Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]

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Tanÿs Basmaran
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MessageSujet: Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]   Lun 1 Mar - 23:28

Musique d'ambiance



De grande plaines rocheuse, quelques éparses touffes d'herbes de-ci de-là.
Edelweiss.
Un campement était installé là, quelques tentes plus ou moins spacieuses s'éparpillaient sur le sol rocheux de la montagne. Il devait faire froid, en vu des volutes de vapeur qui s'échappaient des bouches des personnages présents à chaque expiration. Un personnage d'une singulière beauté, avec de grands cheveux noirs qui lui tombaient jusqu'en bas des épaules et de fins yeux de la même noirceur qui auraient pu en effrayer plus d'un s'ils ne fixaient pas avec inquiétude l'entrée de la plus grande des tentes, faisant les cents pas devant celle-ci, d'où montaient quelques fois des gémissements de douleur. Au bout de plusieurs longues minutes d'attente, un autre personnage, aux cheveux noirs également, sortit de la tente et regarda le premier, un sourire fatigué aux lèvres.
« C'est un garçon Tirésias. Il a l'air résistant, il devrait pouvoir vivre. »
Le dit Tirésias poussa un grand soupir de soulagement qui gagne ensuite son visage. Pas pour très longtemps.
« Et comment va Thassa ? »
On sentait poindre l'inquiétude dans sa voix, ce qui laissait à penser que Thassa était sa femme, qui venait d'accoucher.
« Elle va bien, elle est très fatiguée mais tu peux aller la voir. »
Ti entra dans la tente et son visage s'illumina quand il aperçut la femme qui était couchée au fond de la tente. Elle avait de long cheveux blancs comme la neige et de grands yeux noirs. Quand elle le vit, un grand sourire apparut sur ses traits fatigués. Elle tenait dans ses bras une petite créature qu'elle berçait amoureusement, comme la nouvelle mère qu'elle était.
« J'ai pensé à un nom...
On verra plus tard pour le nom, tu dois te reposer. Il faut que l'on te change de tente pour que l'on puisse purifier celle-ci. Ugiae devrait pouvoir m'aider. »

Il ressortit et emmena sa femme et son nouveau né dans leur tente et les y installa confortablement.
Pendant plusieurs jours, tout se passa pour le mieux au campement, tout le monde était fasciné par l'enfant, qui fut nommé Tanÿs et qui apportait de la bonne humeur dans l'ambiance d'habitude maussade du campement.
Jusqu'au jour où, à la tombée de la nuit, alors que l'un des hommes prenait le premier tour de garde, un groupe de personnages habillés de blanc, avec de grandes ailes de la même couleur s'infiltraient dans le camps, poignardant au passage la sentinelle. Juste avant de mourir, le garde eut le temps de donner l'alerte et réveilla ses compagnons. Tous les autres sortirent des tentes, armés et prêts à se battre, exceptée Thassa qui restait auprès du jeune Tanÿs. Les silhouettes blanches étaient largement en supériorité numérique par rapport aux campeurs, aussi le combat tourna très vite à leur désavantage. Voyant que tout espoir de victoire était perdu, Tirésias courut vers sa tente en sommant à Ugiae et aux autres de fuir le combat. Il ressortit de la tente avec son fils dans un bras, et la main de sa femme dans l'autre main. Aussitôt dehors, les deux amants déployèrent de grandes et magnifiques ailes noirs et s'envolèrent. Tirésias s'envola juste à temps pour éviter un coup d'épée qui aurait pu sans aucun problème tué sur le coup. Malheureusement, Thassa n'eut pas autant de chance. Une épée se rapprochait dangereusement d'elle. Elle leva une main, une main avec un seul et unique anneau noir, gravé de runes étranges.


Tanÿs se redressa brusquement dans son lit, couvert de sueur. Il regarda autour de lui, paniqué.
Mère...
Aussitôt il porta sa main à son annulaire droit, où il portait d'ordinaire un anneau noir, gravé d'étranges runes.
Akara...
Dehors, le jour ne s'était pas encore levé et les étoiles scintillaient dans la voute obscure qui recouvrait le monde. Il se leva, se passa un peu d'eau froide qui se trouvait dans un broc posé sur la table de nuit de sa chambre et s'habilla. Une chambre d'ailleurs des plus simple, avec juste un lit, une chaise et un bureau, ainsi qu'une table de nuit. De grandes étoffes noires l'entouraient et on l'aurait dit drapé d'ombre. Juste avant de sortir, il s'empara de son sabre, gravé des armoiries de la famille Basmaran, passant mélancoliquement un doigt sur les reliefs avant de se raviser et de poser la lame engoncée dans son fourreau de cuir sur son lit avant de nouer son masque de velours sombre autour de ses yeux d'émeuraude. Il tira la porte de sa chambre et se retrouva dans les couloirs froids et obscurs de la Tour des Sombres. Il se dirigea à pas lents vers la porte principale, une ombre se mouvant dans les ombres. Il poussa la gigantesque porte en bois massif, avec d'énormes runes d'argent incrustées sur toute la hauteur du panneau. Il fit quelques pas dans l'air frai de la nuit et, dans un bruissement doux, deux grandes ailes noires, aux plumes parfaites, lançant parfois des reflets bleutés, comme celles d'un corbeau se déployèrent en silence. Il s'élança gracieusement dans les airs et savoura le vent qui soufflait sur son visage, ébouriffait ses cheveux. Il se remémora sa jeunesse au Pandémonium et notamment sa première rencontre avec l'Archange sombre. Il se rappelait l'avoir aperçut au sommet de la tour, alors qu'il lui sculptait une ridicule statuette en terre et espérait vraiment qu'elle ne l'avait pas gardée. Il continua à voler de plus en plus haut pour finalement se poser en haut de la gigantesque tour de pierre qui dominait tout le royaume des anges déchus. Il s'assit sur la rambarde en pierre qui cerclait le toit de l'édifice et admira la création de celle qui comptait pour lui comme une seconde mère ainsi que celui qu'il considérait comme un second père. Trauma-Nakan Strix et Ymir Danhaka. Un paysage des plus somptueux s'étendait devant ses yeux. D'ici on pouvait absolument toute la cité. Il apercevait la Place de l'Arbre, avec son sinueux tronc noir qui se tordait comme un vieillard tourmenté. Il voyait également la chapelle, où était enfermée une vieille sorcière, qui guérissait toutes les blessures. Haut édifice d'architecture gothique qui surplombait les bâtiments du second niveau.
Assis sur le parapet de pierre, il pensait à sa mère qu'il avait à peine connue, et qu'il venait de découvrir en rêve. Il pensa également à l'anneau qu'il s'était fait voler, se préparant à un départ dans les plus brefs délais pour retrouver cette humaine. Un profond chagrin l'envahit alors qu'il continuait à ressasser ses sombres pensées et à l'idée qu'il ne retrouverai peut-être plus jamais sa bague.
Il resta ainsi, assit au sommet de la Tour des Sombres, à observer tour à tour les étoiles, puis la cité qui s'étendait à ses pieds, jusqu'au lever du jour. Alors que le soleil dardait ses premiers rayons et qu'un légère brise faisait voler ses cheveux de neige, il dénoua le masque qui cachait les grandes cicatrices qui lui cerclaient les yeux et laissa flotter ses cheveux dans la brise matinale, accompagnée par la chaleur des premières lueurs de l'astre du jour.

_________________
Je suis haine, ténèbres et désespoir...


Dernière édition par Tanÿs Basmaran le Mer 11 Avr - 10:22, édité 4 fois
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Ymir Danhaka
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MessageSujet: Re: Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]   Mer 3 Mar - 18:39

Que puis-je faire désormais...

Que faire, lorsque votre univers s'écroule, que tout ce qui le compose, tout ce en quoi vous croyez, tout ce qui vous est cher menace de s'effondre.
Que faire, lorsque votre existence ne tient plus qu'à un fil désespérément mince, prêt à céder à chacun de vos pas...
Chaque choix que je fais, chaque combat que je livre... Chaque direction que je j'emprunte ne semble pouvoir me mener qu'à cette fin inexorable.

Les immortels ne sont pas éternels...

Heure après heure, je sens l'emprise du démon se renforcer. Peut-être ce phénomène est il indépendant de sa volonté mais je sais qu'il en a parfaitement conscience. Nos esprits sont étroitement liés...
Qui est-il...
Qui suis-je vraiment...
Ange, démon...
Déchu...
En cet instant, il ne m'est de pire ennemi que moi même...




Ymir marchait dans les couloirs déserts de la Tour Sombre, lentement, sans but apparent. Et sans but réellement. Le sommeil se refusait à lui depuis le début de cette longue nuit et le laissait à la merci de ses infernales méditations, à ressasser encore et toujours les même pensées, les mêmes questions sans qu'aucune réponse ne daigne enfin germer dans son esprit. Il avait passé un temps considérable assis dans le grand fauteuil de son bureau, fixant tours à tours les lueurs célestes vacillantes à travers la fenêtre et les monceau de parchemins qui s'entassaient médiocrement devant lui. Ordre de réquisition d'équipement, listes des affectations, projets divers et variés, le travail était loin de manquer. Être le commandant en chef des armées déchus ainsi que le maître instructeur supérieur du Dojo comportait moult obligations qui accaparaient sans scrupule la quasi-intégralité de son temps. Pourtant, malgré la quantité astronomique de choses qu'il aurait du faire rien n'arrivait à suffisamment focaliser son attention pour qu'il s'y attache avec efficacité. Il restait donc là, immobile et songeur, les yeux plongé dans la gracieuse splendeur de l'Infini. Alors que les heures s'égrenaient doucement, une soudaine impulsion le saisit. Quelques instants plus tard, il enfilait vivement son long manteau et sortait en claquant la massive porte de chêne derrière lui. Il marcha d'un pas tranquille, caressant d'abord l'idée de descendre un à un les étages de la tour, de s'enfoncer dans ses souterrains glacés et de gagner l'une des salles d'entrainement secrètes de l'édifice pour s'y exercer jusqu'au matin, puis enfin pouvoir aller s'effondrer dans son lit, terrassé par hypothétique épuisement qu'il doutait voir jamais venir. Il déambula ainsi durant un long moment, empruntant les couloirs et les vastes salles pour gagner les niveaux inférieurs sans toutefois presser le pas. Peu à peu, tout projet précis pour s'occuper l'abandonna alors qu'il se laissait charmer une fois de plus par la sérénité nocturne de la grande tour. Il continua donc sa marche solitaire sans se soucier de savoir dans quelle direction celle-ci pouvait le mener tout en songeant que cela l'apaisait bien mieux que ne l'aurait une arène aux murs oppressants.
C'est ainsi qu'il arriva finalement devant une porte solitaire. Malgré la pénombre, il savait sans mal sur quel lieu elle s'ouvrait et sourit devant l'étrange hasard qui avait guidé ses pas. Une chambre sobre, froide, presque austère. La chambre de son bras droit et meilleur ami, Tanÿs Basmaran.

L'ange déchu fronça doucement les sourcils. Le Vide. Il ne percevait absolument aucune présence derrière la porte, seulement quelques traces résiduelle d'aura qui dataient probablement de plusieurs heures déjà. Ymir resta interdit quelques instants, avant de se détourner et de reprendre son chemin. Il n'était apparemment pas le
seul à ne pas trouver le sommeil, songea-t-il tout en se dirigeant sans hâte vers le corridor extérieur. La Tour des Sombres, ou Tour Sombre comme l'appelaient le plus souvent ses résidents, était composée de nombreux étages autour desquels s'enroulait un seul immense et unique couloir faiblement incliné, ce qui permettait à qui l'empruntait d'atteindre le sommet de l'édifice sans passer par les différentes salles et pièces annexes qui se superposaient en son centre. Percée de larges fenêtres et portes scellées, les portes de l'Air, le "corridor" comme on le nommait offrait également la possibilité de gagner l'extérieur sur presque toute sa longueur, à condition qu'on ai la capacité de voler. Une chose donc impossible aux jeunes bannis qui de toute façon étaient peu nombreux dans la tour. Ymir arriva assez rapidement à la hauteur de l'une des portes, deux battants d'acier noir de deux mètres encastrés dans la roche, entièrement ornés des symboles stylisés et torturés propres à l'art déchu. Le tout était encadré de hautes fenêtres dont les carreaux teintés projetaient de douces lueur bleutés sur le visage de l'ange déchu et la pierre froide du corridor, donnant à l'endroit une atmosphère presque irréelle. Ymir posa doucement la main sur l'un des battants et regarda les symboles arcaniques dissimulés parmi les gravures s'illuminer brièvement tels de petite étoiles. La porte s'ouvrit en grinçant alors que l'air froid de la nuit s'engouffrait dans le couloir, agitant la chevelure noire d'Ymir. Il inspira profondément, savourant cette caresse rafraichissante avant de s'avancer dans le vide sans l'ombre d'une hésitation. Il se laissa tomber, quelques seconde avant que ses deux immenses ailes de ténèbres ne se matérialise dans un bruissement de plume et de velours. Il plana au dessus de la multitude de toits et de tours effilées du Pandémonium avant de s'élever plus haut dans le ciel étoilé et de s'en retourner vers la forme titanesque de la Tour des Sombres. Il monta encore, sur des centaines de mètres, alternant entre de puissants battements d'ailes et les rares courants d'air chaud qu'il découvrait, pour enfin dépasser le dernier étage qui s'achevait à son sommet par un vaste plateau circulaire, une unique dalle de marbre aussi sombre que la nuit, entièrement lisse, sur laquelle se reflétait les innombrables astres étincelants dans les cieux. Il aperçu alors ce qu'il savais déjà devoir trouver, une mince silhouette aux long cheveux de neige assise sur le rebord de pierre. Seule sur le toit du monde, contemplant l'horizon lointain et la cité qui s'étendait en dessous de lui, royaume de ténèbres et de splendeurs.

L'ange déchu atterrit doucement sur le sol à quelques pas de son semblable tandis que les premières lueurs du jour apparaissaient au dessus des montagnes des terres sombres. Il s'arrêta, stupéfié par la beauté du spectacle. Les mèches immaculées de l'ange noir solitaire assis devant lui semblaient auréolé d'un éclat d'une incroyable pureté sous la douce caresse de l'aube ; et d'ici, Ymir pouvait voir le fin masque de velours qui reposait sur la pierre à côté de lui, livrant les contours scarifié de ses yeux d'émeraude à la vue des esprit éthérés du vent. L'émotion lui noua la gorge alors qu'une tristesse infinie l'envahissait. Un souffle délicat d'obscurité le porta jusqu'à son ami, et il se pencha au dessus de lui pour le prendre dans ses bras, étendant ses grandes ailes autour de lui dans un écrin protecteur. Il déposa un unique baiser dans les cheveux de neige. Le silence enveloppa les corps des deux anges déchus immobiles, jusqu'à ce que la voix profonde d'Ymir s'élève dans les airs, diffusant une douce aura de réconfort.


"Tu n'es pas seul, fils de l'Ombre...
Tu ne l'a jamais été, et ne le seras jamais Tanÿs Basmaran..."



Deux yeux s'améthystes miroitante se levèrent vers le ciel, sur une dernière lueur étoilé disparaissant dans l'azur sans fin.



Les immortels ne sont pas éternels.
Nous naissons un jour en ce monde, convaincus d'être libres de le parcourir, de l'aimer et de le haïr jusqu'à ce qu'il finisse.
Chaque chemin que nous empruntons, chaque choix que nous faisons nous emporte plus loin que le précédent.
Nous voyons la beauté, l'horreur, le bonheur, la douleur et la mort des milliers de fois, sur des centaines de visages, des mortels qui s'élèvent parfois plus haut que nos ailes ne peuvent nous mener, avant de retomber pour toujours et de s'en aller, leur âmes portées par les vents jusqu'à nos coeurs meurtris.
Nos larmes se mêlent aux cendres et à la poussière sanglantes de la terre jusqu'à ce que le chagrin nous consume et que la brise nous emporte à notre tours...

Chaque rêve, chaque combat nous rapproche de notre fin et nous en éloigne en même temps, tandis que le temps s'écoule et que l'histoire s'efface.
Mais jamais ne nous quitte la mémoire...
Jusqu'à ce que l'acier, le feu ou la douleur ne brise le dernier de nos souvenir, à l'heure du dernier de nos soupirs emplis de regrets. Un murmure...

Qui sommes nous vraiment...
Anges, déchus...
Fou, immortels...
Que pouvons nous faire...

Que puis-je faire...








Vivre.

_________________

Ténébreux Anges-Déchus... Mecus Omnes Plangite...


Dernière édition par Ymir Danhaka le Sam 3 Juil - 14:32, édité 1 fois
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Tanÿs Basmaran
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MessageSujet: Re: Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]   Mer 5 Mai - 15:42

Savourant la sensation de chaleur procurée par les premiers rayons de soleil du matin et toujours perdu dans ses sombres pensées, Tanÿs n'avait pas entendu son maitre s'approcher. Jusqu'au dernier moment il resta assit là, à fixer l'astre céleste qui commençait à embraser l'horizon et qui petit à petit teintait le ciel d'une couleur de cuivre tandis que derrière lui, Ymir se penchait et le prenait dans ses bras alors que d'immense ailes noires les recouvraient comme un carcan protecteur. Surpris, le jeune ange noir tourna la tête à l'instant précis où le Commandeur lui embrassait le sommet de la tête. Sous le coup de la stupéfaction, il ouvrit de grand yeux tandis qu'autour d'eux s'étendait le silence. On entendait petit à petit les rumeurs en provenance de la cité tandis que ses habitants se réveillaient les uns après les autres. Après quelques instants passés sans faire un bruit, la voix d'Ymir s'éleva, douce et grave, pleine de compassion.

"Tu n'es pas seul, fils de l'Ombre...
Tu ne l'a jamais été, et ne le seras jamais Tanÿs Basmaran..."


Alors que le sens des mots percutait son esprit et que ses yeux d'émeraude s'élargissaient de nouveau, il senti soudainement des larmes lui monter aux yeux. Immédiatement, il tenta de les ravaler mais sous l'intensité des sentiments qui se bousculaient dans sa tête, honte, tristesse, amour... il ne tarda pas à laisser ses pleurs aller rouler librement le long de ses joues tandis qu'il se retournait en direction de la ville. Ils restèrent de long moment ainsi, Tanÿs puisant le réconfort dont il avait besoin dans les bras de son ami, fermement serrés autour de lui. Il finit par se dégager de l'étreinte d'Ymir et descendit de son siège improvisé. Il ne savait plus quoi penser... plus quoi faire... Il venait de découvrir sa mère, mais venait aussi de la perdre, dans l'instant suivant. Il venait également de perdre le seul souvenir qu'il lui restait d'elle, ce magnifique anneau auquel il avait accordé si peu de considération, par rapport à sa valeur sentimentale, autant pour lui que pour son père, qui lui avait offert. Dans l'esprit tourmenté du jeune déchu nombres de questions existentielles s'échappaient de la brèche créée par la perte de sa mère.
Lentement, un pas après l'autre, il s'avança vers le centre de la dalle, les mains le long du corps. Une fois au centre, il leva le regard au ciel qui continuait de s'éclaircir, malgré les nuages qui le recouvraient et quelques secondes plus tard le redirigea vers son ami. Il pris une longue inspiration et annonça d'une voix faible et mal assurée les questions qui lui torturaient l'esprit.

"Quel est notre but sur cette terre ? Notre race à t-elle été créée uniquement parce que les anges ne veulent plus de nous ? Au final, nous ne sommes que les déchets d'une race qui se veut sans imperfection. Finalement, sommes nous capables de résister, capables de faire quoi que ce soit ?
Et si, comme l'a dis Dror'kan, nous n'étions définitivement qu'une plaisanterie grotesque vouée à disparaître dans les temps qui viennent ?"

Au début, la voix de Tanÿs était faible et hésitante, emplie d'une tristesse infinie. Mais tout au long, elle se fit plus assurée, malgré un ton encore quelque peu attristé.
Alors que ses derniers mots se perdaient dans le silence de l'aube, l'envie de partir à la recherche d'Akara se fit de plus en plus pressante, comme si le souvenir de sa mère le poussait à trouver cette humaine pour récupérer sa bague.
Alors qu'il faisait les cents pas sur la dalle de marbre, un souvenir lui revint en mémoire. Celui du jour où son père lui avait offert cette bague. Ses souvenirs étaient un peu confus, mais en y repensant, il se rappelait que son père avait un ton étrange quand il parlait, comme si.... il était...triste, ce que, tout au long de sa vie, Tanÿs n'avais jamais remarqué venant de son père. Sur le coup, il n'avait rien remarqué, mais en y repensant, tout cela prenait un sens nouveau. Cela avait dû lui couter, de lui offrir cette bague... tout ça pour qu'il la perde en secourant une pauvre humaine.

Alors que cette scène se répétait sans cesse dans son esprit, l'immense tristesse que Tanÿs ressentait quelques instants plus tôt se mit sans tarder à se partager son cœur avec un sentiment de haine des plus sombre. Vis à vis des anges, si parfait qu'ils se prétendaient être et qui avaient sans se poser de questions tué sa mère ainsi que nombres de leurs camarades, présents dans le campement, vis à vis des humains, ces petits rats voleurs. A cet instant, le seul désir du jeune ange noir était de se jeter du haut de la Tour, de prendre son envol et parcourir les Terres d'Alesia en long et en large, qu'importe combien de temps cela lui prendrait, pour enfin retrouver cette humaine, et surtout, sa bague. Tout d'un coup, lui revint en mémoire la raison pour laquelle il l'avait sauvé. En temps normal, il l'aurait laissé se faire tuer par le démon, mais Trauma-Nakan préférait que son peuple aide les humains. Aussitôt le lien fait entre la perte de sa bague et la responsabilité de l'Archange Sombre dans cette perte qu'un sentiment inqualifiable, allant entre la haine et l'impression d'avoir été trahit, l'envahit à l'encontre de cette personne. Quelques instants plus tard naissait en lui une envie de plus en plus intensive de quitter le Pandémonium, autant pour fuir que pour retrouver sa bague. Soudainement, il s'arrêta de tourner en rond autour de la dalle centrale et, après un dernier regard vers le pale lever de soleil, se tourna vers son maître et ami, après un instant d'hésitation il se lança.


" ... Si vous m'avez trouvé ici, au sommet de la Tour, c'était parce que j'avais besoin de.... réfléchir au calme.
Cette nuit j'ai fait un rêve étrange... j'ai rêvé de ma mère et du jour de ma naissance. Dans le même rêve j'ai également vu sa mort. Juste avant qu'il ne se termine, j'ai aperçut qu'elle portait un anneau. L'anneau que mon père m'avait offert il y a de ça plus de cent ans. Cet anneau... je l'ai perdu le jour de cette mission de reconnaissance chez les vampires, le jour où j'ai sauvé cette humaine, Akara, et c'est elle qui me l'a volé... Aussi je prévois de quitter le Pandémonium le temps de retrouver l'humaine et par la même occasion mon anneau. "


Plus du tout certains de ses sentiments mais sûr d'une chose, sa volonté de récupérer le souvenir de sa mère, il se dirigea vers Ymir et se rassit sur le bord de la cime de la Tour, jetant un dernier regard sur la cité en contrebas, son masque reposant toujours à ses côtés.

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Ymir Danhaka
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MessageSujet: Re: Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]   Sam 3 Juil - 17:45

Doucement, Tanÿs se dégagea de l'étreinte protectrice de son maître et ami, s'éloignant vers le centre du plateau. Le jeune ange noir était visiblement plus préoccupé encore qu'Ymir ne l'avait supposé de prime abord et il eut été facile pour celui-ci de scruter l'aura de son disciple grâce à son don de seconde vue pour tenter de comprendre d'où provenaient ses tracas. Il n'en fit rien. La magie ne réglait pas tout en ce monde, et moins encore lorsqu'il s'agissait du coeur des gens. Il attendit donc, patiemment, que Tanÿs parvienne à formuler sa douleur. Et lorsque les mots franchirent enfin ses lèvres, aucun d'entre eux n'étaient surprenant.

"Quel est notre but sur cette terre ? Notre race à t-elle été créée uniquement parce que les anges ne veulent plus de nous ?
Au final, nous ne sommes que les déchets d'une race qui se veut sans imperfection. Finalement, sommes nous capables de résister, capables de faire quoi que ce soit ?
Et si, comme l'a dis Dror'kan, nous n'étions définitivement qu'une plaisanterie grotesque vouée à disparaître dans les temps qui viennent ?"


Enfin de compte, cela avait fini par arriver. Les paroles emplies de poison de l'aristocrate vampire s'étaient frayé un chemin tortueux jusque dans les tréfonds de l'âme du jeune déchu, trouvant certainement bien plus d'échos qu'il l'aurait imaginé. Le doute, la crainte ; des mots jusque là inconnus de Tanÿs Basmaran, malgré même le sordide destin réservé à sa vue. par le maléfice dont il était atteint, depuis de nombreuses années déjà. Depuis une lointaine mission, l'une de ses premières en temps qu'Elite des Ombres, qui avait bien failli tourner au désastre... Et même cela, cette certitude qu'un jour ses magnifiques yeux d'émeraude seraient définitivement plongé dans l'obscurité, jamais avant ce jour il n'avait exprimé pareil tourment, lui l'éternel insolent, moqueur et espiègle ange noir.
Dror'kan avait finement joué. Oui, les anges déchus étaient des imperfections à leur manière. Ils étaient les reflets exacte de tous les défauts que la Lumière elle même n'avait pas pu effacer chez les anges, jadis humains. Il n'en étaient que plus beaux pour Ymir. Nul carcan, nul interdit des sentiments et des désirs. L'Ombre était selon lui le seul véritable état de grâce qu'un immortel pouvait atteindre, dépassant les limites futiles que les lumineux s'imposaient volontairement, conformes en tout point aux dogme de leur précieuse magie.
La perfection n'est jamais atteinte, mais le mal en approche ses ailes de plus près...
C'était une chose qu'il avait apprit il y a bien longtemps, après que ses propres frères se soient retournés contre lui et aient tenté de le tuer ; sans l'aide de Trauma-Nakan et des pouvoirs de l'ombre, ils auraient réussi. Elle lui avait enseigné tout ce qu'elle savait de ce monde, celui des mortels et des autres races, un monde bien éloigné des lois célestes, désordonné, violent et sans pitié aucune. Un monde fascinant. Puis Lodarian, son âme maudite, son némésis, lui avait enseigné la peur, la volonté de lutter et de briser les chaines de sa condition et de son destin. Une chose difficile s'il en était.
Tanÿs avait beau faire partie des anges déchus les plus forts, entrainés et favorisés du Pandémonium, il n'en restait pas moins incroyablement jeune en comparaison de l'éternité allouée à ceux de son espèce. Il manquait d'expérience, de résolution et de résistance. L'effet qu'avaient eu les paroles du vampires en était la preuve douloureuse.
Le jeune déchu arrêta ses pas. Cela faisait plusieurs minutes qu'il tournait autour de la dalle centrale du plateau, le regard sans doute absorbé par les lueurs qui s'y reflétaient et l'esprit occupé à ressasser de noires pensées. Il se tourna vers le Commandeur qui ne cessait de l'observer, adossé au rebords de pierre, les bras croisés et le visage sans autre expression qu'une tranquillité contemplative. Il sembla hésiter un moment, avant de poursuivre :

" ... Si vous m'avez trouvé ici, au sommet de la Tour, c'était parce que j'avais besoin de.... réfléchir au calme.
Cette nuit j'ai fait un rêve étrange...
j'ai rêvé de ma mère et du jour de ma naissance. Dans le même rêve j'ai également vu sa mort. Juste avant qu'il ne se termine, j'ai aperçut qu'elle portait un anneau. L'anneau que mon père m'avait offert il y a de ça plus de cent ans.
Cet anneau... je l'ai perdu le jour de cette mission de reconnaissance chez les vampires, le jour où j'ai sauvé cette humaine, Akara, et c'est elle qui me l'a volé...
Aussi je prévois de quitter le Pandémonium le temps de retrouver l'humaine et par la même occasion mon anneau. "


Ymir ferma les yeux et secoua faiblement la tête. Le garçon ne comprenait pas. Il ne le pouvait pas, aveuglé qu'il était par la colère, la peine et l'incertitude. Contrairement à ce qu'il énonçait, réfléchir objectivement lui était parfaitement impossible, comme en témoignait cette décision de s'en aller des terres sombres. Voler vers l'Alésia, des jours de voyages jusqu'au frontières du Royaume de Fer pour ensuite chercher une humaine insignifiante qui n'était peut-être même plus en vie depuis le temps. Si elle avait croisé un démon et ne devait sa survie qu'à l'intervention de l'Elite, elle aurait probablement succombé à quelque autre créature jailli des frondaisons d'Imbolt. Tout cela pour un anneau, aussi symbolique soit-il, relevait de l'inconscience pure et simple, tant en terme de danger physique que diplomatique. Si cette Akara avait déjà vu un déchu, nul doute qu'une autre visite saurait la renseigner plus encore sur la nature de cet étrange visiteur. A moins qu'il n'ait prévu de la tuer de ses propres mains pour éviter tout risque ; une chose qui ne plairait sans doute pas à l'Archange Sombre.
Ymir lui se souciait peu du sort des humains, bien qu'il reconnaisse l'importance d'une hypothétique alliance avec Fenrig. Isolés, les hommes étaient certes intéressant, mais à son goût trop imprévisibles et peu digne de confiance. Cela devait avoir un rapport avec leur si brève espérance de vie...
Quoi qu'il en soit, si Tirésias Basmaran serait sans doute furieux que son fils ait pu égarer son cadeau, il le serait bien plus encore s'il apprenait qu'il avait quitté la cité pour partir en territoire inconnu et aussi potentiellement ami qu'ennemi pour le retrouver. Et il ne serait pas le seul. Aussi, le Commandeur s'estimait en devoir de rappeler à son jeune élève que même les ténèbres avaient leurs règles, et qu'il n'était pas en droit de les transgresser selon ses seules envies...
L'ange déchu rouvrit les paupières, se détacha de son siège de marbre et s'avança tranquillement vers l'ange noir, les bras toujours croisés. Il arriva bien vite à son niveau. Sa voix douce et profonde s'éleva, apaisante.

"Tanÿs, tu as raison sur un point. Nous existons uniquement parce que les anges ne nous désiraient pas dans leurs rangs.
Nous ne sommes pas dignes d'être les chiens soumis de la sainte et révérée Lumière. Est-ce que cela fait de nous une plaisanterie ?
Je ne le crois pas. Et tu ne le devrais pas.
Nous sommes les fils de l'Ombre, les anges déchus, des bannis qui se sont relevés et se sont élevés bien au delà de ce que leurs bourreaux avaient prévus en châtiment, bien plus haut que leurs traîtres de frères. Nous avons été rejetés parce que différents, privés de ce qui nous revenait de droit.
Et aujourd'hui nous avons bien plus que tous ce que les anges peuvent seulement rêver. Nous sommes un peuple à part entière, uni, et toi, Tanÿs Basmaran, ainsi que tous les enfants des déchus êtes les fondateurs d'une race nouvelle. Vous êtes les anges noirs.
Vous êtes la preuve vivante de notre raison d'être à tous, et il n'y a rien qui doive te faire douter de cela.
Nous ne sommes pas voués à disparaître, bien au contraire. Et bientôt viendra le jour où nos armées s'élanceront en dehors de nos frontière et déferlerons sur les terres d'Alésia pour que tous sachent que nous existons.
Alors les anges trembleront, et ils verront, impuissants, les dignes enfants de l'Ombre jeter à bas leurs espoirs et leur royaume même.
Bientôt, nous leur ferons regretter les souffrances qu'ils nous ont infligé.
Cependant..."


Le corps du Commandeur se métamorphosa brusquement en un orage de ténèbres mouvants qui se rapprocha en une sconde de Tanÿs. Un éclair blanc émergea et s'abattit, fulgurant, sur la pommette de l'ange noir. L'ombre se condensa, laissant place à Ymir, debout au dessus de l'Elite prostré contre la dalle, un hématome de fort bonne taille noircissant sa joue. Avant qu'il ait pu faire le moindre geste pour se relever, la botte de son supérieur s'écrasa sur sa poitrine, lui coupant en partie la respiration. Autour des deux déchus, de sourds crépitements d'énergie perçaient le silence de l'aube.
Ymir fixait son disciple avec un regard exempt de toute émotion, une impassibilité glaciale qu'il n'affichait que rarement face à lui. La pression sur le torse de l'ange noir se fit plus écrasante.
Lorsque le discours reprit, le ton avait nettement changé.

"Tu te trompes lourdement si tu crois que ta situation de favori te permets de faire ce que bon te semble sous prétexte que tu souffres. Ton inconscience pourrait te condamner et nous condamner tous, si tu partais seul en terre humaine chercher cette femme. Tu n'es pas encore aussi puissant qu'un autre élite. Qu'arriverait-il si tu avais à mener un combat trop difficile pour toi ?
Ton anneau représente peut-être beaucoup de chose à tes yeux, mais il n'est certainement rien en comparaison de tous ce qui se trouve sous ta responsabilité.
Tu es un guerrier du Pandémonium, un élite des Ombre, et en temps que tel c'est tout ta cité, ton royaume et ton peuple que tu te dois de protéger et de servir au mépris de tes problèmes personnels. Nous sommes en plein préparatifs des conflits qui se profilent, et ce n'est vraiment pas le moment pour que nos soldats battent la campagne en solitaire pour retrouver les bijoux qu'ils ont eu la stupidité d'égarer.
S'il est une chose que je ne permets pas aux hommes sous mon commandement, et tu as beau être mon ami tu ES sous mon commandement, c'est le manque de responsabilité et de maturité. Un manque dont tu fais preuve en ce moment, Tanÿs Basmaran !
Comme je l'ai dit, tu n'es pas seul, et cela compte dans tous les domaines. Tu as des devoirs, que tu as accepté en entrant dans l'Elite des Ombres en sachant qu'ils exigeraient beaucoup de toi. Ton père serait-il fier s'il te voyait ainsi ? Et penses à la douleur qu'il ressentirait s'il venait à perdre son fils unique, la seule famille qu'il lui reste. Pense avec ta tête et pas seulement avec ton coeur, sans quoi tu n'arriveras à rien."


La pression cessa d'un coup. Ymir se détourna, laissant le jeune déchu se redresser sans lui accorder un regard. Après quelques instants, il reprit, mais sa voix s'était de nouveau adoucie.

"Je dois m'absenter durant un temps, Pour des questions qui concernent la sécurité même du royaume. Il me faut me rendre en Imbolt pour vérifier que le lycan que j'ai affronté il y a de ça quelques mois et belle et bien mort. Après quoi j'irai au Sud, en Enfers, pour retrouver Balthazar et lier une alliance officielle entre nos deux races. J'en profiterai pour tenter de me débarrasser définitivement de Lodarian. Tant que nos âmes habiteront le même corps, il restera le danger qu'il en prenne le contrôle. Ce qui serait dramatique.
Durant cette période, je comptais te confier le commandement de tous les régiments d''Elites. Je pensais que tu étais prêt pour une telle tâche, mais je me rends compte que je me suis peut-être trompé. Dois-je nommer Rythiel ou Vanathoris à ta place ? Ils sont plus âgés après tout, alors que tu sembles manquer de confiance en toi. Comment alors des soldats pourraient-ils te faire confiance et t'obéir ?
Es-tu capable de te ressaisir, Tanÿs ? Où dois-je t'envoyer dans le corps d'armée des lanciers pendant mon absence pour que tu réapprennes ce qu'être déchu signifie ?"


L'effet serait douloureux, à n'en pas douter. Après ces mots, la fierté du jeune guerrier risquait d'en prendre un coup, mais c'était un mal nécessaire.
En silence, Ymir Danhaka attendit la réaction et la réponse de son élève.

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Dernière édition par Ymir Danhaka le Lun 25 Oct - 23:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]   Lun 11 Oct - 22:16

Dès que son maître ferma les yeux avant d'agiter légèrement la tête, Tanÿs sut immédiatement de quel acabit serait la réponse. Instantanément, il replia ses doutes dans une coin de sa mémoire, sans toutefois les oublier puis se concentra sur la réplique plus ou moins cinglante d'Ymir qui vraisemblablement n'arriverai pas tout de suite.

" Tanÿs, tu as raison sur un point. Nous existons uniquement parce que les anges ne nous désiraient pas dans leurs rangs.
Nous ne sommes pas dignes d'être les chiens soumis de la sainte et révérée Lumière. Est-ce que cela fait de nous une plaisanterie ?
Je ne le crois pas. Et tu ne le devrais pas.
Nous sommes les fils de l'Ombre, les anges déchus, des bannis qui se sont relevés et se sont élevés bien au delà de ce que leurs bourreaux avaient prévus en châtiment, bien plus haut que leurs traîtres de frères. Nous avons été rejetés parce que différents, privés de ce qui nous revenait de droit.
Et aujourd'hui nous avons bien plus que tous ce que les anges peuvent seulement rêver. Nous sommes un peuple à part entière, uni, et toi, Tanÿs Basmaran, ainsi que tous les enfants des déchus êtes les fondateurs d'une race nouvelle. Vous êtes les anges noirs.
Vous êtes la preuve vivante de notre raison d'être à tous, et il n'y a rien qui doive te faire douter de cela.
Nous ne sommes pas voués à disparaître, bien au contraire. Et bientôt viendra le jour où nos armées s'élanceront en dehors de nos frontière et déferlerons sur les terres d'Alésia pour que tous sachent que nous existons.
Alors les anges trembleront, et ils verront, impuissants, les dignes enfants de l'Ombre jeter à bas leurs espoirs et leur royaume même.
Bientôt, nous leur ferons regretter les souffrances qu'ils nous ont infligé. "


Aussitôt, la plupart de ses doutes s'envolèrent pour laisser place à un sentiment de soulagement qui fit briller d'une lueur malicieuse ses pupille d'émeraude.

" Cependant... "

Totalement pris au dépourvu, alors qu'il s'apprêtait à prendre de nouveau la parole, un nuage de ténèbres se rua sur lui et moins d'une seconde après, un éclat blanc, qui se trouvait être le bras d'Ymir en émergea et déferla sur le visage incrédule de Tanÿs, dispersant ses idées comme le vent dispersant les cendres. Portant la main à sa joue et avant même qu'il n'ait pu penser à se relever ou même à protester, une botte, écrasante, vint s'étaler sur sa poitrine, bloquant le moindre mouvement. Lorsqu'il croisa le regard d'améthyste qui le surplombait, il lui fit l'effet d'un deuxième coup de poing. La tension entre eux avait énormément augmentée si bien que des crépitements d'énergie sombre se faisaient entendre au sommet de la Tour. Son visage affichait une expression glacial telle que Tanÿs n'en avait rarement vu, du moins pas lui étant adressée. Aussitôt, la remontrance ne se fit pas attendre et, tout en évitant de croiser son regard, il encaissa critique sur critique.
Le précédent coup et la botte sur sa poitrine n'étaient rien en comparaison du choc qu'il venait de recevoir, un choc d'une violence inouïe qui le fit brutalement revenir à la réalité et lui fit comprendre l'égoïsme de ses actes. Il voulait mettre en danger tous ses pairs, ses amis, son père et même les déchus qu'il ne connaissait qu'à peine voir pas du tout. Tout ça uniquement pour un anneau. Si important soit-il, cela prouvait un comportement des plus puérils, aussi cela l'agaça au plus haut point. Cependant, sa fierté lui fit penser qu'il serait capable de s'en tirer en terres humaines, capable de s'en sortir contre un adversaire trop fort, son entrainement draconien lui ayant permis de devenir l'un des plus rapides de sa race.
Ymir reprit la parole, sans qu'il se soit rendu compte que la pression sur sa poitrine s'était arrêtée subitement. Il en profita pour se relever et écouter.

" Je dois m'absenter durant un temps, Pour des questions qui concernent la sécurité même du royaume. Il me faut me rendre en Imbolt pour vérifier que le lycan que j'ai affronté il y a de ça quelques mois et bel et bien mort. Après quoi j'irai au Sud, en Enfers, pour tenter de me débarrasser définitivement de Lodarian. Tant que nos âmes habiteront le même corps, il restera le danger qu'il en prenne le contrôle. Ce qui serait dramatique.
Durant cette période, je comptais te confier le commandement de tous les régiments d'Élites. Je pensais que tu étais prêt pour une telle tâche, mais je me rends compte que je me suis peut-être trompé. Dois-je nommer Rythiel ou Vanathoris à ta place ? Ils sont plus âgés après tout, alors que tu sembles manquer de confiance en toi. Comment alors des soldats pourraient-ils te faire confiance et t'obéir ?
Es-tu capable de te ressaisir, Tanÿs ? Où dois-je t'envoyer dans le corps d'armée des lanciers pendant mon absence pour que tu réapprennes ce qu'être déchu signifie ? "


Les doutes et la honte ressentis juste avant venaient de disparaître, remplacé par un sentiment qu'il n'avait jamais éprouvé à l'encontre du Commandeur. Une haine, engendrée par la frustration et les paroles d'Ymir l'envahit, l'aveuglant et réduisant sa capacité de réflexion à la seule pensée qu'il devait se battre contre lui.
Alors que la haine remontait jusqu'à ces yeux et que son maître continuait de lui tourner le dos, marchant peu à peu vers le centre de la grande dalle de marbre, il donna à sa voix un ton neutre, sans trace des sentiments qu'il abritait. Il s'adressa à lui dans un ton cérémoniel, comme n'importe quel déchu aurait du et pas comme un ami l'aurait fait.

" Vous avez raison Seigneur Danhaka, j'ai été aveuglé par la perte de cet anneau, qui soi-dit en passant n'a rien d'autre qu'une valeur sentimentale. À cause de ceci, j'ai faillit mettre en péril tout ce que vous et l'Archange Sombre avait mis tant d'année à créer et à mettre en place, j'ai faillit mettre en péril la nation Déchue toute entière. Et pour ce que je n'ai pas fais, uniquement pour ce que j'ai voulu faire et pour ce que je vous ai entretenu quelques instants auparavant, je vous saurais gré de me pardonner et je tiens tout particulièrement à vous présenter de sincères excuses. À l'avenir, j'essayerai d'être plus mature et de ne pas me laisser emporter par mes sentiments. "

Sa voix perdit toute constance cérémonielle et le masque tomba, révélant ses véritables intentions. Une seule phrase :

" Cependant je ne suis pas d'accord sur un point. "

Tanÿs se ramassa sur lui même,se préparant à la course la plus rapide de sa vie. Pendant ce temps, il accumula son mana, formant un aura sombre autour de lui avec de chuchoter le plus doucement possible la formule qui lui permettrait d'accomplir ce qu'il voulait tout en se lançant en direction d'Ymir.

Précis et vif comme le vent sombre des nuits d'hiver...

Le début de sa course aurait pu être visible par un œil extérieur, mais au bout de quelques pas, il accéléra au point que sa silhouette, forme floue et rapide au possible percuta le flan de son maître qui s'était retourné dans se direction, propulsant les deux Déchus dans le vide, au dessus de la ténébreuse cité.
Le départ quasi-instantané de Tanÿs ayant provoqué un mouvement d'air considérable, son bandeau, docilement posé sur le bord de la dalle s'envola en flottant lentement au gré des vents pour atterrir là où eux-mêmes le jugeraient bon.
Profitant de l'effet de surprise, et encore sous l'effet du sort, l'élève posa ses pieds sur la poitrine de son maître et pris appui violemment, l'envoyant encore plus rapidement vers les pavés de la cité tandis que lui même prenait encore plus d'altitude. Aussitôt, deux grandes formes ténébreuses s'élevèrent derrière son dos, avant de prendre la forme de deux ailes noires. D'un grand coup, il plongea en piqué en direction d'Ymir, plus qu'impatient de lui prouver qu'il pouvait s'en sortir sans être tout le temps sous sa protection.

Un grand silence régnait sur le Pandémonium, bientôt troublé par l'éclat des coups frappés par deux formes sombres tombant lentement du sommet de la Tour des Sombres.

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Ymir Danhaka
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MessageSujet: Re: Le songe du passé [PV Ymir Danhaka]   Sam 25 Juin - 3:43

L'humilité n'est pas un trait de caractère partagé par de nombreux déchus.
Ymir était très bien placé pour le savoir. Chaque jeune guerrier que lui et ses instructeurs formaient année après année affirmait l'esprit fier, touchant à la pure arrogance qu'ils avaient tous le plus grand mal réprimer. Tanÿs ne faisait pas exception à la règle, loin de là, à plus forte raison qu'il savait son talent inné, unique. Peu à peu il s'assagissait, mais un pic bien placé pouvait assurément ébrécher le rempart de son indifférence et laisser jaillir son égo à torrent. Au moins une chose qu'il leur restait en commun avec les anges...
Quelque chose remuait dans l'éther. Une masse opaque se formait autour de Tanÿs, maelstrom complexe de filaments entrelacés ne cessant de grandir. Un amas de ressentiment bouillonnant comme un orage sur le point d'éclater qui se cristallisait en une quantité impressionnante d'énergie obscure. Du Mana, à n'en pas douter. Le Commandeur contemplait les rues en contrebas, plongées dans la nuit, sans prêter attention à l'aura instable de son jeune disciple. Il aurait beau l'abreuver de sages paroles ou de réprimandes, celui-ci pouvait entendre, mais il n'écoutait pas. Son esprit était délibérément noyé dans la colère, sa raison rejetée, oubliée. Les mots ne pouvaient plus l'atteindre. Le seul langage qu'il fut encore à même de comprendre était tout autre. Une évidence absolue s'imposait à Ymir. Une évidence sans cesse confirmée par ce qu'il voyait et savait du monde et de l'histoire. Tous les immortels, sans exceptions, étaient voués à la guerre. La violence était pour eux comme une seconde nature, qu'ils soient bons ou maléfiques. Tout apprentissage, tout savoir, ne pouvait s'acquérir que dans la violence...
Et la leçon venait à peine de commencer. La voix glacée de Tanÿs parvint jusqu'à Ymir de derrière lui et le tira de ses méditations, empreinte d'un ton officieux qui ne lui était point coutumier.

" Vous avez raison Seigneur Danhaka, j'ai été aveuglé par la perte de cet anneau, qui soit dit en passant n'a rien d'autre qu'une valeur sentimentale. À cause de ceci, j'ai faillit mettre en péril tout ce que vous et l'Archange Sombre avez mis tant d'année à créer et à mettre en place, j'ai faillit mettre en péril la nation Déchue toute entière.
Et pour ce que je n'ai pas fais, uniquement pour ce que j'ai voulu faire et pour ce dont je vous ai entretenu quelques instants auparavant, je vous saurais gré de me pardonner et je tiens tout particulièrement à vous présenter de sincères excuses. À l'avenir, j'essayerai d'être plus mature et de ne pas me laisser emporter par mes sentiments.
Cependant je ne suis pas d'accord sur un point. "

L'ombre frémit tandis qu'un puissant souffle magique galvanisait le corps et l'esprit de l'élève, résolument prêt à défier son maître. Ymir ne cillait pas, et il n'esquissa pas le moindre geste lorsque les mots de pouvoirs résonnèrent en une douce mélopée à ses oreilles. Il ferma les yeux, et attendit. Simplement...

"Précis et vif comme le vent sombre des nuits d'hiver..."

Tanÿs s'élança. Il n'était plus qu'un esprit acéré, nimbé d'ombre évanescente, insaisissable, paraissant complètement possédé par la Danse Macabre. Chacun de ses pas le portait en avant à une vitesse inouïe jusqu'à ce qu'il bondisse. Pan d'obscurité mouvante mu par la colère. Presque au ralentit en comparaison, Ymir se retourna à l'instant précis ou son élève le percutait de plein fouet. Les propulsant tous les deux dans le vide. Leurs corps basculèrent et chutèrent comme deux météores attirés par le sol. Tanÿs se ramassa et imprima un grand coup des deux pieds sur la poitrine d'Ymir pour remonter et accélérer encore la chute vertigineuse du Commandeur.
Ymir respirait, doucement. L'air froid de la nuit sifflait dans ses cheveux et ses vêtements. Il tombait. Comme un prince endormit au visage de craie, nimbé de ténèbres ; Un ange noir, rejeté par les étoiles. Il tombait.
Tanÿs déploya ses ailes et piqua vers lui d'un air plus déterminé que jamais.

Dans l'éther, l'ombre était paisible autour de lui. Elle circulait, docile, comme un flot inépuisable, formant et liant chaque chose en une structure fluide, parfaite. L'aura de Tanÿs Basmaran, électrisante, était seule à perturber ce chant harmonieux, sans pour autant en être rejeté. Même sa colère faisait partie intégrante de l'Obscurité, un trait de pinceau audacieux dans un tableau de maître. Il avait simplement besoin d'apprendre quelle était sa place.
L'esprit et l'âme ne sont que Ténèbres...


Un silence absolu figea l'espace durant une infime seconde.
Il ouvrit les yeux. L'atmosphère trembla, secouée par une onde d'énergie incroyable. La colonne d'aura aveuglante grimpa vers les cieux tel un immense cyclone de lumière améthyste embrasant la nuit. Au cœur de se soleil surnaturel, un nuage de plumes tourbillonna avant de s'étendre en deux immenses ailes noires dans le dos d'Ymir, ses yeux rayonnants comme deux astres d'argent. Astres qui dardaient leur regard glacial sur Tanÿs Basmaran.
La lumière se dissipa d'un seul coup, laissant seulement une pression étouffante autour de Tanÿs. Les serres du corbeau venaient de se refermer sur lui. Une main immaculée émergea du manteau du Commandeur, toujours en train de filer vers les pavés du pandémonium sans chercher à ralentir sa chute. Un crépitement strident monta rapidement en force alors qu'une sphère d'ombre animée se formait dans sa main. Les mots de pouvoirs jaillirent, impérieux, d’entre ses lèvres :

"Déchire la Nuit et devient Lune..."

Et la sphère explosa. Un énorme éclair de ténèbres fendit l’espace en sifflant, manquant de peu de couper Tanÿs en deux. Il virevolta, frôlé de justesse par l’énergie meurtrière qui alla se perdre dans les nuages. Une odeur d’oxygène brulé flotta un instant autour de lui.

« Souffle sombre, amour de l'ombre... "

Un seul instant. Bruissement de velours et de plumes. Ymir sortit de l’ombre presque contre lui, sa main agrippant le cou gracile d'une poigne terrible. D’un mouvement puissant, il envoya le jeune déchu percuter la paroi de la Tour sombre comme une poupée de chiffon. Il fondit à nouveau vers sa proie, le rejoignant en un battement de cœur ; son poing s’écrasa sur la poitrine de Tanÿs comme un marteau sur une enclume. Il ne rencontra que le roc inébranlable de la citadelle, sur lequel apparu une lézarde douloureuse. Ymir tourna vivement la tête vers l’endroit où son disciple ressortait en hâte de l’ombre, l'attaque esquivé de peu, encore une fois. Un halètement presque imperceptible soulevait sa poitrine. Mais son adversaire ne comptait pas lui accorder la moindre seconde de répit. Dans un cliquetis métallique familier, il dégaina l’un de ses sabres noirs et, se propulsant depuis la tour, vola vers Tanÿs en tourbillonnant. Les lames s’entrechoquèrent. Des étincelles fusaient de toutes part tandis que les deux déchus échangeaient des coups à une vitesse fulgurante sans cesser de chuter vers les rues du Pandémonium qui se rapprochaient à grande allure. Fureur grondante contre impassibilité mortelle, les guerriers se livraient une lutte sans merci, déchirant l'air du tranchant de leurs épées et de leurs sortilèges. Tanÿs se mouvait avec une grace féline, rivalisant d'agilité et de dextérité face à la maitrise écrasante d'Ymir. Leurs corps se fondaient à tour de rôle dans l'éther, se traquant entre les dimensions jusqu'à ce que les tours effilées de la cité de les dépassent. Le Commandeur laissait l'Elite le harceler à loisir, se dérobant de façon à mener le combat toujours plus loin à travers les rues et au dessus des toits du pandémonium, parant ou esquivant chaque attaque sans paraître ressentir le moindre trouble, la moindre fatigue. Il était entièrement tourné vers ce combat, attentif au moindre déplacement, concentré sur les enchainements meurtriers qu'effectuait son élève et lui retournant ses assaults sans paraître prendre d'avantage décisif réussir à le blesser sérieusement. Peu à peu, il les éloignait tous deux du centre de la ville...
Alors qu'il bloquait un énième coup d'épée de Tanÿs, la garde d'Ymir parut soudain faiblir. Aussitôt, la lame de son adversaire s'engouffra dans la brèche, portant un estoc fulgurant au niveau du torse. La pointe acérée de l'arme transperça aisément le vêtement. Pour se stopper net, inoffensive, contre la peau du Commandeur. Il contempla un instant son manteau déchiré, releva les yeux et fixa intensément Tanÿs, lame toujours pointée en avant. Un infime sourire naquit sur ses lèvres, avant qu'il se détourne brusquement.

"Souffle sombre, amour de l'ombre..."

Il disparut. Filant à travers l'obscurité vers le rempart extérieur, il percevait l'aura lointaine de Tanÿs, lancé à sa poursuite. Il accelera d'avantage, sentant que l'Elite comblait rapidement la distance entre eux. A l'instant où il allait être rattrapé, il émergea de l'éther et roula sur les pavés qui venaient de se matérialiser devant lui. Il se rétablit et se redressa lentement alors qu'un bruissement fugitif annonçait l'arrivée de l'autre. A quelques mètres l'un de l'autres, les anges déchus se faisaient face au beau milieu du quai nord. C'était une vaste place de marbre, cernée de deux côtés par des postes de gardes et des casernes militaires, d'un autre côté par une arche qui donnait sur les quartiers extérieurs du pandémonium, et enfin par rien d'autre que le vide. Au bord de la place, le grand rempart s'ouvrait sur une mer de nuages agitée par les vents et, loin en contrebas, à des centaines de lieues de distance, s'étendaient les terres sombres.
Ymir, dos au gouffre vertigineux, riva son regard à celui de son élève. Un moment s'écoula, où les deux anges déchus, immobiles, s'observèrent dans le silence. Seul la brise murmurait doucement autour d'eux. Elle agitait leurs vêtements et leurs cheveux d'un mouvement délicat qui donnait à la scène un caractère presque irréel.
Finalement, dégainant avec lenteur son deuxième sabre, Ymir parla :


"Tu t'es amélioré, Tanÿs...
Cependant, cela ne change rien. Tu n'es pas de taille face à moi.
La différence de puissance entre nous est aussi grande que l'espace qui sépare la Terre et le Ciel.
La haine t'aveugle, elle te domine. Alors que c'est toi qui devrait la dominer, l'utiliser...
Il te manque encore nombre de chose, ta rapidité seule ne te suffira pas toujours à vaincre...
Tu vas devoir faire mieux si tu veux combler un jour cette distance entre nous. Tu vas devoir faire beaucoup mieux...

Sinon tu vas mourir."



Le sol trembla. L'air devint soudain oppressant, l'atmosphère, écrasante. Malgré l'aube qui perçait, loin derrière les nuages, le quai fut comme plongé tout entier dans l'Ombre, ses contours brouillés par l'aura gigantesque qui s'étendait dans toute les directions tel un indicible cauchemar entrant dans le monde réel.



"Précis et vif comme le vent sombre des nuits d'hiver..."




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