Les Cendres d'Alésia

Découvrez un Royaume dévasté par la guerre où s'affrontent nombre de créatures fantastiques et sanguinaires. Créez votre destinée, ramenez la paix ou engendrez encore plus de chaos...
 
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 Représailles de velours [Pv ma chère petite May]

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Trauma-Nakan Strix
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MessageSujet: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Mar 24 Nov - 20:54

Un matin sans soleil se levait sur le Pandémonium. Les nuages recouvrant son ciel ne se dégageaient que pour laisser place à la Nuit, sa soeur la Lune et ses filles les Etoiles. Comme si les nuages gris et ramassés du Pandémonium ne faisaient plus qu'un avec lui et ses habitants, et exauçaient en silence un de leurs voeux les plus puissants : ne pas être frappés de des rayons trop chauds, trop aveuglants, et simplement trop lumineux du soleil.
Dans la plus haute chambre de la Tour, la dernière salle de celle-ci, la Reine de l'Ombre est hors du sommeil depuis de nombreuses heures déjà. Peut-être n'a-t-elle même pas dormi un seul instant. Alors que la ville des Sombres s'éveille, sa plume crisse sur le papier.

Ymir est parti. Tanÿs avec lui. Un étrange pressentiment a envahi mon coeur depuis qu'ils se sont envolés vers les terres non-vivantes. Nous connaissons trop peu les Vampires... Je me demande à présent si ce que je leur ai demandé n'est pas pure folie. Et si nos frères buveurs de sang refusaient toute alliance et tuaient toutes les troupes envoyées ? Je sais que mes pensées sont futiles, pourquoi feraient-ils cela... ? Mais je ne peux l'expliquer. La peur s'aggripe là où elle ne le devrait pas. J'essaie de penser à autre chose. Et le visage blanc et fin d'une jeune élite apparait soudain... May Maegallan. Elle n'est pas allée chez les Vampires. Et d'ailleurs, je crois avoir quelques mots à lui souffler, lui rappeler certaines règles...

Trauma-Nakan déposa une nouvelle fois la plume de corbeau à côté du petit carnet relié en cuir sombre. Il était presque devenu un rituel pour elle que de relater dans son journal chaque fait qu'elle jugeait important, pour la communauté ou seulement pour elle. Dans les ères à venir, peut-être serait-elle morte, et peut-être alors ses carnets pourraient être d'une quelconque utilité aux Déchus qui vivraient après elle.
Le miroir du meuble lui parla d'une beauté blanche au regard profond, souligné par des cheveux d'ébène cascadant sur ses épaules.

Elle détourna les yeux pour jeter un regard las au grand lit à baldaquin qui était le sien. Les draps étaient encore défaits de la façon dont Ymir s'en était extirpé, le matelas encore marqué des traces de son corps endormi. Elle sourit doucement, une once de tristesse au coin des lèvres, consciente qu'elle ne reverrait pas avant un mois au minimum. Elle soupira en effleurant le bois finement gravé des colonnes qui constituaient le lit.

Solitude.

Les pans de ténèbres vaporeuses de la robe de l'Archange Sombre voletèrent alors qu'elle filait, sans un regard en arrière, vers la sortie de sa chambre. Elle ferma la porte à clé d'un geste machinal, et descendit à une allure folle et gracieuse les escaliers qui la séparaient de l'étage des Appartements de ses Elites. Habituellement, la reine était sommée de faire appeler les personnes qu'elle désirait voir, pas d'aller les voir directement. Mais cette fois-ci, elle fit en sorte qu'aucun conseiller ne la vît dans les couloirs, assurant sa tranquilité. Le cas était trop grave, en de multiples raisons, pour que quiconque ne soit mis au courant de la conversation qui allait avoir lieu entre May Maegallan et Trauma-Nakan Strix.

Très vite, la suzeraine des Anges Déchus arriva à destination. Plusieurs portes de bois et d'onyx se découpaient dans le gigantesque mur de pierre qui lui faisait face. Elles étaient reconnaissables les unes des autres de part les inscriptions gravées sur elle : le nom de leur propriétaire. Trauma-Nakan était arrêtée devant celle où trônait fièrement le nom, en lettres d'argent, May Maegallan. Cela faisait des semaines que les deux amies n'avaient pas pu se voir seule à seule, en dehors des entrainements et des réunions de conseil.
L'Archange Chaotique frappa deux coups secs et légers (uniquement par convention, elle était persuadée que May l'avait sentie arriver depuis de longues minutes déjà) et entra sans attendre de réponse.

Elle referma la porte en une moitié de seconde et la ferma à clé de l'intérieur. Son visage s'était paré de son masque de neige habituel ; ce qui était plutôt mauvais signe, étant donnée la solitude des deux femmes. Trauma-Nakan ne prêta pas attention au gigantesque appartement (composé d'une chambre, une salle d'eau privée et une pièce souvent utilisée en tant que bureau) de son élite, se contentant d'observer la beauté gracieuse et froide de la Déchue aux cheveux d'or et aux yeux azurs qui se tenait devant elle. Le contraste entre les deux était aussi poignant que du sang sur un linceul.
La voix de l'Archange Noire retentit alors, glacée.

" May. Pardonne ma brusque entrée, mais je ne désirais pas que l'on m'aperçoive venir te voir. Ce que j'ai à te dire doit rester entre nous, et personne ne doit être au courant. Est en jeu ton honneur, presque ta vie, ainsi que celle d'Ymir. "

Elle laissa ses paroles faire leur effet, un instant.

" Peut-être as-tu une idée des deux choses que je veux évoquer ? "
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May Maegallan
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Sam 5 Déc - 21:44

C’était comme un couteau sous la gorge, empêchant May de respirer, l’empêchant d’hurler sa douleur, d’hurler la souffrance qui lui transperçait les poumons. Les voix dans sa tête lui murmuraient tant d’horreurs, elles lacéraient son âme, faisant couler ses larmes et peut être même son sang. Une envie de crier grandissante, une envie de tout détruire, une envie de disparaître toujours plus forte. May tenta d’observer les objets alentours, pour essayer de diminuer sa tristesse et sa haine. Son lit n’était pas fait, les draps blancs avaient pourtant l’air parfaitement en place, comme si ils étaient toujours couvert de plis et comme si jamais personne ne dormait dans ce grand lit. Les murs étaient peints dans une couleur violacé, avec de fins traits blancs qui, si l’on observait bien, prenaient la forme de fleurs. Si le lit et les murs restaient assez simple et jolis à observer, May préférait largement l’observation du reste de la chambre, largement plus chaotique. De nombreux livres et débris d’objets jonchaient le sol. Le grand tapis qui recouvrait ce dernier semblait étrangement vieux et peu entretenu. Il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Quelques meubles, étagères, etc… Quelques objets, quelques… Taches de sang ?
Une porte toujours entrouverte laissait voir une salle d’eau maculé de blanc et qui semblait trop propre pour être utilisée souvent, bien que l’on sache que May haïssait se sentir sale.
Finalement, une dernière porte, cadenassée, semblait renfermer beaucoup d’étranges secrets.

May était debout, observant tout cela sans broncher, laissant les dernières larmes sur son visage couler. Puis elle essuya machinalement son visage d’un coup de manche, et retira sa grande robe rouge. Elle mit à la place son habituel tenue, mais n’eu pas le temps de changer son ruban et de mettre ses bandages qu’elle sentit l’aura. Cette aura qui s’approchait, et qui laissait deviner la personne qui arrivait. May accéléra le mouvement, ne changea pas son ruban mais se banda vite les bras et les jambes. La déchue se tourna vers la porte, reprit son éternel visage de marbre et se prépara à accueillir sa reine. Elle savait déjà ce qui l’attendait.
La reine frappa deux coups à sa porte et entra, en refermant de suite la porte derrière elle.
A cet instant précis, May ne ressentait plus aucun sentiment. Elle était vide, elle n’avait plus vraiment d’âme. Seule une étrange flamme presque invisible s’intensifiait doucement en elle, laissant quelque chose se réveiller chez May, quelque chose d’effrayant que seule l’Elite sentait.

" May. Pardonne ma brusque entrée, mais je ne désirais pas que l'on m'aperçoive venir te voir. Ce que j'ai à te dire doit rester entre nous, et personne ne doit être au courant. Est en jeu ton honneur, presque ta vie, ainsi que celle d'Ymir. "

" Peut-être as-tu une idée des deux choses que je veux évoquer ? "


May laissa la reine s’exprimer mais ne répondit point. Son seul œil visible semblait avoir perdu de son intense couleur bleu, il semblait terne, s’interdisant la moindre expression d’un quelconque sentiment. Les mains de May étaient jointes, la déchue se tenait droite, elle attendait simplement. Puis elle se décida soudainement à adresser la parole à son amie.

« Avais-tu réellement besoin de te cacher pour venir me voir ? N’aurais-tu pas pu me faire convier et donnait une raison idiote pour que l’on nous laisse en paix ? Je n’attendais pas de visite. A part tout cela, bien sur que je sais ce que tu veux me dire, je ne suis pas bête. J’ai conscience de mes erreurs… Et des siennes. Que vais-je donc subir ? Tu sais que rien ne pourrait me rendre plus malheureuse, alors punir ne servirait point. »

May parlait d’un ton trop calme pour ses paroles, elle semblait n’être qu’un cadavre dont la bouche pouvait se mouvoir. Ses lèvres se déplaçaient lentement et aucun souffle ne venait gêner l’ambiance pesante que sa voix engendrait. Elle finit de parler dans un sourire effrayant, laissant apparaître ses deux petites canines blanches.
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Trauma-Nakan Strix
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Mar 22 Déc - 0:04

« Avais-tu réellement besoin de te cacher pour venir me voir ? N’aurais-tu pas pu me faire convier et donnait une raison idiote pour que l’on nous laisse en paix ? Je n’attendais pas de visite. A part tout cela, bien sur que je sais ce que tu veux me dire, je ne suis pas bête. J’ai conscience de mes erreurs… Et des siennes. Que vais-je donc subir ? Tu sais que rien ne pourrait me rendre plus malheureuse, alors punir ne servirait point. »

May parlait d'une voix absente, morte. Soudainement, elle parut à Trauma-Nakan Strix comme une femme plus torturée que les Ombres elles-mêmes, à qui l'on aurait arraché l'âme en même temps que les ailes. Le masque de neige marbré se fissura légèrement, laissant apparaitre une bouche imperceptiblement entrouverte de surprise et un haussement de sourcils touché.
Sa voix, quant à elle, se fit plus douce, se délaissant de son habituel ton glacial et blanc.

" Je ne pouvais te faire quérir. Le simple fait que quelqu'un soit au courant que nous devions nous parler en privé pouvait être dangereux, d'une manière ou d'une autre. "

La Reine Sombre laissa alors son regard vagabonder dans la pièce. Une puissante atmosphère aux reflets macabres et noirs se dégageait nettement des objets éparpillés sur le sol, des draps défaits et des étranges petites taches dont la nature ne lui échappait pas, bien qu'elle eût mille fois préféré qu'elle soit autre. L'odeur du sang, l'aura du sang, était partout.
Trauma-Nakan s'approcha doucement de May, sa robe caressant le sol sans qu'aucun bruit témoin d'un quelconque contact avec les objets en désordre qui le jonchaient ne se fît entendre. Arrivée devant elle, elle lui indiqua le lit d'un sourire, et alla s'y assoir. Elle attendit que l'élite l'ait rejoint sur les draps pour reprendre la parole.

" Tu ne vas rien subir, je sais que la punition ne mène à rien. Il y a une chose que tu sais, et que tu ne dois jamais révéler. L'autre, tu l'as faite, et cela aussi doit rester tu à jamais. La première... C'était à ton entraînement avec Ymir, il me semble. Tu as vu quelque chose d'effrayant n'est-ce pas... Ymir possède en lui une entitée qu'il ne peut pas... entièrement contrôlée. Cela doit rester dans le Silence, comme je le disais, car nous n'avons aucune idée de la manière dont réagirait les conseillers. De plus, nous avons peut-être trouvé une solution pour faire cesser ce genre d'incident ; mieux vaut donc ne pas semer de fausse alerte."

Elle offrit à May un regard entendu, qui signifiait toute la méfiance qu'elle éprouvait envers certains conseillers. Le coeur des Déchus restait noir, et ceux de certains s'assombrissait encore, parfois, malgré la loyauté dûe à leur souverain. Trauma-Nakan reprit la parole, plus lentement, comme lasse.

" Quant à la seconde chose, aie-je vraiment besoin de tout te rappeler ? Je crois que tu as compris la leçon, et que tu ne referas plus l'erreur." Sa voix devint murmure. "Ne jamais parler de notre peuple. "

Les pupilles abyssales de l'Archange Déchue virevoltèrent entre les éléments du chaos qui constituaient la chambre de May de Maegallan, et s'arrêtèrent plus longuement sur la porte lourdement cadenassée, en face des deux femmes des ombres.
Le masque de Trauma-Nakan se brisa complètement, et elle poussa un long soupir en reportant son regard plus profond que les abîmes sur son amie. Elle avait observé les bandages, les taches sur le sol. Elle semblait à présent terriblement touchée par les sentiments de son élite.

" May... Que t'arrive-t-il ? N'essaye pas de me mentir, je t'en prie. Les affres du Tourment n'ont plus aucun secret pour moi. "
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May Maegallan
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Mer 3 Fév - 19:46

Le visage de la reine, qui concurrençait ouvertement la froideur de celui de l’Elite, s’ouvrit légèrement à une tout autre expression, un air d’étonnement. La voix habituellement glacial qui effrayait bons nombres de déchus, mais pas May bien entendu, se fit légèrement plus douce, ce qui était exceptionnellement rare.

" Je ne pouvais te faire quérir. Le simple fait que quelqu'un soit au courant que nous devions nous parler en privé pouvait être dangereux, d'une manière ou d'une autre. "

Après ces paroles, May suivit le regard de sa reine dans la pièce. Mais elle ne voyait pas vraiment ce qu’il se trouvait dans la pièce. Les voix hurlantes revenaient et repartaient sans cesse, la douleur dans son crane se faisait toujours aussi présente. Puis elle regarda à nouveau droit devant elle, faisant disparaître tout ce qu’il y avait en elle, autant sa folie que sa propre âme. Puis, lorsque la reine lui indiqua le lit, elle attendit quelques longues secondes et alla s’agenouiller sur ce dernier, près de son amie. May ne laissa toujours pas échapper le moindre souffle, le moindre clignement d’œil.

" Tu ne vas rien subir, je sais que la punition ne mène à rien. Il y a une chose que tu sais, et que tu ne dois jamais révéler. L'autre, tu l'as faite, et cela aussi doit rester tu à jamais. La première... C'était à ton entraînement avec Ymir, il me semble. Tu as vu quelque chose d'effrayant n'est-ce pas... Ymir possède en lui une entité qu'il ne peut pas... entièrement contrôlée. Cela doit rester dans le Silence, comme je le disais, car nous n'avons aucune idée de la manière dont réagiraient les conseillers. De plus, nous avons peut-être trouvé une solution pour faire cesser ce genre d'incident ; mieux vaut donc ne pas semer de fausse alerte."

" Quant à la seconde chose, ais-je vraiment besoin de tout te rappeler ? Je crois que tu as compris la leçon, et que tu ne referas plus l'erreur." "Ne jamais parler de notre peuple. "


D’une prise de parole à l’autre, la voix de la reine changeait de ton et de fluidité, ce que May ne remarqua pas tout de suite. Le regard de la reine se promena à nouveau dans la pièce, ce qui cette fois fit réagir la jeune femme. Elle avait remarqué quelque chose, et cela n’était peut être pas très bon… Pour la première fois, May fut terriblement choquée par l’expression que le visage de son interlocutrice venait de revêtir. Elle n’avait jamais vu une telle expression chez sa reine, et May eut énormément de mal à rester aussi dépourvu de sentiment lorsqu’elle entendit la voix totalement changée de son amie.

" May... Que t'arrive-t-il ? N'essaye pas de me mentir, je t'en prie. Les affres du Tourment n'ont plus aucun secret pour moi. "

May ne savait que répondre. Les voix revinrent soudainement, martelant son crane de nombreux cris douloureux. Elle regardait fixement son amie et sentait peu à peu son masque de poupée se fissurer et se briser peu à peu. May ne connaissait pas cette horrible impression d’impuissance. Enfin, elle ne pensait pas que quelqu’un puisse la voir faiblir. Soudainement, elle agrippa violemment les draps et des larmes d’un rouge sanglant se mirent à couler le long de ses joues, le long de son magnifique visage. Elle baissait son visage et une horrible atmosphère de désespoir envahi la pièce. Elle sanglotait, hurlait presque. C’était la première fois qu’elle se retrouvait dans cet état…

« Désolée… Désolée… Désolée… »

Elle répétait ce mot encore et encore, elle avait l’air d’une folle… Et elle n’avait pas l’air de s’adresser à sa reine. Puis, soudainement, les larmes cessèrent de couler et lorsque May releva le visage et relâcha les draps meurtris, une expression d’infini souffrance ternissait le beau visage de la déchue… Elle tendit le bras et attrapa la main la plus proche de son interlocutrice… Et elle balbutia lentement.

« Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi ? »

Elle serra de plus en plus fort la main de la reine, à un tel point qu’un humain en aurait déjà hurlé de douleur. Puis elle relâcha la pression et se recula soudainement le plus loin possible. Elle ne contrôlait plus rien. Son seul œil visible semblait horrifier par ce qui venait de se passer quelques secondes auparavant… Elle regardait la reine, tout en reprenant son visage inexpressif et en se redressant lentement…

« Pardonne-moi… Je dois t’avouer que ces derniers temps, cela ne va pas fort. Mais je ne peux pas t’expliquer ce qu’il se passe. Tu es mon amie… La seule peut être, et c’est surement pour cela que j’ai lâché prise devant toi. Mais cela n’arrivera plus. Jamais. »
May avait parlé d’un ton changeant, d’abord timide puis sec. Elle regarda alors ses draps, recouverts d’une horrible tache écarlate. Quelque chose en elle grandissait et cela ne relevait plus de la folie même.
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Trauma-Nakan Strix
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Ven 12 Fév - 14:25

May sembla brusquement assaillie de sentiments assassins et contradictoires. Il y avait quelque chose... Il y avait quelque chose d'autre, avec May, peut-être même dans l'esprit de May. Les Ombres se mirent à tourbillonner dans la pièce alors que l'air lui-même devenait oppressant, malsain, irrespirable, et l'Elite ne semblait guère s'en rendre compte, aux prises avec ce que Trauma-Nakan pouvait maintenant définir : une terrible folie.
Des vaisseaux sanguins éclataient dans les yeux de May. La Reine Sombre leva doucement une main blanche comme la lune vers le visage de son amie, amenant les Ténèbres avec elle pour tenter de l'apaiser. Mais sa main retomba vivement entre les étoffes noires de sa robe.

May s'était mise à pleurer... Du sang.
Le coeur de Trauma-Nakan rata un battement alors qu'elle contemplait sa propre malédiction dans le regard de la Déchue. L'atmosphère sembla se resserrer encore autour d'elle, les enfermant dans un écrin d'obscurité et d'ombres mouvantes. L'esprit de l'Archange Chaotique fonctionnait à toute allure. Elle essayait désespéremment de trouver une explication, un fait raisonnable, logique, pour comprendre la raison du vermillion des larmes de May. Elle songea aux milliers de minuscules vaisseaux sanguins explosés dans ses yeux fous, qui donneraient sauvagement la terrible couleur à son désespoir ; mais elle doutait que cela soit la raison véritable. Une autre hypothèse s'insinuait doucement dans ses synapses, mais il n'était alors que l'heure de la réfuter. Elle décida qu'elle la prendrait en compte une prochaine nuit de troubles, ici et maintenant, il était impossible de la considérer sans ajouter à la détresse poignante de May Maegallan.

« Désolée… Désolée… Désolée… »

L'anaphore douloureuse de son amie la tira de ses réflexions, et elle reposa ses yeux abyssaux sur May. Elle avait regagné son masque de marbre blanc, monstruosité d'impassibilité. L'Elite attrapa la main de Trauma-Nakan, qui la laissa délibéremment dans la sienne.

« Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi ? »

Trauma-Nakan Strix écarta ces paroles dans le néant d'un battement de cil, et plongea son regard acéré, où évoluaient les abîmes et les horreurs les plus noirs et torturés de ce monde, dans l'âme de May. Laisse-moi voir, laisse-moi entrer, laisse-moi analyser, laisse-moi toucher, laisse-moi comprendre... Laisse-moi détruire ce qui te dévore...
La Déchue serrait la main de sa Reine assez fort pour lui briser chacun des os, mais celle-ci ne semblait pas y porter d'attention, ne même pas sentir la pression inhumaine sur ses métacarpiens. Trauma-Nakan était uniquement centrée sur la chose, la chose qui s'accaparait May sans lui laisser d'avis propre, la chose qui la rendait folle, qui la consumait. Car, envers et contre tout, elle en était à présent certaine : il y avait quelque chose à l'intérieur de May. Quelque chose d'indéfinissable, de fou, d'incroyablement dangereux, surtout pour son hôte. La Reine Noire avait déjà rencontré cela, et elle espérait de toute son âme sombre qu'il ne s'agissait pas du même type de problème que celui qu'elle connaissait. Car alors, cela risquerait de prendre des proportions démesurées.

May parut subitement reprendre conscience, et lacha la main de la reine. Elle se recula brusquement, son seul bel oeil azur visible teinté d'une horreur incomparable. Elle se redressa, reprit un semblant de contenance.

« Pardonne-moi… Je dois t’avouer que ces derniers temps, cela ne va pas fort. Mais je ne peux pas t’expliquer ce qu’il se passe. Tu es mon amie… La seule peut être, et c’est surement pour cela que j’ai lâché prise devant toi. Mais cela n’arrivera plus. Jamais. »

Trauma-Nakan se leva à son tour dans un bruissement de velours et de satin. Son masque de stoïcisme implacable ne lui servait en l'instant qu'à cacher l'intense et furieuse réfléxion qui l'habitait. Elle prit la parole doucement, sans cesser de réfléchir.

" J'espère en effet que cela n'arrivera plus, et ta détermination est louable, mais mon âme en doute malgré moi. May, si tu sais ce qui est en train de t'arriver, il faut le dire. A moi ou à Ymir, parce que nous sommes les seuls à pouvoir t'aider ; et ne fais pas l'erreur de refuser cette aide. Prends le temps qu'il te faudra pour réfléchir, mais ne t'enferme pas dans un étau de solitude et de souffrance, cela ne servira à rien, tu le sais. "

Le regard de l'Archange Sombre ne cillait pas, alors qu'elle laissait passer un silence pour que ses mots soient bien compris et entendus. Elle fit un pas vers May.

" Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider et t'apporter ce dont tu as besoin, mais par les Ombres, il faut que tu parles, May. Parle-moi. Parle-moi, ou laisse-moi entrer."
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May Maegallan
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Mer 17 Fév - 0:49

La reine se leva ensuite face à la jeune Elite. May restait immobile, telle une statue. Malgré le fait que la reine l’avait vu faiblir et que son masque avait été percé à jour, elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que son immobilité et son absence de sentiment finiraient par faire oublier tout ceci à la femme qui lui faisait face. La jeune déchue s’attarda quelques secondes sur le visage de sa reine, tentant de déceler une expression dans ses yeux qui lui permettrait de savoir ce que cette dernière pouvait bien penser.

" J'espère en effet que cela n'arrivera plus, et ta détermination est louable, mais mon âme en doute malgré moi. May, si tu sais ce qui est en train de t'arriver, il faut le dire. A moi ou à Ymir, parce que nous sommes les seuls à pouvoir t'aider ; et ne fais pas l'erreur de refuser cette aide. Prends le temps qu'il te faudra pour réfléchir, mais ne t'enferme pas dans un étau de solitude et de souffrance, cela ne servira à rien, tu le sais. "

L’esprit de la déchue se referma totalement, tandis que son interlocutrice s’avança d’un pas vers elle.

" Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider et t'apporter ce dont tu as besoin, mais par les Ombres, il faut que tu parles, May. Parle-moi. Parle-moi, ou laisse-moi entrer."

May regarda les yeux de sa reine, comme si elle ne comprenait pas. Elle ferma un instant son œil bleu et le rouvrit, une lueur méconnaissable à l’intérieur.

« Quelle raison pourrait me pousser à t’en parler ? Ou à en parler Ymir ? Bien que tu sois mon amie, je crois que tu sais que je n’accorde ma confiance à personne. Et à Ymir ! Tu me fais rire ! Bien qu’il soit mon supérieur, je n’ai rien à faire de ce qu’il pourrait pensé de ce qui m’assaille. Tu n’entreras nulle part, je ne saurais le permettre. Je suis tombée bien trop bas, et je considère ne plus avoir d’aide à recevoir de personne. Pense en ce que tu souhaites. Tente de comprendre, si cela te chante. Mais ne compte pas sur moi pour te révéler mes secrets. »

La déchue fixait agressivement son interlocutrice, et d’un geste, balaya la mèche qui cachait son œil. Le geste fut si rapide qu’il fut impossible d’apercevoir quoi que ce soit. Le secret de l’œil restait tout aussi secret que le reste.
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Trauma-Nakan Strix
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   Sam 20 Fév - 21:40

[HRP : Ambiance... /HRP]



« Quelle raison pourrait me pousser à t’en parler ? Ou à en parler Ymir ? Bien que tu sois mon amie, je crois que tu sais que je n’accorde ma confiance à personne. Et à Ymir ! Tu me fais rire ! Bien qu’il soit mon supérieur, je n’ai rien à faire de ce qu’il pourrait pensé de ce qui m’assaille. Tu n’entreras nulle part, je ne saurais le permettre. Je suis tombée bien trop bas, et je considère ne plus avoir d’aide à recevoir de personne. Pense en ce que tu souhaites. Tente de comprendre, si cela te chante. Mais ne compte pas sur moi pour te révéler mes secrets. »

Trauma-Nakan Strix ne cilla pas.
C'est l'atmosphère elle-même qui cilla.

Une aura oppressante et destructrice se dégagea brusquement du corps d'acier immobile de la Reine Noire. L'air s'assombrit, toute forme de lumière quitta la pièce alors que l'oxygène se raréfiait. Une puissante onde d'électricité statique s'envola violemment dans toutes les directions telle une bombe invisible et dressa les cheveux des deux femmes sur leur tête, faisant presque léviter les objets sur le sol. Les ténèbres tourbillonnèrent, s'agglutinèrent autour de l'Archange Sombre en une aura terrifiante, violacée, noirâtre et torturée, s'effilochant sur sa peau. Elle semblait une incarnation de la Peur, immobile, horriblement stoïque, effroyablement maîtresse d'elle-même contrairement aux Ombres démentes et déchainées qui paraissaient hurler et vomir la rage et la folie en se convulsant contre leurs êtres, les bousculant presque de leur immatérialité.

Trauma-Nakan fit un pas vers May, la sondant sauvagement de ses pupilles abyssales qui révélaient en cet instant les pires horreurs du monde. Elle bougea le bras comme un serpent, si vite que même les Ténèbres ne le virent pas, et se mirent à vagir leurs insanités inaudibles de plus belle. Les doigts de neige crispés serraient presque tendrement le cou de l'Elite, l'empêchant de respirer dans une douce étreinte de marbre. La peau d'albâtre de la Déchue se mit alors à s'effriter sous la main de la Reine, adoptant une couleur cendrée tandis qu'elle semblait se calciner et se fissurer ; incapable de résister à l'excès de puissance de l'aura de Trauma-Nakan. Aura qui ondoyait sous et sur l'épiderme de l'Archange Sombre en des volutes étranges, illogiques et improbables, qui paraissaient aspirer l'obscurité même en un cycle perpétuel de non-sens et de ténèbres. Une fumée noire s'échappait de la peau brûlée de l'Elite.
Trauma-Nakan ouvrit la bouche comme pour parler, mais la referma lentement. Elle préféra le Silence meurtrier des ombres qui braillaient toujours en gesticulant violemment que la moindre des paroles. Cette douleur insoutenable et surnaturelle, physique et psychologique, qu'elle infligeait à son élite serait la meilleure et la pire des punitions. Les langues de puissance noire léchaient leurs peaux, mordant, caressant, consumant en une évanescence létale, terrifiante et magnifique. La plaie craquelée s'étendait sur la gorge de May, écartelant ses sens et étalant sa brûlure morbide sur ses épaules et sa mâchoire.

La Reine Ténèbreuse s'écarta alors de May, et lorsque ses doigts quittèrent sa chair en un mouvement sibyllin, celle-ci retrouva son état normal, l'étrange fumée s'évaporant subitement dans l'air. Les Ombres se turent en un dernier cri de folie inaudible suraiguë qui fit s'ébranler la pièce, elles cessèrent leurs convulsions horribles et impossibles et disparurent dans le rayon de Lune qui perçait de la fenêtre, et qui redevenait doucement visible.
L'Archange Sombre regagna la porte sans un regard en arrière, mais s'arrêta alors qu'elle allait l'ouvrir. Elle se tourna à demi.

" Fais comme tu voudras, May Maegallan, mais fais attention. La main tendue de l'espoir dans la souffrance qui dévore n'est pas offerte toutes les nuits. "

Un dernier sursaut malade de l'obscurité torturée, et Trauma-Nakan disparaissait dans le reste du Pandémonium.
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MessageSujet: Re: Représailles de velours [Pv ma chère petite May]   

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Représailles de velours [Pv ma chère petite May]
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