Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]

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La Voix d'Alesia

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MessageSujet: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Dim 20 Déc - 18:41

Lorsque meurt une reine...



L'ombre courrait entre les arbres.
Elle allait, filant plus rapidement que le vent nocturne, invisible, silencieuse...
Et mortelle...

Les formes graciles des bâtiments elfiques passaient dans son champs de visions, des silhouettes délicates apparaissaient parfois entre les arches végétales ou sur les chemins suspendus sans qu'elle y prête la moindre attention, sans que cela ne la ralentisse une brève seconde. Nul ne pouvait la voir, et quand bien même...
Nul n'aurait pu l'arrêter.

Une route de pierres blanches, bordée de hêtres majestueux aussi anciens que le monde, endormis. Au bout, une vaste clairière, rendue insignifiante par la taille de l'arbre qui trônait en son centre, un chêne blanc aussi large qu'un château. Une haute porte s'ouvrait dans son tronc, et l'on pouvait voir, à toute heure du jour ou de la nuit, deux guerriers immobiles gardant l'accès. Leurs armures construites en d'étranges matières n'étaient pas aussi étonnantes que l'étaient leurs visages bordés de longues plumes, probablement celles de quelques redoutables rapaces avec lesquels ils avaient fusionné. Leurs yeux aux pupilles dilatées à l'extrême ne cillaient jamais, scrutant chaque parcelle du territoire dont ils avaient la charge.
Cependant, aucun des deux ne vit arriver l'ombre...
Les deux lanciers elfes s'écroulèrent au même instant, sans un bruit, alors que l'ombre se matérialisait entre eux. Elle les dépassa sans se presser, sachant que personne n'approcherait du lieu avant qu'elle ai rempli son office. Les portes d'argent s'ouvrirent, laissant entrer ce visiteur contre nature dans le sanctuaire inviolé de la race elfique...

Dépassant un à un les couloirs, les escaliers et les salles du cœur de Symphonia, celui qu'on eu dit homme se rapprochait inexorablement de son but. Le sommet de l'arbre, la dernière salle...
La chambre de la reine sylvestre...



...



Un visage aux traits marqués, dissimulé sous un capuchon couleur de cendres se penche au dessus de celui, pur et noble, d'une femme endormie. Une main s'en va effleurer la joue de le belle souveraine elfe, se retire comme à regret, puis revient, armée d'un morceau d'acier dont le tranchant affuté luit doucement dans la pénombre rêveuse.
L'inconnu retire son capuchon d'un geste las, révélant la bouleversante alchimie qui métamorphose son visage. Ses yeux d'or liquide contemplent les paupières papillonnantes de la dame qui s'éveille lentement...

Elle ouvre les yeux... elle voit. Elle voit l'ombre penchée au dessus d'elle, elle voit la dague acérée dans sa main, elle voit cette figure d'entre les rêves et les cauchemars, ces yeux venus d'un passé trop lointain pour être imaginé. Elle comprend...
De la surprise à l'effroi, elle passe à la tristesse et au regret. Elle ouvre la bouche, elle veut parler à l'être, elle éprouve le besoin de raconter...
Ne viennent que le silence et la douleur glacée...
Elle baisse les yeux, arrête son regard sur la lame qui la transperce, sur les pétales de roses qui fleurissent sur sa robe de soie. Elle regarde de nouveau son meurtrier. La colère se refuse à venir, le pouvoir lui est inaccessible...
Elle ne peux rien faire. Elle n'a rien pu faire. Elle ne veut plus rien faire...
Aucun désir de lutter contre cette océan de glace qui envahit ses membres, aucun désir de se battre pour vivre...
Deux mots parviennent à franchir le dernier portail de ses lèvres pâlissantes...

Souvenez-vous...

L'ombre se relève doucement. Elle admire un instant le corps sans vie de la noble reine, se recule de quelques pas, pose un genoux à terre et incline la tête.
Le silencieux hommage d'un messager de la mort...
L'ombre se détourne.

Une onde de sentiments déferle sur la forêt lorsque l'arbre blanc rugit sa douleur et sa peine. Les âmes de Symphonia répercutent son cri en un milliers d'écho qui font vibrer les cœurs du peuple elfique d'une même force. Tous ressentent l'immense perte et partage la détresse et la rage de l'Arbre. Des quatre coins du royaumes, une foule innombrable accoure jusqu'à la clairière en pleurant la mort de la reine.


...



Les chants de lamentation résonnèrent de longues heures durant cette nuit qui semblait ne pas avoir de fin...
Et pendant tout ce temps, une ombre silencieuse observait, immobile, ce que le destin déciderais de lui offrir...
C'est ainsi, tandis que le peuple elfique en deuil se faisait de plus en plus présent dans la clairière, qu'une lueur immaculée s'éleva de la cime du grand chêne. Des exclamations s'élevèrent des rangs des elfes, alors que les yeux de l'ombre invisible brillaient d'un terrifiant éclat.

L'orbe de lumière fusa dans la masse rassemblée sous elle, trouvant en une seconde celle qu'elle cherchait.
Un tourbillon d'étincelles enveloppa le corps d'une jeune elfe qui s'éleva dans les air, porté par les courants de magie qui l'investissaient en un torrent de puissance.
Lorsqu'elle retomba avec légèreté sur le sol, étourdie mais dégageant une aura plus que tangible, un grand silence s'était abattu sur la clairière.

Peu à peu, un nom s'éleva, d'abord murmuré... puis scandé par la foule et bientôt par le peuple elfique tout entier...
Le nom de la celle choisie par la forêt comme nouvelle Reine Blanhe...



Moryan Erïgold.


Sans un bruit, l'ombre se détourna et s'enfonça dans les profondeurs des bois...
Satisfaite.
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Moryan Erïgold
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Mar 22 Déc - 0:12

Moryan tournait en rond comme une lionne en cage. Depuis l’incident avec les elfes, elle avait été confinée dans son chêne par la Reine. Earané lui avait dit qu’elle devait réfléchir à son geste, se qu’elle faisait depuis des jours maintenant. Bien sur, elle n’aurait pas dû attaquer …

-Mais ce n’était que de la légitime défense !

Et la jeune elfe continua de ruminer. En ce moment, elle ne voulait qu’une seule chose : partir avec El’Lena à la recherche de sa sœur Aya. Enfin … Malgré son caractère rebelle, elle n’allait pas désobéir à la Reine. Alors elle restait dans son chêne, bien sagement. Mais sa belle prison dorée l’insupportait de plus en plus ! Il fallait qu’elle sorte … Oui, juste sortir, devant sa porte, respirer l’air frais de la nuit ! Elle avança, brusquement hésitante. La main tendu vers la porte, à quelques centimètre du bois, sa fierté légendaire lui faisait brusquement défaut et sa rébellion flétrissait dans son cœur comme une fleur sous la neige. Elle inspira un grand coup et appuya sur la poignée …

Le vent s’engouffrait dans ses cheveux, joueur. Quelques mèches vinrent caressés son visage délicat et la lueur fantomatique de la Lune faisait briller sa peau cuivrée. En cet instant, Moryan était comme tous les autres elfes : elle les regarda courir devant ses yeux. Même la nuit, les elfes continuaient de travailler. Après tout, ils n’avaient pas besoin de beaucoup de sommeil pour être en forme. Aussi, même la nuit, les elfes courraient en tous sens pour faire leurs besogne. Il y avait toujours des choses à faire : préparer des repas, réparer des arcs ou fabriquer d’autres flèches, voir même s’entraîner. Aussi, Moryan regarda ce ballet d’un œil connaisseur. Elle fut tentée de s’éloigner un peu de sa petite prison. Et un bruit sur sa droite lui donna un bon prétexte pour partir à l’aventure …

Elle suivit le bruit pendant quelques minutes. Elle voyait quelques branches cassées, apercevait une ombre de temps à autre, mais elle ne savait pas du tout se qu’elle suivait. Et franchement, elle s’en fichait un peu : elle était un peu libre. Elle n’aurait pas dû être là, elle le savait, mais comment retenir une elfe aussi têtue aussi longtemps captive de sa maison, sans garde devant sa porte ? Son sens moral l’avait retenu pendant plusieurs jours, mais pas davantage. De plus, c’était sans nul doute un exploit : elle n’écoutait même pas les ordres de son père.

Enfin, elle arriva dans une petite clairière. Et dans celle-ci, elle vit … Une panthère ! Majestueuse, féline jusqu’au bout des griffes, elle était tout simplement magnifique. Elle attendait là, disant à Moryan de ces grands yeux jaunes *bah alors, tu arrives ou quoi ?*
La jeune Luthanen fut très surprise. Les elfes avaient un lien très étroit avec la nature, c’était une évidence, mais les animaux sauvages restaient avant tout … sauvages. En approcher un était très rare, surtout que le comportement de cette panthère était on ne peut plus bizarre. Moryan s’avança doucement, sans geste brusque. Elle murmura :


-Que fais-tu là ma jolie ?

La panthère se remit debout, invitant silencieusement Moryan à la rejoindre. Cette dernière fronça les sourcils, encore une fois stupéfaite. Mais elle fit se que son instinct lui dictait : elle suivit la panthère, qui s’enfonçait de nouveau dans la forêt. Elles marchèrent ensemble encore un moment, avant que Moryan ne porte subitement, sans raison apparente la main à son cœur.
Souvenez-vous …
Une douleur atroce la fit vaciller dangereusement. Une tristesse sans fond lui déchira son âme. Avant même qu’elle ne comprenne pourquoi elle réagissait ainsi, de grosses larmes vinrent couler sur ses joues. Puis, elle éleva la voix en même temps que les centaines, les milliers d’autres. Une chanta la même litanie que les autres, ajoutant sa propre tristesse aux autres, partageant ce moment de peine absolu …

La Reine était morte. C’était un constat amer, qui frappa Moryan de plein de fouet. Quelque chose d’atroce. Au début, elle ne voulait pas le croire. Mais l’accablement était si profond, qu’elle devait croire cette vérité. Les elfes venaient de perdre leur Reine … Sa Grande Tante ! Finalement, Moryan fit comme tous les autres : elle marcha jusqu’au Chêne Blanc, résidence de la Reine des elfes. Là, elle pleura avec les autres la mort prématurée et incomprise de la Reine. Elle n’aurait pas dû partir si vite … Pourquoi ? Des questions qu’il faudrait élucider, c’était une évidence maintenant. Enfin, Moryan pensa que ce serait à la Nouvelle Reine de le faire. Elle, elle devait retrouver sa sœur, dès que le couronnement se sera achevé. Quand elle baissa les yeux, elle vit que tout le monde s’était écarter d’elle, pour une bonne raison : la panthère était à ses pieds, levant la tête aussi fièrement que Moryan le faisait d’habitude. Et avant que cette dernière ne comprenne se qu’il lui arrivait, un globe de lumière fondit sur elle.

La lumière blanche et pure entoura Moryan et la panthère, les confondant en un seul destin, quel qu’il soit. Le corps de la jeune elfe fut soulevé dans les airs, la lumière gagnant en intensité, rivalisant avec le soleil du jour qui n’allait pas tarder maintenant. Les autres elfes se cachèrent les yeux, pour se protéger de l’éclat. Puis, brusquement la lueur faiblit, devenant de plus en plus pâle, jusqu’à disparaitre à l’intérieur de Moryan. La panthère aussi avait disparu … A la place, il n’y avait que Moryan … Changer à jamais …

Les elfes présent commencèrent à scander son nom, s’amplifiant au fur et à mesure que le nom de la nouvelle Reine se répandait dans la forêt de Symphonia. Les arbres reprirent la nouvelle litanie, ode à Moryan, qui se retrouva propulser sur le devant de la scène sans qu’elle comprenne réellement pourquoi. Tout se qu’elle savait, se qu’elle venait d’avoir les pouvoirs ancestraux de la Reine Blanche, se qui faisait d’elle la Reine. Mais qu’en plus, elle venait de fusionner avec la magnifique panthère qui était à ses pieds. Cela faisait beaucoup d’un coup, elle pensa …

Elle regarda ses mains : quelques tâches venaient d’y apparaitre. Elle porta la main à son visage : de fines moustaches blanches ornaient ses joues et des oreilles rondes garnissaient son crânes, au milieu de ses cheveux bruns. Enfin, sur tout son corps, quelques tâches de-ci de-là, les plus foncé se trouvant sur ses reins. Les tâches de la panthère …

Les autres elfes voulurent s’approcher de leur jeune Reine, pour la toucher se prouver à eux-mêmes qu’ils avaient une nouvelle Reine. Bien sur, le deuil allait être présent dans leur cœur encore longtemps, comme dans celui de Moryan, mais il fallait aller de l’avant. Heureusement, son père intervint avant que la foule ne soit sur l’elfe.


-Doucement ! Allez, il n’y a plus rien à voir pour ce soir ! Rentrez chez vous, tout de suite … La Reine Moryan est surement fatiguée …

Au moment où il prononça ses paroles, la fatigue pesa sur les épaules de Moryan comme une chape de plomb, tout comme ses nouvelles responsabilités. Désormais, elle était reine … La réalité la rattrapa brutalement. Elle se devait d’être forte, pour son peuple … Son peuple … Avait-elle cru qu’un jour elle penserait ses mots ? Non … Elle ravala ses larmes, releva le menton crânement et posa une main sur l’épaule de son père. Elle adressa quelques mots aux elfes qui paraissaient déçus de devoir rentrer aussi sec :

-Peuple elfique. Nous sommes entrés dans un bien triste jour. Nous pleurerons la mort de notre ancienne Reine, il en est certain. Mais, nous ne devons pas nous arrêter de vivre. La lumière de soleil remplace toujours la noirceur de la nuit. Le cycle continue. Que rien ne nous empêche de continuer à vivre …
Earané … Elle fut une bonne reine, juste et droite. Nous n’oublierons pas ton nom …


Les arbres reprirent le discours de Moryan, surtout ces derniers mots. Ils étaient les garants de l’histoire elfique, les porteurs d’espoirs et les sages qui voyaient tout, qui entendaient tout … et qui narraient tout à ceux qui voulaient bien les écouter. Désormais, plus rien ne serait pareil … Les elfes applaudirent, poliment en l’honneur de leur ancienne Reine et chaleureusement pour la nouvelle. Moryan baissa la tête pour les remercier tandis qu’ils repartaient chez eux. Cette nuit serait dédié à l’ancienne Reine. Pendant quelques jours, les activités allaient tourner au ralentis. Mais après ces heures sombres, la vie reprendrait ses droits …

Son père s’avança maladroitement vers elle. Brusquement, il avait sentis sa puissance, toute nouvelle et il ne la voyait plus de la même manière. Sa fille … Sa petite fille rivalisait de puissance avec les plus grands maintenant … Comment devait-il se comporter avec elle ? C’était la Reine Blanche ! Moryan le sentit et tourna sa tête féline vers elle. Tous ses gestes respiraient la puissance animal qui l’habitait et la grâce de la panthère avec laquelle elle avait fusionné. Elle sourit à son père … Lui qui venait de l’aider alors qu’elle tremblait de peur face à ses nouvelles responsabilités. Elle franchit la distance qui les séparait et se jeta dans les bras de son père. Il la serra fort : à bas le protocole. Elle ne l’avait jamais suivi de toute façon …


-Père … J’ai si peur … Que va-t-il se passer maintenant ?

- Calme-toi. Tu as été choisie par le peuple pour le peuple. Tu t’en sortiras très bien, tu verras. Déjà, tu devrais aller dormir, l’absorption des pouvoirs plus la fusion a dû t’affaiblir …

Elle acquiesça et machinalement, voulu se diriger vers son chêne. Son père la retint par le coude et désignant le Grand Chêne Blanc derrière eux, il ajouta :

-Non ma chérie … c’est de ce côté. Tu devrais résider ici désormais.

Elle hocha la tête, l’air contrits. Puis, elle se dirigea vers le Chêne Blanc, aidé par son père. Les larmes viendraient … Pour l’instant, elle était fatiguée. Mais elle ne savait pas du tout se qui allait se passer désormais … La toute jeune Reine s’endormit rapidement, mais elle fut plonger dans des rêves tous plus bizarres les uns que les autres. Au petit matin, elle resta longtemps couché, à ressasser des souvenirs et à se poser des questions, toujours plus nombreuses sur son avenir …
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Ven 8 Jan - 14:16

Un sacrifice est parfois nécessaire pour qu'avance le monde...



Je parcours les terres ancestrales depuis plus longtemps que quiconque ne saurait le concevoir. J'ai vu maintes et maintes choses incroyables, insignifiantes ou terribles au fil de mes errances, des choses que le monde lui même à aujourd'hui oublié...

Je n'ai pas oublié.

Je me souviens de chaque scène auxquelles j'ai assisté, parfois participé, souvent provoqué. J'étais là lorsque vint l'âge de la grande guerre d'Alésia. J'ai vu l'alliance éphémère conclue par les anges immortels et les enfants de la forêt pour combattre le seigneur des Enfers, puis l'avancée des légion morts-vivantes et la chute du royaume sylvestre. J'ai assisté à la fuite des survivants vers Symphonia et à la destruction d'Imbolt la magnifique sous les hurlements des princes de la nuit. Lorsque les conflits prirent fin, une grande part des merveilles et des secrets de l'ancien monde étaient perdus à jamais.

Durant le temps d'après-guerre, je voyageais de nouveau par delà les contrées ravagées, observant avec attention la lente reconstruction de royaumes au bord de l'anéantissement et à l'avènement de nouvelles nations...

Il paraissait évident qu'aucun peuple ne retrouverait jamais la grandeur qui fut sienne jadis. Anges et démons, comptant le plus grand nombre de victimes dans leurs rangs n'étaient plus que l'ombre d'eux même malgré leurs efforts pour se relever. Les nains et les humains ayant fuit Alésia se sauvèrent mutuellement et fondèrent Fenrig, une correction démocratique du système auquel il attribuaient leur défaite. Mais ils repartaient quasiment de rien, et sans le savoir immémorial sur lequel Alésia était bâtie et dont elle tirait sa puissance, parvenir à un résultat intéressant risquait fort de leur prendre plus de temps qu'ils n'en avaient. Avant que tout recommence...

Les orcs, créatures sauvages et libres, étaient certainement l'une des forces les plus imprévisible qui soit et un élément avec lequel tous devraient compter un jour ; cependant, il n'étaient détenteurs d'aucun autre trésor que celui de leur force et de leur âme guerrière. Il en allait autrement pour les Lycan, fils bénis des anciens Wolfens. L'héritage légué par les titans-loups pouvait certainement avoir des conséquences inattendus chez les membres de leur espèce, bien que cela ne soit toujours pas le cas aujourd'hui -du moins, à ma connaissance-...

Vampires et Anges-déchus furent les deux peuples qui profitèrent le plus de guerre pour assoir leur pouvoirs, de différentes façons. Tandis que les vampires se contentèrent d'étendre leur nouvelles frontières aussi loin que possible avant de se laisser aller à l'oisiveté la plus parfaite et décadente qui soit, sans craintes -peut-être pas à raison-, les anges rebelles poussèrent toujours plus avant la recherche technologique et militaire, augmentant leurs forces à une vitesse vertigineuse au fil des siècles. Cependant, malgré l'exploit que représente l'évolution de cette race d'exilés, nombreux sont les périls qui menacent leur jeune empire... Le plus dangereux de tous est certainement le désir absolu de vengeance qu'il nourrissent à l'encontre de leurs anciens frères. Isolés des terres ancestrales et oubliés de tous, qui peut dire s'ils sont réellement prêt à affronter l'extérieur... Des actes gouvernés par la seule folie pourraient réduire leurs sombres rêves à néant. En un instant...

Et enfin Symphonia, un royaume composé des elfes survivants de leurs armées anéanties, des quelques civils ayant réussi à fuir la capitale, de leurs rares enfants... La forêt du bord du monde, leur dernier bastion, abritait désormais ce qui tout ce qui restait de leur brillante civilisation. Là, ils tentèrent de reconstruire leurs vies sans qu'un réel élan ne fut donné et en vinrent rapidement à n'être plus qu'un peuple de réfugiés sans avenir, se coupant totalement du reste du monde sans désir d'y revenir un jour pour reprendre la place qui leur revenait de droit. Pour avancer, une nation à besoin de chefs puissants, sages et entreprenants. Les elfes ne disposaient plus de pareils seigneurs...

Durant des années j'ai observé, attendu, patienté, pour que leur nouvelle maîtresse, celle qu'il nomment « Reine Blanche » arrache les siens de cette abime sans fond dans lequel il plongeaient peu à peu. En vain...
Séregon Eranäé, par manque de courage, de volonté ou simplement par erreur, condamnait sans le savoir la race elfique toute entière. Lorsque le temps du Chaos reviendrait, ce que je tous Nous pouvons sentir au plus profond de nos corps, les elfes ne seraient pas prêt, comme ils ne l'étaient pas lors de la grande guerre mais en réchappèrent malgré tout. Pas cette fois...
Lorsque le Chaos reviendrait, les elfes disparaitraient pour toujours. Et avec eux une part immense de la mémoire du monde.

Je ne saurais le permettre.
...
Je cours entre les arbres.
J'avance, filant plus rapidement que le vent nocturne, invisible, silencieux...
Et mortel...
Les formes graciles des bâtiments elfiques passe dans mon champ de vision, de frêles silhouettes apparaissent parfois entre les arches végétales ou sur les chemins suspendus. Je ne leur prête aucune attention, n'étant pour eux à peine plus tangible qu'un murmure spectrale. Nul ne peux me voir, et quand bien même. Nul ne pourrait m'arrêter.

Une route de pierres blanches, bordée de hêtres aussi anciens que le monde, endormis. Le seul don que j'envie aux fils de la nature est celui de communiquer avec les esprit de ces vieux géants...
Au bout du chemin, une vaste clairière, rendue insignifiante par la taille de l'arbre qui trône en son centre, un chêne blanc plus imposant qu'un forteresse des hommes. Une haute porte se découpe dans son tronc, bordé par deux corps immobiles. Leurs armures construites en d'étranges matières ne me fascinent pas autant que leurs visages bordés de plumes semblables à celle des rapaces qui veillent au dessus de la forêt... Leurs yeux aux pupilles dilatées à l'extrême ne cillent jamais, scrutant chaque parcelle du territoire qui s'étend devant eux. Je le sais depuis aussi longtemps que je les espionne, dissimulé entre les branches de ces arbres qu'ils respectent tant et qui, pourtant, peuvent abriter même un être qui les répugnerait certainement s'ils étaient conscient de sa présence...

Aucun des deux ne me voit arriver. Les deux lanciers elfes s'écroulent au même instant, sans un bruit, alors que je me matérialise dans un souffle entre eux. Je dépasse leurs corps inanimés sans un regard ; ils se réveilleront bien assez tôt, et bien assez tard. Trop tard pour représenter un obstacle.

Sous l'apparence d'un humain encapuchonné vêtu de blanc, je pénètre lentement dans le sanctuaire jusqu'ici inviolé de la race elfique ; et je me dirige pas à pas, montant à travers le dédale de couloirs et de salles, jusqu'au sommet de l'arbre. Jusqu'à la chambre de la reine des bois.
Un visage aux traits marqués, mon faux visage, dissimulé sous un capuchon couleur de cendres se penche au dessus de celui d'une elfe en proie au sommeil. Ma main s'en va effleurer la joue de la souveraine elfe, se retire doucement puis revient, armée d'un morceau d'acier dont le tranchant affuté luit doucement dans la pénombre qui semble s'assombrir encore. 
Alors, je retire son capuchon d'un geste las, révélant la métamorphose irréelle qui s'opère sur mon visage rendu à sa nature première. Mes yeux se posent sur les paupières tremblantes de celle qui s'éveille ;
Des yeux de dragon dans un visage de serpent.

Un éclair d'acier s'enfonce avec douceur dans le cœur d'une reine.

Lorsque mon regard croise le sien, je ressens une étrange sensation. Une brève « émotion », ce que les humains nomme « regret ». L'assassin est saisit d'une étrange mélancolie lorsque s'étend la flamme immortelle d'une unique existence...
Cette état désagréable disparait lorsque je me rappelle que les pouvoirs dont elle est investie seront bel et bien transmis à un autre individu. Car c'est là la seule chose dont je me préoccupe, faire en sorte que le savoir millénaire d'Imbolt la maudite se soit pas perdu. Un murmure quasiment inaudible s'échappe des lèvres bleuies en une dernière prière...

« Souvenez-vous ...»

Une reine s'endort, pour ne plus jamais se réveiller... Je me recule de quelques pas sans quitter ce corps gracile qui repose, glacé par la mort, sous un voile de soie ensanglanté. Je pose alors un genoux à terre et m'incline non sans respect pour la créature que je viens de tuer.

Un frémissement. Je fais volte-face et m'élance vers les brumes du néant qui dévorent mon esprit et mon corps. Je me volatilise, laissant derrière moi ce sinistre autel lorsque commencent les hurlements et les larmes de la forêt...
Tandis que je me dissimule dans les épais feuillages des arbres bordant la grande clairière, accoure une foule innombrable pleurant la mort de sa reine.
...
Les chants de lamentation résonnent depuis de longues heures en cette nuit, cet instant fugace aux conséquences encore inconnues. Et durant cet instant, j'observe, immobile et silencieux, ce que le destin se décide à m'offrir...

C'est ainsi, tandis que le peuple elfique en deuil se fait de plus en plus présent dans la clairière, qu'une lueur immaculée s'éleve de la cime du grand chêne. Des exclamations s'élevent des rangs des elfes, alors que mon attention redoubled'intensité. L'orbe de lumière fuse dans la masse rassemblée sous elle, semblant trouver en une seconde celle qu'elle cherche.
Un tourbillon d'étincelles enveloppe alors le corps d'une jeune femelle elfe qui s'élève dans les airs, portée par des énergies invisibles mais au combien perceptibles.
Lorsqu'elle retombe sur le sol, dégageant une aura respectable et facilement reconnaissable, un grand silence envahit sur la clairière.
Peu à peu, un nom s'élève, d'abord murmuré... puis scandé par la foule et bientôt par le peuple elfique tout entier...
Le nom de la celle choisie par la forêt comme nouvelle Reine Blanche...

Moryan Erïgold.

Sans un bruit, je me détourne avant de m'enfoncer dans les profondeurs des bois...
Satisfait...
Quelle curieuse apparence...
Les attributs d'un félin fusionnés à ceux d'une femelle elfe, un savant mélange qui comporte certainement moult avantages. Les heures passent les unes après les autres, tandis que j'observe secrètement la nouvelle occupante du grand chêne s'habituer tant bien que mal à son nouvel environnement, sa nouvelle fonction et ses nouveaux pouvoirs.

Le temps passe sans que je ne cherche réellement à savoir dans quelles proportions. Parfois, la jeune femme sort de la chambre -le cadavre de l'ancienne reine à été emporté en prévision de son enterrement, les rivières pourpres issue de son cœur ne sont plus qu'un souvenir. L'endroit respire la sérénité, à tel point que se demanderait presque si meurtre il y a eu...-, elle y revient toujours pour une raison ou pour un autre.
Je décide d'agir au moment le plus opportun...

Un corps svelte tout de blanc vêtu se laisse doucement tomber de l'arche sur laquelle il était perché, dissimulé dans les ombre de la voute. Ses bottes touche terre sans un son, à quelques pas de la jeune reine sylvestre.
Un foulée m'amène contre son dos
Et à l'oreille, je lui murmure...

« Bonjour, Moryan Erïgold... »

Un souvenir...
Le Destin n'est rien, Harmantaro...
L'avenir se forge dans le sang...
Le sang coule dans l'ombre....






Je souris.
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Moryan Erïgold
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Mar 12 Jan - 14:26

Plus tôt …

L’agitation règne dans la forêt de Symphonia. La Nouvelle Reine a été nommé : Moryan. L’ancienne Reine a été retrouvée morte dans sa Chambre. Comment ? Pourquoi ? Par qui ? Des questions qui pour le moment restent sans réponse. Mais tous les elfes sont sur le pied de guerre. Ils ne se soupçonnent pas entre eux. Non, bien sur, ils sont trop solidaire, ils sont un clan, une famille. Mais alors comment, comment quelqu’un aurait-il pu s’introduire dans la forêt, tuer les deux gardes faucons du Chêne Blanc et assassiner la Reine dans son sommeil ? Les elfes ont beau tourner et retourner ses questions dans leurs têtes, rien ne sort. Pas d’idée de génie. Certains tentent de sonder les arbres : rien à faire. La Nouvelle Reine s’est retiré dans le Chêne Blanc. On peut la comprendre : elle doit être secouée et ses nouveaux pouvoirs ainsi que sa fusion on pu la fatiguer. Les elfes évitent donc de lui demander quoique se soit.

Le corps a été retiré de la Chambre Royale. Il a été placé dans la Clairière : ainsi les elfes pourront venir lui rendre un dernier hommage. Le bruit cours que la Nouvelle Reine Blanche fut la première à venir voir Earané. Mais peu d’elfes peuvent confirmer ses dires. Par contre, tous les habitants de Symphonia viennent voir le cadavre, pleurer à côté d’elle ou tout simplement pour se souvenir. Animaux, elfes ou arbres, tous sont en deuil. Malgré tout ça, l’enquête avance. Enfin, essais d’avancer. En fait, la plupart pense que seul les pouvoirs de la Reine Blanche pourrait les aider. Beaucoup le pense, mais aucun n’irait la chercher. Ils ne sont pas fous … C’est qu’ils la connaissent la Moryan ! Déjà quand elle n’était pas Reine, elle n’en faisait qu’à sa tête … Rebelle et têtue …

La jeune Reine marchait dans le Chêne Blanc, en proie à une grande agitation. Elle a du mal à remettre ses idées en place. Ses pouvoirs sont tellement grands, qu’elle a l’impression qu’elle va exploser. Pourquoi elle ? C’était la seule question qui la hantait pour l’instant. Elle était jeune, très jeune pour une elfe. Si elle avait pu, si elle avait eut le temps, elle aurait pronostiqué autre chose. Son père au moins … Il aurait fait un bon roi, c’était sur. Bien sur, elle n’était pas tout le temps d’accord avec lui … Bon, jamais d’accord avec lui, mais il était sage et réfléchis ! Pas comme elle … Elle était fougueuse et maintenant très féline.
Moryan avait aussi une grande peine. Elle avait perdu un membre de sa famille. La peine qu’elle ressentait équivalent au tourment que ses pouvoirs lui procuraient. Déchirée entre deux sensations, elle avait beaucoup de mal à faire la part des choses. Une nouvelle question vint s’ajouter à la première : pourquoi avoir assassiné Earané ? Et surtout : Qui ? Alors qu’elle venait de penser à ça, Moryan se décida : elle sortit de sa mini retraite …

Elle parcouru quelques mètres au dehors. Elle devait être en contact avec la Nature et la Vie. Son père l’avait suivie. Elle prévoyait une nouvelle confrontation. Cela ne loupa pas :


-Moryan ! Que fais-tu ? Tu devrais rester à l’intérieur … tant que l’assassin n’a pas été retrouvé, tu devrais toujours être accompagné. Pour ta sécurité … C’est très important.

Elle soupira. Cela faisait au moins trois fois que son père Nilath revenait sur le sujet. Et cela faisait trois fois qu’ils se prenaient la tête sur ce sujet. Il ne comprendrait jamais ou quoi ? Elle se retourna, aussi gracieuse qu’un félin et lui dit doucement :

-Tout va bien. Je n’allais pas loin, je voulais juste interroger les arbres pour savoir qui était l’assassin. Pour l’instant, personne n’a trouver, n’est-ce pas ?

Il maugréa dans sa barbe, répondant ainsi à la question de sa fille. Quoiqu’il en dise, elle ferait comme bon lui semble. Elle allait se tourner vers les arbres quand il la retint par l’épaule :

-Fais attention Moryan ! Et s’il était encore là ? Tu ne peux pas faire ça depuis le Grand Chêne Blanc ?

-Dois-je te rappeler que le meurtrier, qui qu’il soit, a été jusque dans le Chêne Blanc pour tuer Earané ?

Il se tut, soudain pensif. Elle se dégagea de son emprise et reprit sa route à travers les arbres. Elle alla toucher le tronc du premier qu’elle rencontra, quand son père l’interrompit une dernière fois :


-Tu n’es pas obligé de faire ça Mo’. Laisse nous faire …

Outrée par se qu’elle venait d’entendre, elle laissa retomber son bras contre son corps et prononça froidement en se retournant :

-Earané n’était pas obligé de me sauver de l’attaque des vampires ! Pourtant, elle l’a fait et m’a surement sauvé la vie à ce moment-là ! Elle n’était pas obligée de me soutenir dans mon entreprise ! Elle n’était pas obligée de danser avec moi … Mais elle l’a fait … Elle a tout fait … Elle …

Des larmes de frustration coulèrent sur les joues de Moryan, mais son regard était glacial. Nilath, troublé et honteux, finit par se retirer. Bien sur, il n’avait pas oublié qu’il y a deux ans, il était blessé et sa fille aussi … Mortellement pour elle. Earané ainsi qu’une dizaine d’elfes guérisseurs avait été à son chevet pendant une semaine pour la tirer de là. C’est à ce moment là que les talents de guérisons de sa fille aurait été utile …

Moryan tourna les talons et recommença à se concentrer. Elle posa la main doucement contre l’écorce, sentant la sève pulser dans le tronc de l’arbre. Elle saisit une ombre fugace … A peine plus qu’un lambeau de souvenir qui lui glissa entre les doigts. Les yeux fermés, elle parvint à un autre arbre, la main en avant. Elle le toucha à nouveau. Une frisson la parcouru quand elle réussit à capter une nouvelle fois l’ombre. Mais pourquoi ne voyait-elle pas plus loin ? Elle se déplaça ainsi d’arbre en arbre, remontant la piste. Soudain, elle s’arrêta : elle réussit à capter un autre souvenir. L’ombre … Elle court. Vite, toujours plus vite. Elle a un but … Tuer … Mourir … Courir … La mort … Le but ultime … Tremblante, Moryan s’appuya un moment contre l’arbre, essayant de rassembler ses souvenirs. Elle avait senti la puissance qui animait l’assassin. Une puissance vieille et maitrisée, une puissance avec un but … Touchée au plus profond de son être, Moryan pris sa tête entre ses mains et tomba à genoux. Elle resta prostrée ainsi de longues minutes, pendant que la nuit commençait à tomber …

Elle n’en saurait pas plus. Elle avait remonté aussi loin qu’elle le pouvait. Pourtant, elle s’était tellement de chose différente. L’objectif était là : tuer. Elle voyait l’ombre, mais il avait des pouvoirs tellement grands, qu’il arrivait à se cacher, même à elle. Elle revint sur ses pas. Déçue par se qu’elle avait vu, ou pas vu justement, elle rentra chez elle. Elle s’allongea et continua à penser …

Moryan était couchée dans le lit de la Chambre Royale … Sa chambre désormais. Un bras derrière la tête, des larmes chaudes coulaient sur ses joues. Earané était morte. Une rage infinis lui broya le cœur, le mettant au supplice. Son poing se serra instinctivement. Si elle pouvait faire payer celui qui avait assassiné la Reine … Si seulement elle pouvait savoir qui s’était, le retrouver … et le tuer … La peine immense de Moryan ne pouvait être apaisé aussi rapidement qu’on balaie devant sa porte. Aussi rapidement qu’on enlève un corps d’une Chambre …

Moryan émergea de son état comateux et essuya ses larmes. Cela ne servait à rien de pleurer. Elle avait fait se qu’elle pouvait, certes, mais ce n’était pas assez. Elle devait insister. Elle se leva et sortit à nouveau de sa Chambre. Elle rencontra un garde presque tout de suite.

-Avez-vous des nouvelles ? L’enquête avance-t-elle ? Qu’avez-vous appris de plus ?

-Rien ma Reine … Nos meilleurs chercheurs interrogent les arbres, les elfes, la Nature … Mais nous ne savons rien !

Le ton était désespéré. Moryan faillit lui dire se qu’elle avait découvert, mais quelque chose la retint. Pourquoi, elle n’en savait rien … Pour se prouver à elle-même et aux autres qu’elle pouvait se débrouiller ? Qu’elle ferait une bonne Reine ? Qu’elle n’était pas qu’une … petite elfe sans importance ? Le garde s’éloigna, trop préoccupé pour s’apercevoir du trouble de la Reine Blanche. Elle resta là quelques temps, avant de tourner les talons.

Alors que Moryan venait de rentrer une nouvelle fois dans sa Chambre, elle sentit brusquement un corps chaud contre son dos. Une voix suave et sensuelle lui murmura doucement à l’oreille :


« Bonjour, Moryan Erïgold... »

L’elfe frissonna lorsque le souffle chaud lui caressa l’oreille. Elle ne tressaillit pas, ne bougea pas d’un pouce, se contentant de rester droite et imperturbable. Elle respira lentement pour calmer les battements de son cœur affolé. Elle ne l’avait pas entendu … Pas du tout, entendu. Qui était-il pour se déplacer ainsi, sans bruit, sans alerter son ouïe développer ou même sans que les arbres ne le voit ? Perturbée par ses questions sans réponse, la jeune Reine reste quelques minutes dans le silence complet, l’inconnu derrière elle. S’il lui avait voulu du mal et la tuer, il l’aurait déjà fait. Alors, que voulait-il ? Comment la connaissait-il ? Plutôt que de se torturer les méninges, elle demanda doucement :

-Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivez jusqu’ici ? Que me voulez-vous ?

Troublée par la proximité de leurs corps, elle se retourna pour lui faire face. Grand et mince, tout de blanc vêtu, il n’était pas un elfe. Cela se sentait tout de suite. Moryan devait lever la tête pour le regarder dans les yeux. Sa taille ne l’avait jamais gênée auparavant, mais cette fois-ci, elle aurait aimé être plus grande pour être sur le même pied d’égalité avec lui. Elle se concentra quelques secondes : il avait des pouvoirs immenses ! La puissance incarnée et maitrisée. Il était dangereux, mais la jeune Reine n’avait pas peur de lui. Quelque chose chez lui la perturbait. Elle ne savait pas quoi … Un genre de magnétisme animal. Peut-être était-ce dû à sa récente fusion avec la panthère et que ce symptôme disparaitrait rapidement. Sans bouger, elle le dévisagea et attendit sa réponse …
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Harmantaro Silok
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Lun 1 Mar - 13:56

Des battements de cœur qui s'affolent.
Le sang qui pulse, coure dans chaque veine de son corps. Une agitation intérieur motivée par la surprise, l'angoisse peut-être... Cependant, sa respiration lente et maîtrisée, dément totalement un quelconque trouble. La jeune reine elfique fait preuve d'une impassibilité tout à fait remarquable, dos à une individu qu'elle ne connait pas et qui vient de réussir à l'approcher d'aussi près sans qu'elle s'en aperçoive. Très satisfaisant. Au bout de quelques instants, sa voix me répond enfin, par une série de questions. Celles qui précisément de trouverons pas de réponses, ou du moins uniquement celles que je jugerais bon d'offrir.

-Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivez jusqu’ici ? Que me voulez-vous ?

Elle se détache de moi et se retourne. M'observe tout comme je l'observe. Sait-elle seulement quelle avance j'ai sur elle dans ce domaine... Sait-elle que son visage, chaque détail de son apparence m'est déjà aussi familier que le plus ancien de mes souvenirs...
Non, bien entendu.

« Qui suis-je...
Voilà une question bien indélicate, elfe. Est-ce ainsi qu'on accueille les étrangers en votre domaine...
Ma route fut longue pour arriver jusqu'à vous, plus encore le sera celle du retour. Il serait tout à fait courtois de me proposer de m'installer sur un quelconque siège et de m'offrir un modeste rafraichissement.
Ne vous donner pas la peine de le faire, je ne désire en fait ni l'un, ni l'autre. Je note toutefois que l'hospitalité de votre race laisse terriblement à désirer... 


Je me détourne d'elle, marche sans bruit dans la pièce en faisant mine d'admirer la décoration. Peut-être est-ce là une façon d'ajouter à son malaise... Je ne saurais le dire, bien que soupçonnant très fortement que notre entrevue sera placé sous le signe de l'étrangeté et de l'inattendu. Oui, c'est tout à fait le rôle que je me sens d'humeur à interpréter en cet instant.

- Comment suis-je arrivé jusqu'ici...
Il se peut que j'ai emprunté les multiples chemins de la Forêt, chemins qui, à mon humble avis, se révèlent bien trop facile à suivre pour quelqu'un qui, et je m'en excuse, n'est pas un elfe. Peut-être devriez-vous d'avantage faire surveiller les frontières de votre royaume ; il serait inapproprié je crois de rester sans défense par de tels temps.
Quant à savoir comment je suis arrivé à votre chambre, en montant les escaliers, naturellement. Existe-t-il un autre moyen d'y accéder ? Je vous serais reconnaissant de me l'apprendre en ce cas, bien que je ne pense pas que vous connaissiez vos propre terres mieux que moi, Moryan Erïgold. 


Une grande foulée m'amène de nouveau face à elle, tandis qu'une mains s'en vient doucement relever la capuche qui me dissimule à son regard. Un visage humain lui apparaît, aux traits durs et froids ; et des yeux, humains également. Une banale pupille brune, guère plus expressive que le reste de mon masque de chair. Je tords mes lèvres en une parodie de sourire carnassier, tel celui d'un immonde fauve prêt à fondre sur sa proie.

- Ce que je vous veux ? Mais enfin, vous protéger contre cet abject tueur, ce monstre qui vient cependant de vous offrir la plus belle promotion de votre existence.
Il se trouve que je dispose de nombreuse informations, dont certaines concernant la créature responsable de la mort de votre reine. Désirez-vous ces informations, elfe ? Désirez-vous l'aide et la protection d'un homme qui vient de s'introduire dans le sanctuaire le plus inviolable de votre race sans qu'un seul de vos redoutables gardiens de s'en fut aperçu ? Cela fait de moi, je crois, un individu intéressant. Et si vous l'accepter, un allié de poids... »


Je fais brusquement votre face, avance à pas rapides vers la sortie de la pièce. Celle-ci ne dispose d'aucune porte assez solide pour que la discussion soit certaine de n'être jamais interrompue. Une chose à laquelle je me dois de remédier. Je pose un genou au sol devant l'embrasure de la porte tout en extirpant un long rouleau de parchemin de ma sacoche. Tout en ôtant les attaches d'acier qui le tiennent clos, je le dépose à mes pieds, prenant un soin incroyable à ne pas l'endommager.
la dernière attache cède.


...


Le papier s'étend librement, révélant l'assemblage démentiel des puissants symboles arcaniques entremêlés qui le recouvrent sur toute sa surface. Je dépose délicatement ma main au centre du parchemin où convergent tous les tracés obscures, tandis que des mots issu d'un langage depuis longtemps oublié s'échappent de mes lèvres en murmures inaudibles. Un seconde après que j'ai commencé mon incantation, une liquide sombre commence à s'écouler avec une lenteur effroyable des pores de ma peau, là où mes doigts et ma paume effleurent les caractères mystiques qui commencent à remuer sur le papier tels de noirs et maléfiques serpents. J'achève l'invocation en relevant la tête, et durant un bref instant, mes yeux se teintent d'or et de sang.
Un bruissement s'élève, pareil à des centaines de soupires sépulcraux issus du néant. Les symboles du parchemin se tordent furieusement au sol avant de se détacher de leur support et de s'élever dans les airs. Je me recule doucement et contemple cette étrange et macabre nuée se dresser en travers de la porte et se répandre progressivement sur les autres murs de la chambre. Je tourne le tête pour suivre des yeux leur mouvement surnaturel et dérangeant. Mon regard s'arrête sur le visage de Moryan Erïgold.


Je souris.

Peu après, le dernier symbole se fige lorsque même la fenêtre se retrouve obstruée et le calme revient brièvement. Une incroyable onde de pouvoir explose alors tout autour de nos deux corps et auréole chaque objet d'une lueur violacée. Lorsque le souffle magique se dissipe, chaque mur de la pièce semble osciller doucement, couvert d'une multitude de caractères d'ébène et d'une chape de brume ténèbreuse parcourue d'éclairs violets. Un lourd silence s'installe.
Je me dresse face à la jeune femme elfe, immobile dans la pénombre irréelle de la chambre qu'aucune lumière extérieure ne vient désormais éclairer.

Curieuse sensation de se savoir coupé du monde...
Coupé de la réalité...

Hors du temps...


« Voilà qui est mieux... Personne ne pourra nous déranger maintenant.
Le sortilège qui nous enferme ici ne pourrait être détruit que par les immenses pouvoirs qui sont désormais les votre. Néanmoins, cela nous ferait courir un grand danger à tous deux... Je vous demanderais donc de bien vouloir mémoriser attentivement cette conversation et de ne rien tenter d'insensé...
J'ai utiliser cette relique spécialement pour vous, et il n'en existe plus d'autre en ce monde. Une fois rompu, le sortilège sera purement et simplement détruit, inutilisable. Et ni vous, ni moi ne serions en mesure de le recréer un jour. Profitez donc du spectacle que nous offre ses subtils lueurs pendant que l'occasion vous est offerte...

Maintenant, elfe, il est temps pour vous de répondre à ma proposition...
Je peux être un protecteur, un espion, un voleur et un tueur plus redoutable encore que celui qui à assassiné votre prédécesseur. Je peux répondre à bien des questions...
Sachez toutefois ceci : le prix que je vous demanderais sera à la hauteur des taches que vous pourriez me confier...

Accepter-vous de m'avoir à votre service ?
Accepter-vous d'en payer le prix... Moryan Erïgold ? »
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Sam 13 Mar - 22:29

… Je note toutefois que l'hospitalité de votre race laisse terriblement à désirer...

La jeune Reine fronça les sourcils. Déjà qu’il n’avait pas eut la décence de se présenter, il lui reprochait ensuite de ne pas lui avoir proposé de s’assoir ou de prendre un verre … qu’il aurait refusé de toute façon ! Enfin, il insultait sa propre race, son peuple. Moryan, profondément attaché à sa race, et ce, malgré ses défauts et son arrogance, ne pouvait permettre qu’on la dénigre aussi facilement, chez elle de surcroit. Mais avant de piquer une crise comme elle le faisait si souvent avant, elle réfléchit. Maintenant qu’elle était Reine, elle avait des obligations, il fallait qu’elle représente son peuple. Et surtout : l’inconnu était entré chez elle, avait pénétré la forêt sans encombre, comme s’il avait été invité ! Peut-être qu’une confrontation directe avec lui n’était pas la meilleure chose à faire. Aussi, Moryan ravala sa salive et contint sa fureur. De plus, sa curiosité avait prit le dessus. Cet être l’intriguait. Il faisait mine de regarder le décor.

- Comment suis-je arrivé jusqu'ici...

Enfin quelque chose d’intéressant ! La jeune Reine décroisa les bras, avide d’en savoir plus. En serait-elle plus sur lui finalement ? Inquiètes quand à ses intentions, elle jeta un regard sur son arc qui était à côté de son lit. Meuble qu’elle n’avait même pas encore utilisé d’ailleurs. Elle n’en avait pas eut le temps, elle n’avait pas arrêté de courir à droite et à gauche. Elle soupira intérieurement et reporta son attention sur son visiteur. Il avait l’air tellement à l’aise ici, traversant la pièce de ces grands pas. Comme s’il était chez lui. Finalement, il continua sur sa lancé :

-Il se peut que j'ai emprunté les multiples chemins de la Forêt, chemins qui, à mon humble avis, se révèlent bien trop facile à suivre pour quelqu'un qui, et je m'en excuse, n'est pas un elfe. Peut-être devriez-vous d'avantage faire surveiller les frontières de votre royaume ; il serait inapproprié je crois de rester sans défense par de tels temps.
Quant à savoir comment je suis arrivé à votre chambre, en montant les escaliers, naturellement. Existe-t-il un autre moyen d'y accéder ? Je vous serais reconnaissant de me l'apprendre en ce cas, bien que je ne pense pas que vous connaissiez vos propre terres mieux que moi, Moryan Erïgold.


Elle est encore une fois étonnée qu’il sache son prénom et son nom même. Il se moquait d’elle. Il avait l’air taquin, mais sa voix grave plongeait Moryan dans une torpeur maligne. Elle se força à réagir. Elle ne devait pas le laisser blasphémer ainsi sur les elfes sans même qu’elle ouvre la bouche quand même ! Malgré sa petite taille, elle se redressa de toute sa hauteur, le menton relevé et elle prononça d’un ton calme :

-Avec se que le vent nous amène, je ferais renforcer nos frontières, dès que vous serez repartit. Ainsi, nous n’aurons plus de visiteur indésirable de votre genre … Et non, les escaliers ne sont pas les seuls moyens d’accès à cette chambre, mais je doute que vous puissiez connaitre ce moyen … Vous êtes trop froid pour connaitre ceci …

Crânement, elle soutint la présence de l’intrus, même lorsque celui-ci se porta d’une large foulée vers elle. Elle ne recula pas, ne cilla même pas quand sa main vint enlever sa capuche de sur sa tête. Moryan se réjouit, elle va enfin voir le visage de cet intrus … Et elle fut fortement déçue. C’est un homme. Juste un banal humain. D’abord désappointée, elle tenta de voir plus loin. Toujours cette formidable énergie. C’est à ce moment là qu’elle comprit que se qui se tient devant elle, ses yeux froid et ce rictus carnassier est en fait un leurre, dissimulant une toute autre créature. Qui était-il exactement, elle n’aurait su le dire. De ces pupilles jaunes, elle observa l’inconnu, le détailla. Elle n’avait pas peur, à sa grande surprise. Elle se contente de l’écouter, toujours à un pas de lui :

- Ce que je vous veux ? Mais enfin, vous protéger contre cet abject tueur … »

Au fur et à mesure du discours, Moryan écarquilla les yeux. La protéger ? Promotion ? Informations ? Aide ? Allié ? Que des mots, mais des mots qui intéressèrent la jeune Reine. Mais avait-il réellement ces informations qu’il clamait avoir ? Un allié, alors qu’il s’était introduit ici clandestinement et qu’il s’était invité chez elle sans autre forme de procès. Que voudrait-il en échange ? La jeune Reine prit peur. Désormais, elle avait d’énorme pouvoir, d’énormes responsabilités. Si elle s’engageait sur un terrain glissant sans même avoir tous les tenants et les aboutissants, comment pourrait-elle accepter une telle chose ? Elle devait prendre des décisions pour son peuple maintenant et plus seulement pour elle-même. Effectivement, cet individu était intéressant s’il détenait réellement des informations sur le tueur d’Earané. Et s’il pouvait réellement la protéger de lui. Mais pourquoi elle bon sang ! Pourquoi était-elle toujours vivante et Earané morte ? Tant de question sans réponse …

Absorbée par ses pensées, elle n’avait pas que l’intrus avait fait demi-tour et qu’il avait un drôle de comportement. Il regardait la porte, se mit à genou devant elle pour la regarder. Moryan le regarda faire, admirant ses formes dissimulé par la longue cape mais qu’elle pouvait presque deviner.


-Qu’est-ce que vous cherch …

Elle s’interrompit. C’était vraiment un être étrange. Et encore, elle n’avait pas tout vu ! Il sortit un rouleau avec précaution de son sac et lorsque la dernière attache tomba …

Beauté toute puissante : sur le parchemin, les symboles tracés sont d’une rigueur sourde mais d’une complexité sans aucune mesure. Oscillant entre les formes démentes d’une écriture peut-être oublié et le dessin ensorcelant, dès que l’inconnu posa sa main sur le papier, au centre des symboles, il se mit à réciter une litanie étrange et insolite. Moryan ne put que regarder, fascinée par se qui se déroulait sous ses yeux. C’était la première fois qu’elle était en présence d’un tel artefact et elle pouvait presque palper sa puissance. Elle battait à son propre rythme, comme un cœur, lançant à travers l’espace un martèlement régulier et savoureux. Alors que Moryan se coula dans une douce torpeur, enlacé par cette puissance millénaire, l’inconnu poursuivit son œuvre, un liquide suspect s’écoulant de sa main posé sur le papier.

Enfin, la mélodie des mots s’arrêtèrent, pour laisser place à un souffle. Moryan en frissonna, comme si elle avait elle-même pousser ce souffle effroyable. Réveillée, elle observa avec une terreur grandissante les signes se déplacer du papier sur l’arbre, animé d’une vie dangereuse et impossible. L’elfe les regarda bouche bée et lorsqu’elle releva la tête vers le Maitre des Symboles, leur regard s’accrochèrent et il se contenta de sourire. Son calme extérieur ne plaisait pas du tout à Moryan, ni son sourire d’ailleurs. Mais elle se contenta de ravaler sa salive et de retenir le cri qui poussait dans sa gorge. Elle avait peur. Forcément, un homme dont elle n’avait jamais entendu parler auparavant lui avait proposé de la protéger puis de lui donner des informations sur le meurtrier d’Earané avant de lancer une formule magique étrange et puissante. Si puissante que les coups dans la poitrine de la Reine des elfes étaient de plus en plus insupportable pour elle. Vivement que tout cela s’arrête !

Enfin, son souhait est exhaussé. Les signes bizarres s’arrêtèrent dans leur élan, plongeant dans une pénombre anormale toute la Chambre Royale. Moryan pensa qu’enfin tout était fini lorsqu’une explosion d’une magnitude intense la traversa, ainsi que chaque objet de la pièce, les transformant en une boule de lumière violette. Elle aurait aimé fermer les yeux, mais c’était impossible, elle était bien trop envoutée par les éclairs. Puis, tout s’estompa, les murs semblant vivant un court instant, alors que les signes étaient à demi visibles dans la semi-obscurité. Moryan paniqua : elle n’entendait plus rien, ne percevait plus rien, ni les arbres dehors ni les gardes or de la salle, ni les milliers d’elfes qui habitaient la forêt. Elle avait l’impression d’avoir plongé la tête sous l’eau, qu’on l’empêchait de communiquer avec son peuple, comme si on avait coupé son aura. Il est toujours là, aussi grand qu’avant. Calme. Trop calme. Que va-t-il se passer maintenant pour elle ?


« Voilà qui est mieux... Personne ne pourra nous déranger maintenant.
Le sortilège qui nous enferme ici ne pourrait être détruit que par les immenses pouvoirs qui sont désormais les votre. Néanmoins, cela nous ferait courir un grand danger à tous deux... Je vous demanderais donc de bien vouloir mémoriser attentivement cette conversation et de ne rien tenter d'insensé...
J'ai utiliser cette relique spécialement pour vous, et il n'en existe plus d'autre en ce monde. Une fois rompu, le sortilège sera purement et simplement détruit, inutilisable. Et ni vous, ni moi ne serions en mesure de le recréer un jour. Profitez donc du spectacle que nous offre ses subtils lueurs pendant que l'occasion vous est offerte... »


Ainsi, elle possède quand même le pouvoir de sortir d’ici. Quitte à en mourir, elle s’en fichait, mais de savoir qu’elle n’était pas totalement vulnérable et à sa merci la rassura quelque peu. Elle n’aimait guère être commandé ou qu’on la force à faire quelque chose, alors qu’elle puisse détenir un petit peu de pouvoir sur son environnement la calma quelque peu. C’était certainement un pouvoir illusoire mais qu’importe, coincée ici avec cet inconnu, elle avait besoin de se raccrocher aux branches comme elle pouvait. Elle l’observa, et comme elle semblait reprendre du courage, il continua sur le même ton :

« Maintenant, elfe, il est temps pour vous de répondre à ma proposition...
Je peux être un protecteur, un espion, un voleur et un tueur plus redoutable encore que celui qui à assassiné votre prédécesseur. Je peux répondre à bien des questions...
Sachez toutefois ceci : le prix que je vous demanderais sera à la hauteur des taches que vous pourriez me confier...

Accepter-vous de m'avoir à votre service ?
Accepter-vous d'en payer le prix... Moryan Erïgold ? »


Ça y est, c’était à elle. Plutôt que de se lancer dans un monologue dans lequel elle n’était pas sur d’avoir la réponse, elle prit la peine de faire le tour de la chambre. Elle était toujours pétrifiée de terreur d’entendre ce vide en elle, ce silence intolérable, d’être coupé du monde, de ses arbres chéris et de son peuple. Mais elle fit face bravement, regardant les subtiles nuances de couleur du sort qui les maintenaient dans ce vide, avançant la main vers les caractères d’un mur. Il était chaud sous sa main. Un bref coup d’électricité fit reculer sa main mais elle avant de rompre le contact, elle avait eut le temps d’apercevoir un vide immense sous ses pieds, comme si elle était prête à tomber dedans. Elle hocha la tête et commença d’un ton badin :

-C’est vraiment de la Haute Magie que vous avez fait là. Vraiment extraordinaire. Je me demande comment vous avez fait et où vous vous êtes procuré ceci. Non, je ne vous pose pas la question, je sais très bien que vous n’y répondrez pas de toute manière. Mais c’est vraiment la première fois que je vois une chose pareille …

Elle finit son petit discours dans un souffle, toujours autant sous le charme de ce sort si puissant. Le sort ressemblait trait pour trait à son auteur : mystérieux, puissant et incontrôlable pour elle. Elle subissait son bon-vouloir, il était le maitre ici et elle ne pouvait que suivre le mouvement. Sauf que maintenant, c’était à son tour de mener la danse. Elle devait choisir sa route, son destin … Un terme qui revenait souvent dans ses pensées en ce moment, trop souvent à son gout en plus.

Elle soupira silencieusement, tentant de reprendre le contrôle de ses membres qui tremblaient. Elle vint se poster devant l’inconnu, les mains sur les hanches pour se donner contenance et pour essayer de prendre confiance en elle face à lui. Qu’allait-elle faire ? Elle n’était toujours pas décidée. Ce genre de décision était capital, elle le sentait. Si elle disait oui, elle savait qu’elle ne pourrait pas revenir dessus. Si elle disait non, elle ne savait pas de quoi il était capable. Et surtout, il pouvait partir, emportant avec lui toutes les précieuses informations qu’il disait détenir et qui était peut-être la seule chance pour Moryan de découvrir se qu’il s’était réellement passé.


-Vous dites pouvoir me protéger … Vous dites pouvoir … Assassiner pour moi. Aussi, avant de prendre ma décision définitive, j’aimerais savoir : pourquoi moi ? Et, même si je sais que vous ne répondrez pas, je me demande bien quel est ce prix que je devrais payer dont vous n’arrêtez pas de me parler … Parlez vous de la vie de mon peuple ? Je ne pourrais pas leur faire courir des risques. Je ne sais même pas qui vous êtes !

Songeuse, la jeune Reine sentit sur ses épaules tout le poids des responsabilités à cet instant précis. Un simple mot pouvait engager son peuple entier derrière elle, alors qu’il ne serait au courant de rien, couper comme elle l’était, comment pourrait-il même soupçonner se qui se tramait dans leur dos ? Mais comment pourrait-il voir une ombre ? S’il s’était dévoilé à ses yeux, c’est bien parce qu’il l’avait voulu et non pas parce qu’elle l’avait percé à jour. Non, il voulait lui parler, à elle et seulement à elle. Parce qu’elle était la Reine ? Sans doute. Parce qu’elle avait le pouvoir ? Plus que probable. Parce qu’elle avait un esprit suffisamment rebelle pour pouvoir oser lui dire oui ? Plausible …

Elle le fixa de ses yeux en amandes, se demandant jusqu’où iraient ses confidences.
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Jeu 17 Juin - 19:48

-Avec ce que le vent nous amène, je ferais renforcer nos frontières, dès que vous serez repartit. Ainsi, nous n’aurons plus de visiteur indésirable de votre genre …
Et non, les escaliers ne sont pas les seuls moyens d’accès à cette chambre, mais je doute que vous puissiez connaitre ce moyen …
Vous êtes trop froid pour connaitre ceci …

Par réflexe, en mime d'une habitude qu'ont les humains dans ce genre de situation où quelque chose les amuse au plus haut point mais qu'ils tentent toutefois de se retenir d'éclater de rire, ma bouche se plisse pour arborer un infime sourire en coin. Les bravades de cette enfant-reine sont intéressantes à écouter. Je la suis du regard sans faire mine de cligner une seule fois des paupières, immobile puisqu'il s'agit de la seule position qui me convienne parfaitement, sans mouvement superflu qui pourrait gêner des actions prochaines. J'évalue, j'étudie sans relâche sa physionomie depuis que je me suis révélé à elle ; elle n'est guère impressionnante en réalité, aucun attribut hors-du commun comme chez certain membres de son espèces ayant fusionné de corps et d'esprit avec une entité sylvestre. Seules les marques de ce félin que la sphère de pouvoir à jugé bon de joindre à son être la différencient du reste de la masse sans couleurs ni reliefs de ses sujets. L'énergie impétueuse de la nature bouillonne dans ses veines, cela je ne puis l'ignorer tant son vrombissement se fait clair à mes oreilles, mais quel déséquilibre est-ce là...
Aucune harmonie, aucune osmose entre ses nouveaux dons et son état précédant, comme si cette femelle ne prenait pas encore conscience du changement radical opéré en elle. C'est un flux désorganisé et aléatoire que je ressens au delà de cette forme de chair que les siens doivent certainement qualifier de parfaite. Il m'est impératif de la surveiller jusqu'à ce qu'elle s'éveille et se découvre telle qu'elle doit être...

-C’est vraiment de la Haute Magie que vous avez fait là. Vraiment extraordinaire. Je me demande comment vous avez fait et où vous vous êtes procuré ceci. Non, je ne vous pose pas la question, je sais très bien que vous n’y répondrez pas de toute manière.
Mais c’est vraiment la première fois que je vois une chose pareille …

Et vous ne seriez pas la seule, Moryan...
Rares sont ceux qui peuvent se targuer d'avoir et de devoir jamais contempler les merveilles de la magie antique, perdue à jamais, hormis dans les quelques gouttes de sang originel qui coulent encore dans les veines de mon peuple mais que plus rares encore sont ceux à pouvoir dominer, ne serait-ce que partiellement. Même à moi, dont les connaissances sur le sujet sont les plus abouties qu'il fut possible, l'Héritage n'est qu'un facteur infime parmi les myriades de possibles que font et sont les métamorphes...
Ainsi en a t-il été décidé depuis notre naissance, et ainsi il demeurera.

-Vous dites pouvoir me protéger … Vous dites pouvoir … Assassiner pour moi.
Aussi, avant de prendre ma décision définitive, j’aimerais savoir : pourquoi moi ?
Et, même si je sais que vous ne répondrez pas, je me demande bien quel est ce prix que je devrais payer dont vous n’arrêtez pas de me parler … Parlez vous de la vie de mon peuple ? Je ne pourrais pas leur faire courir des risques.
Je ne sais même pas qui vous êtes !

Nul ne saurait prétendre une telle chose.

"Je ne dis pas pouvoir faire certaine chose, elfe, je l'affirme. Si votre confiance ne m'est pas acquise sur tout autre point -ce dont je n'ai que faire- il serait en revanche dangereux et stupide de votre part de douter de mes capacités. Elle n'ont d'autre limites que ce que vous pourriez exiger.
Pourquoi vous...
N'avez-vous point déjà cette réponse.
Vous êtes élue, Moryan, élue de la nature, élue de votre peuple, élue de pouvoirs qui dépassent semble-t'il votre entendement. Désormais vous êtes garante de la survie et de la prospérité de la race elfique. Race à laquelle je suis attaché, pour des raisons qui me sont personnelles. Cela n'est-il pas suffisant pour justifier de mon choix ?"


Je m'interrompt, alors qu'un appel lointain résonne doucement dans mon esprit. Une énigme pressante à laquelle l'une des strates complexe de ma psyché vient de trouver solution. Je me contente pour l'instant de faire taire ce secteur mental, sans quoi je ne saurais m'empêcher de céder à l'impulsion qui me pousse à concentrer toute ma volonté sur ce fascinant chemin qui s'ouvre à moi après tant d'effort. La clef ultime, le fragment manquant d'une chaine plus sombre que la nuit... Un simple mot, un voyage au confins du monde.
Un pacte entre le Secret et...

Le Pandémonium.


"J'énonce toujours mes conditions, sachez-le...
Cependant, elles vous seront livrées en fonction de chaque tâches que vous jugerez utile de me confier. Un prix pour chaque mission.
Je pourrais effectivement demander une rançon sanglante... Que vous sacrifiiez cent de vos précieux sujets sans aucune raison, non par plaisir, mais pour juger de la réaction de votre peuple devant un tel acte de barbarie gratuite. Un acte qui devrait être connu comme de votre pleine et unique responsabilité...
Cependant, à quoi bon demander cela puisque jamais vous ne l'accepteriez. A moins que la peur de subir le même sort que votre défunte reine ne vous fasse choisir entre votre survie et celle de quelques insignifiant guerriers... ?

Je ne veux qu'une seule et unique chose, Moryan Erïgold...
Une chose que vous seule pouvez m'accorder quand tout autre tenterais de m'abattre à la seconde même où j'oserais l'évoquer. Une chose qui devra rester secrète, même auprès de vos plus proches conseillés ou amis, non pour moi, mais pour vous préservez de la haine méprisante de votre propre race...
Je veux me rendre au centre spirituelle de votre royaume, à l'origine de votre pouvoir.
Je veux me rendre dans les entrailles de ce qui nous entoure en ce moment même et y prélever mon modeste tribut, qui ne causera aucun autre dommage qu'un poids gigantesque sur votre conscience mais que, j'oses espérer, vous supporterez.
Sans quoi vous ne me reverrez plus.
Et vous achèverez votre si courte vie au bout de la lame silencieuse d'un assassin que je suis seul à pouvoir combattre.

Je veux me rendre au centre du Chêne Blanc, là où se trouve son coeur physique et mystique.
Et là, entre ses racines vénérables, je veux prélever un flacon de sa sève, son sang doré."

Je pose alors un genoux à terre et m'incline de la façon la plus respectueusement fausse que mes connaissances et mon talents me permettent de reproduire, sans véritablement détacher on regard inhumains du sien.

"Vous connaissez mon prix, reine Moryan...
Il ne tiens qu'à vous d'y satisfaire... ou de le rejeter..."



Ne me décevez-pas, frêle créature...
Fiez-vous à moi et entrez, les yeux grands ouverts et pourtant aveugle...
Dans le grand échiquier du Maître des Secrets.
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Moryan Erïgold
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MessageSujet: Re: Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]   Mer 28 Juil - 17:00

Alors qu’elle continuait son monologue, son interlocuteur la regardait en silence, un quasi sourire en coin. Cette entité vieille de plusieurs siècles était capable de sourire ? Moryan en doutait, mais elle garda pour elle ses réflexions. Elle sentait qu’il ne fallait pas en dire trop. Elle était toute jeune Reine, elle ne maitrisait pas encore ses pouvoirs, c’était une évidence, cependant elle arrivait à capter quelques bribes sur son invité de prestige. Elle ne contrôlait pas encore suffisamment bien sa puissance pour se permettre une confrontation avec lui ni d’essayer de le sonder. Elle resta donc sagement debout, attendant qu’il daigne lui répondre … S’il en avait envie.

"Je ne dis pas pouvoir faire certaine chose, elfe, je l'affirme. Si votre confiance ne m'est pas acquise sur tout autre point -ce dont je n'ai que faire- il serait en revanche dangereux et stupide de votre part de douter de mes capacités. Elle n'ont d'autre limites que ce que vous pourriez exiger.


Quelle arrogance ! Sur ce point, il pouvait prétendre égaler les elfes et leur sacro-sainte supériorité sur les autres races, en particulier les humains. Pourtant, tout dans sa voix et son attitude prouvait qu’il ne mentait pas : il pouvait, il avait la force et la malignité pour faire tout se qu’il voulait. Il était au-dessus des lois, tout simplement …

Pourquoi vous...
N'avez-vous point déjà cette réponse.
Vous êtes élue, Moryan, élue de la nature, élue de votre peuple, élue de pouvoirs qui dépassent semble-t'il votre entendement. Désormais vous êtes garante de la survie et de la prospérité de la race elfique. Race à laquelle je suis attaché, pour des raisons qui me sont personnelles. Cela n'est-il pas suffisant pour justifier de mon choix ?"


Il s’arrêta alors dans son flot de parole, laissant ainsi le loisir à la jeune Reine de repenser à se qu’il vient de dire. Elue ? Il était vrai qu’elle avait été Reine contre toute attente, alors qu’elle était une elfe rebelle, demi-sœur de sang à une demi-elfe, mais sœur de cœur avec Aya. Mais de là à dire qu’elle l’élue de la Nature, l’élue de son peuple. Elle savait que beaucoup parmi eux voyant d’un très mauvais œil son accession au trône. Elle ferait taire les critiques, ou tout du moins, elle essaierait de les faire taire en étant irréprochable … Non, même ça, elle n’y croyait pas elle-même : elle resterait la même, quitte à devoir faire des choix qu’aucune autre Reine n’aurait même pensé dans le plus profond de leur rêve. Etais-ce ceci que la Nature avait recherché ? Sa sauvagerie, son indépendance et son esprit rebelle ? Parce qu’elle était une elfe qui avait un passé qui pouvait la pousser à faire face à des choix incongrus ?

Moryan mit ses pensées de côté alors que l’inconnu recommença à parler. Elle ne put s’empêcher d’ouvrir grand la bouche et les yeux lorsqu’il énonça la mort d’une centaine de ces guerriers en paiement. Elle espéra quand même qu’il plaisantait, car elle préférait encore se sacrifier pour sauver son peuple … Au moment où elle pensa cela, elle se dit qu’elle réfléchissait déjà comme une Reine, car elle était persuadée que toutes les autres Reines avec elle, jusqu’à sa grand-mère Elwin et sa grand-tante Earané. Elle reprit contenance, croisant les bras sur sa poitrine pour se protéger … Se protéger de quoi ? D’une ombre ? De lui ? D’un pouvoir encore plus vieux et plus puissant qu’elle ? Maigre protection, mais elle n’avait que ça à faire pour le moment à part l’écouter lui. Un fou, mais un fou extrêmement puissant qui pouvait tout aussi bien la réduire en charpie en moins de deux secondes …



Je ne veux qu'une seule et unique chose, Moryan Erïgold...

*Aïe ! Que veut-il pour me demander la permission à moi, alors qu’il est si puissant ? Pourquoi me demander la permission ? Je suis sur que quoique se soit, je ne saurais même pas de quoi il parle …*


Erreur stratégique de penser ça lorsqu’on a un monstre du Secret devant soi. Moryan l’apprit bien vite lorsqu’il continua sur sa lancée :

Je veux me rendre au centre spirituelle de votre royaume, à l'origine de votre pouvoir.
Je veux me rendre dans les entrailles de ce qui nous entoure en ce moment même et y prélever mon modeste tribut, qui ne causera aucun autre dommage qu'un poids gigantesque sur votre conscience mais que, j'oses espérer, vous supporterez.
Sans quoi vous ne me reverrez plus.
Et vous achèverez votre si courte vie au bout de la lame silencieuse d'un assassin que je suis seul à pouvoir combattre.

Je veux me rendre au centre du Chêne Blanc, là où se trouve son coeur physique et mystique.
Et là, entre ses racines vénérables, je veux prélever un flacon de sa sève, son sang doré."


Il s’agenouilla alors devant la toute jeune Reine qui ne put se retenir de reculer sous le coup de l’émotion. Lui, s’abaisser devant elle ? Pourtant il garda ses yeux rivés aux siens, lui faisait parfaitement comprendre que même un genou un terre, il était Le Maitre et elle un simple pion entre ses mains. Elle pouvait le sentir mais elle ne pouvait aller contre le destin, contre ce regard inquisiteur et calculateur. C’est alors que la portée des paroles de cet inconnu pénétra son cerveau : plonger dans le centre spirituel ? Au cœur de son pouvoir ? Le pouvoir qu’elle ne maitrisait toujours pas, dont elle ne savait au fond, presque rien. Alors qu’il vienne, lui, un parfait inconnu qui avait forcé les défenses elfiques pour s’introduire jusque dans ses appartements, Lui, qu’il aille jusqu’à la source de ses pouvoirs pour prélever … une partie d’elle-même désormais …

"Vous connaissez mon prix, reine Moryan...
Il ne tiens qu'à vous d'y satisfaire... ou de le rejeter..."


Oui, mais quel prix ! Toujours sous le choc, Moryan ne sut que répondre au début. Elle essaya tant bien que mal d’ordonner ses pensées : elle était la seule responsable de ses pouvoirs et de se qu’elle en ferait, elle serait donc la seule responsable. Pourra-t-elle en supporter les conséquences ? Pourrait-elle dormir en sachant se qu’elle avait fait ? Pourrait-elle regarder son peuple en face sans ressentir honte et culpabilité ?

La réponse s’imposa à elle comme une évidence. Lorsqu’elle la frappa de plein fouet, elle se laissa envahir par cette certitude tel un feu liquide dans ses veines, pour la conforter dans son choix. Elle sentait un pouvoir plus grand encore se déverser en elle, comme si les arbres approuvaient ce choix, comme si la Nature elle-même était en accord.
Le changement était déjà en place.
Le Destin allait s’accomplir.

Sereinement, elle regarda l’homme en face d’elle. Elle demanda :


-Est-ce que vous me demanderez autre chose ? En dehors de ce flacon, vous faudra-t-il autre chose de moi ? Parce que jamais je ne sacrifierais mon peuple. Mais je vous donne la permission d’aller prendre un flacon de la sève du Chêne Blanc. Mais un seul !

Elle allait vivre avec ça sur le cœur. Mais elle se savait suffisamment forte pour porter ce poids. Elle se tourna bravement vers lui, attendant son verdict.
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Les larmes de la Forêt [Pv Moryan]
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