’il ne devrait flairer… A l’accoutumance, le paon est plutôt vindicatif. Mais son ressentiment envers la dame aux ailes de cendres n’était plus qu’un tableau dans le musée de ses souvenirs. Et c’est justement ce transport rapide d’émotions qui l’inquiéta.
Immortel, les sentiments n’étaient en rien comparable à des papillons vivant à la cadence du soleil. A naître quand les coqs hululaient, à trépasser quand on servaient ces mêmes coqs au dîner. Même pas à des fleurs qui rougissaient pendant l’automne et succombaient l’hiver… Nathanaël respectait cette distorsion temporelle des sentiments.
Mais une partie en lui chérissait l’idée d’échapper à cette mécanique… Il ignorait pourquoi et attendrait que les réponses se présentent naturellement à lui, comme la lumière se présente d’elle-même à la Cité Dorée… Gracieusement et sans un regard à l’assemblée, Nathanaël se coiffa de son chapeau noir et engagea le pas vers sa modeste demeure. Les mots de Lilith se réverbérant en lui comme l’écho d’un champ de sirène, son visage obstruant sa toile spirituelle…

Dussent leurs prochaines rencontres l’éclairer sur ce sujet…

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